J’ai tes­té l’an­ti­gym­nas­tique : « Au­cune dou­leur, une im­pres­sion de grande dé­tente »

« Au­cune dou­leur, une im­pres­sion de grande dé­tente »

Vie Pratique Sante - - SANTÉ - Par Ju­lie Millot

Une mé­thode qui per­met de re­trou­ver bien-être et éner­gie sans avoir be­soin de trans­pi­rer ? C’est sûr, elle est pour moi !

C ette mé­thode de travail cor­po­rel a été mise au point dans les an­nées 70 par une ki­né­si­thé­ra­peute, Thé­rèse Ber­the­rat. Le concept : le pra­ti­cien ne montre pas les mou­ve­ments, mais il les dé­crit, en gui­dant les par­ti­ci­pants de sa voix. « Ces gestes sont pré­cis et cor­res­pondent à l’exacte phy­sio­lo­gie des muscles, ex­plique Lu­cia­na Vi­darte, pra­ti­cienne. Leur but : ré­veiller les muscles en­dor­mis, ceux que l’on uti­lise le moins, cal­mer ceux qui fonctionnent trop, pour ré­or­ga­ni­ser le corps de fa­çon à chas­ser les ri­gi­di­tés, re­trou­ver sa forme et se dé­tendre. »

H + 20 MIN : MON CORPS NE VEUT PAS M’ÉCOU­TER !

La séance se dé­roule dans une salle mo­quet­tée, sans mi­roir et en pe­tit co­mi­té, en te­nue ample et pieds nus. La pra­ti­cienne ar­pente la pièce en dé­cri­vant les gestes à faire. En cas de dif­fi­cul­té, me ras­sure-t-elle, elle peut m’ai­der à me po­si­tion­ner cor­rec­te­ment. Pre­mier mou­ve­ment : de­bout, je dois joindre mes deux pieds. J’y par­viens… mais au prix de mon équi­libre. J’ai l’im­pres­sion de tan­guer. Une fois mes pieds joints, Lu­cia­na me de­mande de tour­ner mes ge­noux vers l’in­té­rieur. Je le fais sans pro­blème. « Et main­te­nant vers l’ex­té­rieur. » Là, ça coince. J’ai beau vou­loir le faire, mes cuisses et mes hanches s’ac­tionnent, mais mes ge­noux ne bougent pas ! « Ce­la arrive, m’ex­plique Lu­cia­na. Cer­tains muscles n’ont plus l’ha­bi­tude de tra­vailler et ne ré­pondent plus. Ça s’amé­liore au fil des séances. »

H + 35 MIN : JE SUIS TO­TA­LE­MENT DÉ­TEN­DUE

Deuxième mou­ve­ment : je m’al­longe à « plat dos ». Seule­ment, mes reins et ma nuque ne touchent pas le sol. Je flé­chis mes jambes, mes reins s’écrasent sur le ta­pis, mais ma nuque se cambre da­van­tage. La pra­ti­cienne me de­mande de for­mer un cro­chet avec l’in­dex et le ma­jeur de ma main droite, et de le pla­cer dans ma bouche. Le poids de mes doigts en­traîne ma mâchoire vers le bas, re­cen­trant ma tête. Je reste ain­si quelques mi­nutes. Ce mou­ve­ment aide le bas de mon visage à se dé­cris­per. Sen­tir le pas­sage de l’air frais dans ma bouche quand j’ins­pire et chaud quand j’ex­pire me dé­tend.

H + 60 MIN : LÉ­GÈRE COMME UNE PLUME

Je suis al­lon­gée sur le dos, les jambes flé­chies. Lu­cia­na me de­mande d’écar­ter mon gros or­teil de mon pied gauche des 4 autres, puis d’écar­ter le pe­tit or­teil de ses 4 com­pères. Im­pos­sible ! Elle m’in­cite à res­sen­tir ce qui se passe dans ma jambe. Je me concentre. Les muscles de ma cuisse et de mon mol­let sont ten­dus, ils tremblent tel­le­ment je force pour réus­sir le mou­ve­ment… Mais peine per­due, mes or­teils ne bougent qu’en bloc ! La séance s’ar­rête là. J’al­longe mes jambes, me dé­tends. Je me sens in­croya­ble­ment lé­gère. Mais j’ai froid. « C'est nor­mal, m’ex­plique alors la pra­ti­cienne. C’est une ré­ac­tion du corps. En fai­sant tra­vailler dif­fé­rents muscles, nous l’avons per­tur­bé dans ses ha­bi­tudes ». Je rentre chez moi, se­reine et dé­ten­due.

Dans cette gym, on ne co­pie pas les mou­ve­ments réa­li­sés par un coach, on l'écoute les dé­crire, puis on les met en pra­tique.

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