Comment les va­cances les ré­vèlent

Pen­dant l’an­née sco­laire, on passe plus de temps à faire tour­ner notre PME fa­mi­liale qu’à les voir gran­dir. Heu­reu­se­ment, les congés sont là pour nous per­mettre de prendre en­fin le temps de les re­gar­der vivre et dé­cou­vrir qui ils sont.

Vie Pratique Sante - - SANTÉ - Par San­dra Fran­re­net

On l’at­tend de­puis de nom­breux mois, ce fa­meux break d’été où l’on part souf­fler au so­leil. Ces jour­nées de far­niente, hors de chez soi, loin du rythme de l’an­née, sont le mo­ment pri­vi­lé­gié des re­trou­vailles en fa­mille. On a en­fin le temps de pro­fi­ter de nos pe­tites têtes blondes, de les voir s’épa­nouir. « Les va­cances, c’est un temps à part où les af­faires du quo­ti­dien n’ont tem­po­rai­re­ment plus leur place. C’est un temps pour par­ler, pour jouer » , ré­sume le Dr Mi­chael Lar­rar, pé­do­psy­chiatre. Pour ce spé­cia­liste, cette pé­riode est idéale pour re­nouer avec la vie de fa­mille… dans ce qu’elle a de meilleur.

Émer­gence de ta­lents ou de pho­bies

« Cette proxi­mi­té sert non seule­ment à ren­for­cer le lien familial, mais aus­si, pour les pa­rents, à ob­ser­ver le com­por­te­ment des en­fants, sur­tout si les va­cances se dé­roulent ailleurs qu’à la mai­son, lieu où ils évo­luent avec as­su­rance » , ob­serve le Dr Lar­rar. Très à l’aise dans leur en­vi­ron­ne­ment ha­bi­tuel, cer­tains en­fants se ré­vèlent en ef­fet ti­mides, voire an­gois­sés, dès qu’ils perdent leurs re­pères. Ce com­por­te­ment peut avoir com­plè­te­ment échap­pé aux pa­rents dans l’an­née. Et pour cause : les se­maines d’école, char­gées et très ca­drées, em­pêchent le pe­tit de dé­voi­ler sa sin­gu­la­ri­té. « C’est souvent du­rant les temps morts des va­cances que notre pro­gé­ni­ture fait émer­ger des com­pé­tences, des ta­lents que l’on n’avait ja­mais re­mar­qués ; c’est éga­le­ment à ce mo­ment-là qu’elle s’au­to­rise à mon­trer des an­goisses, des pho­bies ou des troubles du com­por­te­ment qu’on igno­rait », ex­plique le mé­de­cin. In­utile, tou­te­fois, de s’af­fo­ler ou de boo­ker un ren­dez­vous chez un psy sous pré­texte que Ju­nior a hur­lé à la vue d’une

arai­gnée. Ce­pen­dant, si, après quelques jours de la­tence né­ces­saires à son adap­ta­tion, l’en­fant adopte des com­por­te­ments agres­sifs ré­cur­rents en­vers les autres en­fants ou, au contraire, les snobe to­ta­le­ment, peut si­gner un trouble à prendre en consi­dé­ra­tion. « Ob­ser­ver les dif­fé­rences de com­por­te­ment entre en­fants du même âge per­met de consta­ter des dé­ca­lages dans les at­ti­tudes », pré­cise le pé­do­psy­chiatre. Un en­fant qui re­fuse obs­ti­né­ment de se bai­gner ou fuit sys­té­ma­ti­que­ment les ani­maux doit éveiller les soup­çons. « Il n’existe pas de grille de décryptage se­lon le type de com­por­te­ment, in­siste tou­te­fois le mé­de­cin. Tout est ques­tion de bon sens. Si les pa­rents sentent que leur pe­tit souffre d’une si­tua­tion, ils ne doivent pas hé­si­ter à prendre ren­dez-vous avec un spé­cia­liste qui l’ai­de­ra à se li­bé­rer », conseille le Dr Lar­rar.

Grains de beau­té et em­bon­point à sur­veiller

Si les congés d’été consti­tuent le mo­ment pri­vi­lé­gié pour ob­ser­ver le com­por­te­ment des en­fants, la pé­riode est éga­le­ment idéale pour les scru­ter de la tête aux pieds dans leurs pe­tits maillots de bain. L’at­ten­tion doit se fixer sur trois élé­ments : « les grains de beau­té, la sco­liose et l’em­bon­point » , dé­taille le Dr Aliette Sal­lée, pé­diatre au­jourd’hui re­trai­tée. Pro­fi­tez de la séance de « tar­ti­nage » de crème so­laire pour contrô­ler ses grains de beau­té sur tout le corps, y com­pris sous les ais­selles. « Si cer­tains semblent larges, il faut les ba­di­geon­ner de crème toutes les deux heures et les mon­trer au mé­de­cin à la ren­trée », conseille le Dr Sal­lée. Sur la plage, ob­ser­vez le dos de votre mar­maille pour y dé­tec­ter un éven­tuel dé­but de sco­liose ( lire aus­si en en­ca­dré). « Si, quand l’en­fant se baisse, son dos forme une lé­gère bosse d’un cô­té de la co­lonne, c’est une alerte », ex­plique le mé­de­cin. En cas de doute, faites pen­cher votre en­fant en avant, jambes ten­dues et jointes, mains entre les ge­noux et po­sez une règle de 30 cm sur son dos. Si elle n’est pas ho­ri­zon­tale, il fau­dra consul­ter à la ren­trée. Ce test peut être com­plé­té par un der­nier : pla­cez l’en­fant de­bout, bien droit, pieds joints et bras le long du corps. Un es­pace vide de forme tri­an­gu­laire entre le bras et le flanc consti­tue une autre alerte. En­fin, le ventre un peu trop re­bon­di du jeune va­can­cier doit faire ré­agir. « Il ne faut sur­tout pas s’abri­ter der­rière le fait que les en­fants brûlent des ca­lo­ries parce qu’ils courent beau­coup », in­siste la pé­diatre qui pré­co­nise une vi­site mé­di­cale de ren­trée afin d’éva­luer sa courbe de poids par rap­port à sa taille et, le cas échéant, re­voir son ré­gime ali­men­taire.

Les grandes va­cances

per­mettent des mo­ments de dé­tente et de jeux où l'en­fant

mon­tre­ra ses ca­pa­ci­tés d'échange et d'au­to­no­mie ou, au contraire, sa ti­mi­di­té.

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