Un stage pour vaincre sa peur de l’eau

Un stage pour vaincre sa

Vie Pratique Sante - - SANTÉ - Par Ju­lie Millot

Si l’eau plonge cer­tains dans un bien-être to­tal, elle fait naître chez d’autres un sen­ti­ment d’an­goisse in­con­trô­lable. Des as­so­cia­tions pro­posent des stages pour sur­mon­ter ce trouble de fa­çon lu­dique.

Vous vous sen­tez op­pres­sée dès que vous avez de l’eau au-des­sus de la poi­trine ? Il vous est im­pos­sible de na­ger là où vous n’avez pas pied ? Comme 10 % de la po­pu­la­tion, vous êtes peut-être aqua-pho­bique. Ce trouble à des ori­gines mul­tiples. Il peut sur­ve­nir à la suite d’un évé­ne­ment trau­ma­ti­sant ( on a été pous­sé dans l’eau et on a bu la tasse ou on a été le té­moin d’une noyade) ou être trans­mis par des pa­rents eux­mêmes pho­biques. À Pa­ris, l’as­so­cia­tion Le Pied dans l’eau pro­pose des stages courts, sur deux jours, en piscine, pour ap­prendre à se fa­mi­lia­ri­ser avec cet élé­ment et re­trou­ver le plai­sir de la baignade.

JOUR 1 : METTRE LA TÊTE SOUS L’EAU

Tout com­mence dans le pe­tit bas­sin. Pre­mier ob­jec­tif ? Ap­prendre à mettre la tête sous l’eau et y prendre plai­sir. « Pour ce­la, nous pro­po­sons aux par­ti­ci­pants de souf­fler sur l’eau, puis d’immerger la bouche, le nez et en­fin les yeux, ex­plique Jean- Pierre Bou­ma­ti, psy­cho­pé­da­gogue et co­fon­da­teur de la mé­thode. Ils réa­lisent ain­si que l’eau ne rentre ni dans leur nez, ni dans leur bouche. » Les sta­giaires sont aus­si sou­mis à un autre exer­cice : ils sont in­vi­tés à s’al­lon­ger sur le ventre et à se re­dres­ser cal­me­ment. L’in­té­rêt de ce mou­ve­ment est de faire une pre­mière ex­pé­rience de la flot­tai­son. Au be­soin, il est pos­sible de se te­nir au bord de la piscine

ou à une corde. En­fin, le maî­tre­na­geur de­mande aux par­ti­ci­pants de po­ser leurs mains à plat, au fond de la piscine. « Cet exer­cice est en fait im­pos­sible à réa­li­ser, in­dique Jean-Pierre Bou­ta­mi, car, grâce à la pous­sée d’Ar­chi­mède, l’eau les re­monte tou­jours à la sur­face. Les per­sonnes prennent ain­si conscience que l’eau les porte et qu’elles ne risquent pas de se noyer. Bien souvent, ce mou­ve­ment met un point fi­nal à leurs an­goisses. »

JOUR 2 : SE LAIS­SER POR­TER PAR L’EAU

Le len­de­main, di­rec­tion le grand bas­sin. La séance a pour but de re­voir tous les élé­ments abor­dés la veille, mais dans une par­tie de la piscine où les par­ti­ci­pants n’ont pas pied. Les sta­giaires qui le sou­haitent peuvent être équi­pés de bra­ce­lets gon­flables ; ils se­ront pro­gres­si­ve­ment dé­gon­flés par le maître- na­geur à me­sure que la per­sonne gagne en confiance. « Une fois que les par­ti­ci­pants sont à l’aise, cer­tains d’entre eux se mettent spon­ta­né­ment à se dé­pla­cer dans la piscine », ob­serve le maître-na­geur. Lais­ser les sta­giaires s’ha­bi­tuer à ne pas avoir pied, leur don­ner du temps pour « jouer » dans l’eau, bar­bo­ter à leur guise, est une autre clé de la réus­site du stage. « En 10 heures de cours, 97 % des par­ti­ci­pants sont sa­tis­faits et sont prêts à de­ve­nir des aqua­philes » , af­firme Jean-Pierre Bou­ma­ti.

Immerger son visage puis s'al­lon­ger sur le ventre per­met aux per­sonnes aqua­phobes de faire une pre­mière ex­pé­rience

de flot­tai­son et d'ap­pri­voi­ser leur peur.

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