Êtes-vous ten­dance au lit ?

Pour dé­cou­vrir de nou­velles sen­sa­tions sous la couette, ré­veiller une li­bi­do as­sou­pie, ou tout sim­ple­ment par cu­rio­si­té, ils sont nom­breux à ten­ter de nou­velles ex­pé­riences. Tour d’ho­ri­zon avec Na­dine Ri­ck­waert, sexo­logue, psy­cho­logue et hyp­no­thé­ra­peute.

Vie Pratique Sante - - SANTÉ - Par Hé­lène Na­tale

LE TROUPLE : LE COUPLE + 1

« J’ai vé­cu une re­la­tion à trois pen­dant quelques an­nées, sans l’avoir pré­mé­di­té, confie Tho­mas, 39 ans. Tout a com­men­cé par un amour de va­cances avec une fille qui avait dé­jà un ami res­té à Bor­deaux. On s’est écrit quelques mois avant qu’elle ne dé­cide de le quit­ter. Puis, as­sez ra­pi­de­ment, elle a te­nu à me pré­sen­ter son ex avec qui elle gar­dait des re­la­tions d’ami­tié. De fil en ai­guille, on s’est vus de plus en plus souvent tous les trois. Une re­la­tion ami­cale s’est tis­sée jus­qu’au jour où eux deux sont ve­nus s’ins­tal­ler à la mai­son… Dans notre re­la­tion, je te­nais plu­tôt le rôle de l’amant, lui ce­lui de l’in­tel­lec­tuel. Jes­si­ca fai­sait de temps en temps l’amour avec lui, d’autres fois avec nous deux. Mais je n’ai ja­mais eu de re­la­tions sexuelles avec lui, nous n’en avions pas en­vie », confie Tho­mas. Faut-il voir dans ce mo­dèle une nou­velle forme de po­ly­ga­mie ? Sur le site Trouples.fr, les adeptes s’en dé­fendent, pré­fé­rant par­ler de « po­ly­amour » . Quant aux au­teurs de l’« At­las mon­dial des sexua­li­tés » , Na­dine Cat­tan et Sté­phane Leroy (éd. Au­tre­ment), ils écrivent que « l’amour à trois est vu comme un nou­veau mo­dèle de re­la­tion amou­reuse et sexuelle. Par­ta­ger le même lit si­gni­fie aus­si ou­vrir la porte à dif­fé­rentes sexua­li­tés, bi, ho­mo ou hé­té­ro. C’est un équi­libre qui s’éta­blit entre les trois per­sonnes, en rup­ture avec le mo­dèle tra­di­tion­nel du couple. »

LE NI HO­MO, NI HÉTERO

Dans une interview au ma­ga­zine les­bien « Jeanne » don­née en jan­vier der­nier, Em­ma de Caunes dé­cla­rait : « J’ai eu plein d’ex­pé­riences ho­mo­sexuelles et je me consi­dère comme bi­sexuelle. Ce­la n’a ja­mais été un pro­blème pour moi. Le plai­sir est très ou­vert, rien n’est fi­gé ». Tout comme l’ac­trice de 37 ans, les people (Eno­ra Ma­la­gré, Ri­cky Mar­tin…) n’hé­sitent plus à ré­vé­ler leur bi­sexua­li­té. Une ten­dance bien ac­cep­tée comme le ré­vèlent les pre­miers ré­sul­tats de la toute ré­cente en­quête na­tio­nale ef­fec­tuée

par « SOS ho­mo­pho­bie » : pour 85 % des son­dés, la bi­sexua­li­té est per­çue comme une orien­ta­tion sexuelle comme une autre.

L’éclai­rage de la sexo­logue :

LE « NO SEX »

À contre- cou­rant des autres ten­dances qui surfent sur le li­ber­ti­nage, les no sex, ou abs­ti­nents, se passent de re­la­tions sexuelles et as­sument un choix dic­té par les cir­cons­tances ou par un manque de dé­sir. Cé­li­ba­taires, jeunes ou vieux couples, ils re­fusent la norme éri­gée par la so­cié­té et re­ven­diquent le droit de vivre heu­reux et sans sexe. Cette ten­dance ré­vé­lée par le ro­man de So­phie Fon­ta­nel « L’en­vie » , sor­ti en août 2011, a fait cou­ler beau­coup d’encre. D’après l’en­quête sur la sexua­li­té des Fran­çais, réa­li­sée en avril 2009 par TNS-So­frès pour « Le Nouvel Ob­ser­va­teur » et RTL, 8 % des femmes et 4 % des hommes consi­dèrent que la vie sexuelle n’est pas du tout im­por­tante.

L’éclai­rage de la sexo­logue :

LE SEXE PLA­NI­FIÉ

Se­lon un son­dage réa­li­sé en jan­vier 2014 par le site bri­tan­nique consa­cré à la pa­ren­ta­li­té, Net­mums, 60 % des pa­rents in­ter­ro­gés ont be­soin d’or­ga­ni­ser à l’avance leurs mo­ments d’in­ti­mi­té. Entre le travail, les courses, le pe­tit der­nier, l’agenda sur­boo­ké des jeunes pa­rents lais­se­rait peu de place à la sexua­li­té : seule­ment 1/3 d’entre eux fe­raient l’amour une fois par se­maine et 25 % une fois par mois au plus… Les ren­dez-vous co­quins pla­ni­fiés au­raient donc les fa­veurs des jeunes pa­rents, qui prennent ren­dez-vous comme on s’as­treint à son heure heb­do­ma­daire de gym.

L’éclai­rage de la sexo­logue :

LES REN­CONTRES SUR LE NET

Fort de ses 800 000 membres dans l’Hexa­gone, le site Glee­den, ré­ser­vé aux femmes ma­riées, dé­com­plexe l’in­fi­dé­li­té. Jo­se­phine75 té­moigne : « Je suis sur Glee­den de­puis le dé­but. Au­pa­ra­vant, j’étais sur un site de ren­contres clas­sique sur le­quel je

ren­con­trais beau­coup… de per­sonnes ma­riées ! Comme quoi, ça se fai­sait avant Glee­den ! J’ai pris le temps de contac­ter des hommes comme des femmes, car pour moi, c’est aus­si l’oc­ca­sion d’échan­ger au­tour de notre si­tua­tion com­mune : ma­riés mais pas heu­reux. Quelques-uns ont juste be­soin de se ras­su­rer, et d’autres en sont vrai­ment à la fin de leur ma­riage. Pour ma part, je n’en suis pas là, je ne quit­te­rai pas mon conjoint, mais je pense qu’il y en a qui trouvent ici la force de par­tir vers d’autres aven­tures. »

L’éclai­rage de la sexo­logue :

LE SEX FRIEND Bien dans leur vie, avec souvent une ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle rem­plie, elles choi­sissent d’avoir des re­la­tions sexuelles… avec un ami, sans y mê­ler le sen­ti­ment amou­reux. Le sexe est consom­mé sans en­ga­ge­ment, ni sé­duc­tion, ni peur d’être ju­gée. Même si cette re­la­tion peut dé­bu­ter de fa­çon non pla­ni­fiée, elle se for­ma­lise au fil des ren­dez- vous. Le risque ? Que les par­te­naires n’at­tendent plus la même chose de ces ren­contres. Un sen­ti­ment amou­reux qui naît et gran­dit pour l’un, et pas pour l’autre, pour­rait gâ­cher cette ami­tié.

L’éclai­rage de la sexo­logue :

Les « trouples » trouvent leur place

dans les nou­velles pra­tiques sexuelles.

Une vie à trois que les adeptes dif­fé­ren­cient de la

po­ly­ga­mie.

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