Vers un test san­guin pour dé­tec­ter un can­cer

VERS UN SIMPLE TEST SAN­GUIN POUR

Vie Pratique Sante - - SANTÉ - Par Ju­lie Millot

Grâce à une équipe fran­çaise, une prise de sang suf­fi­ra bien­tôt à dé­ter­mi­ner

la gra­vi­té des can­cers co­lo­rec­taux.

Une ré­vo­lu­tion est en marche : le 23 mars der­nier, Alain Thier­ry, char­gé de re­cherche In­serm à l’Ins­ti­tut de re­cherche en can­cé­ro­lo­gie de Mont­pel­lier ( IRCM), et son équipe ré­vé­laient, dans la re­vue « Na­ture Me­di­cine » , avoir mis au point un test ca­pable de dé­ter­mi­ner pré­ci­sé­ment le de­gré de gra­vi­té d’un can­cer co­lo­rec­tal mé­ta­sta­tique grâce à une simple prise de sang ! Son nom : Int­Plex. « Jus­qu’à pré­sent, nous ana­ly­sions les mu­ta­tions des cel­lules can­cé­reuses en in­ter­ve­nant di­rec­te­ment sur le tis­su de la tu­meur, à par­tir de la tu­meur elle-même pré­le­vée chi­rur­gi­ca­le­ment, ou par biop­sie, ex­plique Alain Thier­ry. Mais ces pro­ces­sus ne sont pas sans in­con­vé­nient : ils né­ces­sitent entre 10 et 60 jours d’ana­lyse ; ils sont très coû­teux pour le sys­tème de san­té et as­sez mal ac­cep­tés par le pa­tient lui-même, puis­qu’ils né­ces­sitent une anes­thé­sie gé­né­rale ou lo­cale. »

Dis­po­nible en 2015, en France

2 jours seule­ment se­ront né­ces­saires pour connaître le ré­sul­tat.

Or, au­jourd’hui, on sait que les cel­lules tu­mo­rales li­bèrent de l’ADN dans la cir­cu­la­tion san­guine. « Avec une simple prise de sang, il est pos­sible de les re­trou­ver et, en ana­ly­sant leur état mu­ta­tion­nel, de dé­ter­mi­ner pré­ci­sé­ment le stade du can­cer. Le tout en 2 jours » , se ré­jouit le spé­cia­liste. Un gain de temps ap­pré­ciable quand on sait que plus le diag­nos­tic est ra­pide, plus vite le trai­te­ment mis en place pour­ra être ef­fi­cace. Mais ce n’est pas tout. En per­met­tant de connaître l’état exact des cel­lules tu­mo­rales, « ce test offre aux mé­de­cins la pos­si­bi­li­té de mettre au point un trai­te­ment par­fai­te­ment adap­té au pa­tient » , pré­cise le cher­cheur. Un sur- me­sure qui consti­tue une avan­cée sup­plé­men­taire dans la lutte contre cette ma­la­die. En France, il fau­dra at­tendre le dé­but de l’an­née 2015 pour en bé­né­fi­cier. Ce test pour­rait aus­si être uti­li­sé pour le dé­pis­tage du can­cer co­lo­rec­tal à son stade pri­maire, re­lé­guant le test He­moc­cult (qui consiste à pré­le­ver un échan­tillon des selles) aux ou­bliettes. À terme, il pour­rait concer­ner les autres can­cers (sein, pan­créas, foie), qui tous li­bèrent de l’ADN dans la cir­cu­la­tion san­guine.

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