En cou­ver­ture Halte à la trans­pi­ra­tion ex­ces­sive !

Si trans­pi­rer est na­tu­rel, il arrive que le phé­no­mène s’em­balle et de­vienne in­con­trô­lable. L'hy­per­hi­drose, ou su­da­tion ex­ces­sive, n’est pour­tant pas une fa­ta­li­té.

Vie Pratique Sante - - SANTÉ - Par Anne Thou­mieux

Tel un sys­tème de re­froi­dis­se­ment, la trans­pi­ra­tion est in­dis­pen­sable à notre corps pour ré­gu­ler sa tem­pé­ra­ture. Quand celle-ci aug­mente, le corps en­clenche le pro­ces­sus grâce à l’hy­po­ta­la­mus (une glande si­tuée dans le cer­veau), un « ther­mo­stat » qui nous sta­bi­lise à 37 °C, en don­nant l’ordre aux glandes su­do­ri­pares de dé­clen­cher la pro­duc­tion de sueur qui, en s’éva­po­rant, re­froi­dit le sys­tème. Ces glandes, si­tuées par­tout sur la peau, sont de deux na­tures : les glandes ec­crines qui re­lâchent eau et sels mi­né­raux par­tout sur le corps, et les apo­crines qui sont res­pon­sables des odeurs. Ces der­nières sont si­tuées dans les zones dites « mal ven­ti­lées » : ais­selles, nom­bril, pli in­ter-fes­sier et zone in­time. Au to­tal, jus­qu’à 5 mil­lions de glandes pro­duisent en­vi­ron 1 litre d’eau par jour à la sur­face de la peau.

2 mil­lions de Fran­çais concer­nés

Une étude amé­ri­caine* es­time que 2,8 % de la po­pu­la­tion amé­ri­caine trans­pire plus que né­ces­saire pour ré­gu­ler sa tem­pé­ra­ture cor­po­relle. Près de 2 mil­lions de Fran­çais souf­fri­raient d’hy­per­hi­drose. Cette pro­duc­tion de sueur exa­gé­rée très han­di­ca­pante dé­bute le plus souvent à la pu­ber­té, puis dé­croît avec l’âge. Elle peut être lo­ca­li­sée au ni­veau des mains, ais­selles,

pieds ou être gé­né­ra­li­sée et être hé­ré­di­taire, d’ori­gine gé­né­tique ou sans cause connue. On dit alors qu’elle est « pri­maire ». Quand elle dé­coule d’un pro­blème iden­ti­fié, elle est dite se­con­daire. Cha­leur, fièvre, émo­tion, ef­fort, exer­cice phy­sique, ménopause ou obé­si­té peuvent en être res­pon­sables, ain­si que les se­vrages à l’al­cool ou aux drogues, les ma­la­dies en­do­cri­niennes (dia­bète, l’hy­per­thy­roï­die ou l’hy­po­gly­cé­mie), et cer­tains mé­di­ca­ments (an­ti­dé­pres­seurs, as­pi­rine, bé­ta­blo­queurs, in­su­line).

Un vrai han­di­cap so­cial Cette ma­ni­fes­ta­tion en­gendre une vé­ri­table al­té­ra­tion de la qua­li­té de vie pour ceux qui en souffrent et des ré­per­cus­sions psy­cho­lo­giques (perte de confiance, baisse de l’es­time, re­pli sur soi, dé­pres­sion…). La su­da­tion ex­ces­sive peut aus­si créer de la déshy­dra­ta­tion, ir­ri­ter la peau et fa­ci­li­ter l’ap­pa­ri­tion de ver­rues et bou­tons de cha­leur. Sur les pieds, elle peut en­traî­ner une pro­li­fé­ra­tion de my­coses et peut même abî­mer le cuir des chaus­sures. Dans tous les cas, il faut prendre cette gêne au sé­rieux: si vous trans­pi­rez beau­coup sans avoir fait d’ef­fort, il convient d’agir et de consul­ter.

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