À TERME, RÉ­PRI­MER LA CO­LÈRE SANS LA COM­PRENDRE PEUT S’AVÉ­RER DÉ­VAS­TA­TEUR

Vie Pratique Sante - - PSYCHO -

a co­lère a plu­tôt mau­vaise ré­pu­ta­tion : dans la re­li­gion ca­tho­lique, elle fait d’ailleurs par­tie des sept pé­chés ca­pi­taux. Ce sen­ti­ment n’a pour­tant rien de hon­teux. Il existe même une co­lère saine : celle qui ré­pare la frus­tra­tion. Ce n’est que si l’on se laisse sub­mer­ger que ce sen­ti­ment de­vient né­faste. Il faut alors cher­cher à en com­prendre les causes et ap­prendre à la do­mes­ti­quer. La co­lère s’ac­com­pagne sou­vent d’une dé­charge phy­sique. Elle donne en­vie de frap­per, de crier. Un mé­ca­nisme de dé­tente des ten­sions qui risque de dé­bou­cher sur une perte de contrôle. Au lieu de ta­per dans un cous­sin ou de crier dans le vide, on s’en prend à la per­sonne que l’on juge res­pon­sable de la crise ou à un in­no­cent qui a le mal­heur de pas­ser par là. Il existe un re­mède na­tu­rel qui aide à pré­ve­nir bien des coups et des cris : la pa­role. Ex­pri­mer ce que l’on res­sent per­met de prendre du re­cul sur ses émo­tions, de ne pas se lais­ser en­va­hir. Mettre des mots sur les causes, c’est être conscient du pro­blème et une ma­nière d’amor­cer une ana­lyse qui per­met de trai­ter la cause du mal. Telle une vague, la co­lère monte peu à peu, se gonfle avant de dé­fer­ler et d’em­por­ter nos dé­fenses na­tu­relles (sa­voir-vivre, peur, me­sure). Le plus sou­vent, cette mon­tée en pres­sion s’ac­com­pagne de signes avant-cou­reurs : le pouls qui s’ac­cé­lère, le vi­sage qui s’em­pourpre, Se­lon Flore De­la­palme, psy­cho­logue et au­teure du Sen­ti­ment de vide in­té­rieur, ap­prendre à comp­ter sur soi-même toutes les im­pul­sions peuvent être maî­tri­sées. « La per­sonne su­jette à ce type de com­por­te­ment est par­ta­gée en deux. D’une part il y a la fa­cette qui se laisse en­traî­ner par la co­lère, de l’autre celle qui reste cons­ciente de son em­por­te­ment. Ces deux par­ties doivent pou­voir dia­lo­guer. Et pour ce­la, il faut ap­prendre à se re­pré­sen­ter la co­lère. Il faut ar­ri­ver à la per­son­ni­fier,à lui don­ner un vi­sage. Ce tra­vail d’ima­gi­na­tion ac­tive n’est pas in­né : il né­ces­site un ap­pren­tis­sage. Après quelques séances, la per­sonne co­lé­rique par­vient à “écou­ter” sa co­lère au lieu de la ré­pri­mer, ce qui est pire que tout. » le dé­bit de la voix qui s’ac­cé­lère… Dans ce cas, telle une digue, bri­sez la vague avant qu’elle ne vous sub­merge. Met­tez fin à la conver­sa­tion : une sor­tie un peu pré­ci­pi­tée se­ra ju­gée im­po­lie, mais elle vaut tou­jours mieux que des cris et des in­jures. Trou­vez re­fuge dans un en­droit calme et at­ten­dez que la ten­sion re­des­cende pour ana­ly­ser froi­de­ment la si­tua­tion qui vous a conduit au point de rup­ture. Le stress fa­vo­rise les ac­cès de co­lère. Après tout, le vase dé­borde d’au­tant plus vite que le ni­veau d’eau est dé­jà haut au mo­ment où l’orage se dé­clenche ! Le yo­ga per­met de mieux ap­pré­hen­der les ma­ni­fes­ta­tions phy­siques de la co­lère (dou­leurs à la poi­trine, pal­pi­ta­tions car­diaques...) et d’agir sur ses res­sorts psy­cho­lo­giques grâce à des tech­niques de res­pi­ra­tion simples à mettre en pra­tique au quo­ti­dien pour re­prendre le contrôle de sa co­lère. La mé­di­ta­tion, mé­lange de si­lence et de res­pi­ra­tion, s’avère aus­si ef­fi­cace pour se re­cen­trer sur soi. Comme le yo­ga, la mé­di­ta­tion in­fluence notre rap­port à l’autre : en ac­cord avec soi-même, il est plus ai­sé d’être to­lé­rant avec les mal­adresses d’au­trui.

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