La voix est pré­cieuse, pre­nez-en soin !

C'est quand on perd la voix qu'on se rend compte à quel point elle est un ou­til pré­cieux ! Des tech­niques simples per­mettent de pré­ser­ver les cordes vo­cales. Par A. Hé­luin

Vie Pratique Sante - - SOMMAIRE - Yves Or­mez­za­no ORL et pho­niatre

Coup de froid, cris ou séance de chant pro­lon­gée, fa­tigue, in­fec­tions… Tout le monde peut un jour ou l’autre être frap­pé par une ex­tinc­tion de voix. Le pro­blème de­vient par­fois ré­cur­rent chez les per­sonnes dont cet or­gane consti­tue l’ou­til de tra­vail. « Chez les co­mé­diens, les chan­teurs, mais aus­si chez les en­sei­gnants, les guides tou­ris­tiques ou les com­mer­çants. Ces der­niers sont un peu des Mes­sieurs Jour­dain de la voix: ils uti­lisent quo­ti­dien­ne­ment cet or­gane sans avoir conscience de la per­for­mance que ce­la re­pré­sente » , ob­serve Yves Or­mez­za­no, ORL, au­tre­ment dit “doc­teur de la voix”. Au même titre que celles d'un ac­teur, les cordes vo­cales de ces ora­teurs sont sus­cep­tibles de su­bir des coups de fa­tigue. Ce phé­no­mène n’est pas fa­cile à diag­nos­ti­quer. Sé­che­resse de la gorge, sen­sa­tion de de­voir for­cer plus que d’ha­bi­tude pour chan­ter ou par­ler, lé­ger chan­ge­ment du timbre de la voix sont des symp­tômes la plu­part du temps im­per­cep­tibles par une oreille ex­té­rieure.

Agir sans tar­der Consul­ter dès les pre­miers signes de fa­tigue vo­cale

Très friand de mé­ta­phores, Yves Or­mez­za­no com­pare la voix fa­ti­guée au corps d’une per­sonne sé­den­taire qui, du jour au len­de­main, dé­cide d’al­ler cou­rir 10 ki­lo­mètres. Mal prise en charge, la fa­tigue vo­cale peut dé­gé­né­rer en trouble chro­nique. En pous­sant une voix fa­ti­guée pour com­pen­ser une dé­faillance pas­sa­gère conduit sou­vent à une in­flam­ma­tion des cordes vo­cales, sus­cep­tible de se ré­pé­ter chez des per­sonnes sol­li­ci­tant leur voix au quo­ti­dien. «À terme, né­gli­ger la fa­tigue vo­cale peut cau­ser des lé­sions des cordes vo­cales, cer­taines né­ces­si­tant une opé­ra­tion chi­rur­gi­cale »( voir en­ca­dré), met en garde notre ex­pert. D’autres lé­sions peuvent se ré­sor­ber d’elles-mêmes, à condi­tion d’évi­ter les com­por­te­ments à risque.

Évi­ter les ex­cès Pros­crire le ta­bac et l'al­cool, li­mi­ter les cor­ti­coïdes

Des fac­teurs in­fluent sur la voix sans qu’on s’en rende tou­jours compte. C’est le cas du ta­ba­gisme, de mé­di­ca­ments comme les cor­ti­coïdes, d’une mau­vaise hy­dra­ta­tion, de la fré­quen­ta­tion de lieux trop bruyants, trop chauf­fés ou mal cli­ma­ti­sés, du manque de som­meil ou en­core de la consom­ma­tion ex­ces­sive d’al­cool. Au­tre­ment dit, «pour évi­ter la chro­ni­ci­té des troubles de la voix, il faut avoir une ex­cel­lente hy­giène de vie, conseille le spé­cia­liste. L’ora­teur, le chan­teur est comme un spor­tif: pour uti­li­ser au mieux son or­gane, il doit prendre soin de tout son corps. » Pour évi­ter d’abî­mer ou de fa­ti­guer les cordes vo­cales, il est conseillé d’adop­ter quelques ha­bi­tudes simples. Pre­mier conseil : pri­vi­lé­gier une ali­men­ta­tion va­riée, mais pas trop épi­cée, ce­la afin d’évi­ter l’aci­di­té gas­trique qui peut re­mon­ter jus­qu’au la­rynx et “gri­gno­ter” la par­tie pos­té­rieure des cordes vo­cales. Plu­tôt que de boire de l’al­cool ou des so­das, il faut, pour

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