Eu­gène Mô, l’avia­teur ni­çois fu­sillé en criant « Vive la France!»

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Armistice De 14-18 -

Mes pa­rents bien ai­més, c’est de ma triste cel­lule que je vous écris cette der­nière lettre. Je vais mou­rir. Je vous di­rai que je suis éton­né de mon calme. Je me suis fait une rai­son… Mes ca­ma­rades me ven­ge­ront, j’en suis cer­tain… Vous, au moins, vous au­rez cette joie de re­voir mes ca­ma­rades re­ve­nir en vain­queurs… J’at­tends avec calme et ré­si­gna­tion le mo­ment où l’on doit me conduire au po­teau. Je fe­rai de mon mieux pour mou­rir crâ­ne­ment, de sorte que vous pour­rez être fiers et vous conso­ler de ma mort en di­sant : ‘‘Mon fils est mort en brave ”.»

Exé­cu­té en pleine cam­pagne

L’avia­teur ni­çois Eu­gène Mô, qui a écrit cette lettre le 9 juillet 1915, a été cap­tu­ré par les Al­le­mands dans les Ar­dennes, après avoir été dé­po­sé au sol par un avion fran­çais en ter­ri­toire en­ne­mi pour ef­fec­tuer une mis­sion de re­pé­rage. Il va être exé­cu­té en pleine cam­pagne, at­ta­ché à un po­teau. Il vou­lait mou­rir en uni­forme, un dra­peau fran­çais à la main. On lui a re­fu­sé cette fa­veur. Le 5 août 1915 au ma­tin, dans un bos­quet près d’Amagne-Luc­quy, Eu­gène Mô s’écroule sous le feu en­ne­mi en criant : « Vive la France ! »

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Eu­gène Mô à l’ar­rière de son avion.

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Il a été cap­tu­ré dans les Ar­dennes lors d’un re­pé­rage.

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