Contre le cho­les­té­rol, que valent les al­ter­na­tives aux mé­di­ca­ments ?

Que valent les al­ter­na­tives aux mé­di­ca­ments ?

Vie Pratique Sante - - SANTÉ - Dr Jacques Fri­cker, mé­de­cin nu­tri­tion­niste Par San­dra Fran­re­net

Le­vure de riz rouge et, plus ré­cem­ment, gug­gul sont de plus en plus uti­li­sés pour contrô­ler le taux de cho­les­té­rol. Mais la com­po­si­tion de ces pro­duits et leurs pro­bables ef­fets se­con­daires ne sont pas ano­dins.

Le mot a ten­dance à faire peur. Pour­tant, d u cho­les­té­rol, « nous en avons tous » , rap­pelle le Dr Jacques Fri­cker, mé­de­cin nu­tri­tion­niste, qui ajoute : « C’est l’ex­cès de "mau­vais" cho­les­té­rol (ap­pe­lé LDL ou low-den­si­ty li­po­pro­tein) qui est dan­ge­reux pour la san­té. » Au risque de bou­cher les ar­tères et de pro­vo­quer une ma­la­die car­dio-vas­cu­laire – plus par­ti­cu­liè­re­ment un in­farc­tus du myo­carde –, notre taux de LDL ne de­vrait pas dé­pas­ser 1,60 g/litre de sang. Pour le faire bais­ser, les spé­cia­listes pres­crivent des sta­tines. Mais de plus en plus de per­sonnes se tournent vers des al­ter­na­tives na­tu­relles, telles que le riz rouge ou le gug­gul, der­nier ar­ri­vé sur le mar­ché et is­su de la ré­sine d’un pe­tit ar­buste in­dien.

L’ef­fi­ca­ci­té du gug­gul et du riz rouge in­cer­taine

Pour le Dr Fri­cker, le pro­blème est qu’ « on ne sait rien sur les prin­cipes ac­tifs de ces pro­duits et, plus grave, on ignore leurs éven­tuels ef­fets se­con­daires ». Si le riz rouge contient des sta­tines na­tu­relles, proches de celles uti­li­sées pour fa­bri­quer les mé­di­ca­ments an­ti­cho­les­té­rol, « son ef­fi­ca­ci­té thé­ra­peu­tique sur la pré­ven­tion car­dio-vas­cu­laire n’a pas été dé­mon­trée », in­siste le mé­de­cin, qui ajoute : « Par ailleurs, comme pour les sta­tines, le risque de crampes mus­cu­laires existe. » Pour ce qui concerne le gug­gul, le mé­de­cin est plus ré­ser­vé en­core : « C’est une plante mé­di­ci­nale uti­li­sée en Inde de fa­çon tra­di­tion­nelle

dont on ne sait en­core rien en Oc­ci­dent. » Si ce spé­cia­liste n’est pas fer­mé à l’idée que l’on « trouve peut-être, dans les an­nées à ve­nir, des preuves de l’ef­fi­ca­ci­té de ces com­plé­ments », il pré­co­nise « la plus grande pru­dence, en veillant au moins à les ache­ter en phar­ma­cie ou pa­ra­phar­ma­cie, et ja­mais sur le Web ». Il in­vite aus­si à « res­pec­ter la po­so­lo­gie in­di­quée et à en par­ler à son mé­de­cin trai­tant ».

Con­som­mer des fruits à coque

Pour lut­ter na­tu­rel­le­ment contre le mau­vais cho­les­té­rol, le nu­tri­tion­niste pré­fère un ré­gime ali­men­taire équi­li­bré, qui fait la part belle à cer­tains fruits à coque. « Con­som­mer 6 à 10 amandes, noi­settes ou noix par jour, c’est ré­duire de 30 à 50 % le risque de crise car­diaque » , nous ap­prend le Dr Fri­cker. Pour bi­chon­ner ses ar­tères, on pri­vi­lé­gie­ra aus­si les pois­sons gras (sar­dine, ma­que­reau, ha­reng, thon, à rai­son de deux por­tions par se­maine) et l’huile de col­za (une cuille­rée à soupe par jour) pour leur ri­chesse en omé­ga 3. Bonne nou­velle en­fin pour les ama­teurs de vin rouge : consom­mé avec mo­dé­ra­tion (un à deux verres par jour), il a un ef­fet pro­tec­teur sur cer­taines ma­la­dies car­diaques. Si bien man­ger est pri­mor­dial, « c’est en­core in­suf­fi­sant », mar­tèle le mé­de­cin, qui ajoute : « Il faut aus­si bou­ger ! » Trois heures de sport par se­maine ou une heure d’ac­ti­vi­té quo­ti­dienne (marche, mé­nage, etc.) ré­duisent le risque d’ac­ci­dent car­dio- vas­cu­laire de 40 %.

Le gug­gul est is­su d’une va­rié­té de myrrhe sau­vage et est uti­li­sé dans la mé­de­cine ayur­vé­dique in­dienne. Si son ac­tion sur le cho­les­té­rol reste à prou­ver, il ai­de­rait à ré­gu­ler le poids.

Les fruits à coque, consom­més quo­ti­dien­ne­ment, ré­dui­raient de 30 à 50 % le risque d’in­farc­tus.

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