UN MÉ­DI­CA­MENT GÉ­NÉ­RIQUE…

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LES MÉ­DI­CA­MENTS CONCER­NÉS Après vingt ans d’ex­ploi­ta­tion, le bre­vet d’un mé­di­ca­ment tombe dans le do­maine pu­blic. Les autres la­bo­ra­toires sont alors au­to­ri­sés à uti­li­ser sa for­mule pour en dé­ve­lop­per une co­pie: le gé­né­rique.

CE QUI EST IDEN­TIQUE Un mé­di­ca­ment est com­po­sé d’un ou plu­sieurs prin­cipes ac­tifs (les mo­lé­cules à usage thé­ra­peu­tique). Pour le Code de la san­té, un gé­né­rique doit pré­sen­ter « la même com­po­si­tion qua­li­ta­tive et quan­ti­ta­tive en prin­cipes ac­tifs, la même forme phar­ma­ceu­tique que le pro­duit de ré­fé­rence (ap­pe­lé “prin­ceps”) et une bioé­qui­va­lence (les mêmes ef­fets consta­tés) dé­mon­trée par des études. »

CE QUI CHANGE Si les prin­cipes ac­tifs res­tent iden­tiques, les gé­né­riques ne font pas ap­pel aux mêmes ex­ci­pients que le mé­di­ca­ment d’ori­gine, ces sub­stances inertes qui lui donnent sa consis­tance, sa cou­leur, son goût, etc. al­gré 3 mil­liards d’éco­no­mies réa­li­sées en 2012 grâce aux mé­di­ca­ments gé­né­riques, la Cour des comptes es­time qu’il faut al­ler plus loin dans leur uti­li­sa­tion. Les ventes de “gé­né­riques” ne re­pré­sentent en­core que 22 % de l’en­semble des mé­di­ca­ments en France, contre 66 % au Royau­meU­ni et 64 % en Al­le­magne. Cer­tains pra­ti­ciens re­mettent tou­te­fois en cause le prin­cipe se­lon le­quel ces mé­di­ca­ments sont en tous points iden­tiques aux pro­duits de ré­fé­rence. Ber­trand Cro­za­tier Les gé­né­riques sont le plus sou­vent sans dan­ger puis­qu’il s’agit du même pro­duit ac­tif. L’ex­ci­pient est gé­né­ra­le­ment sans ef­fet né­faste, mais peut par­fois en­traî­ner des al­ler­gies. Dans quelques cas, il a été prou­vé que le gé­né­rique était dan­ge­reux. C’est vrai pour le Le­vo­thy­rox, un mé­di­ca­ment à marge thé­ra­peu­tique étroite (sa dose ef­fi­cace est proche de la dose toxique). La ré­gle­men­ta­tion im­pose aux gé­né­riques une bio­dis­po­ni­bi­li­té (gros­siè­re­ment, une con­cen­tra­tion san­guine) si­mi­laire, mais pas for­cé­ment égale. Des ac­ci­dents sont sur­ve­nus au dé­but de la com­mer­cia­li­sa­tion des gé­né­riques du Le­vo­thy­rox et ont conduit à leur re­trait du mar­ché. Il est donc faux de dire qu’un gé­né­rique est égal au mé­di­ca­ment prin­ceps. La si­mi­li­tude n’est pas l’éga­li­té. BC L’ef­fet pla­ce­bo est un phé­no­mène com­plexe où un ef­fet bé­né­fique est ob­te­nu avec une sub­stance sans va­leur pharmacologique, juste parce que le su­jet croit avoir re­çu le mé­di­ca­ment. Il peut fonc­tion­ner avec un gé­né­rique si le pa­tient re­çoit d’em­blée un gé­né­rique qu’il connaît. Le pro­blème se pose pour les pa­tients – et c’est très fré­quent – quand le phar­ma­cien sub­sti­tue le gé­né­rique qu’ils at­ten­daient par un autre. Si tous les gé­né­riques d’un même prin­ceps portent le même nom (la DCI ou Dé­no­mi­na­tion com­mune in­ter­na­tio­nale), les boîtes sont dif­fé­rentes, de même que la cou­leur ou la forme des com­pri­més. Cette simple mo­di­fi­ca­tion suf­fit à an­nu­ler l’ef­fet pla­ce­bo. BC Les la­bo­ra­toires qui fa­briquent les gé­né­riques ne sont pas for­cé­ment les mêmes que ceux qui fa­briquent

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