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Vintage Guitare - - SOMMAIRE - Ch­ris­tian Sé­gu­ret

On connaît l’his­toire de cet homme qui évoque son dé­cès pos­sible, et se confie à un ami : « J’es­père que ma femme ne ven­dra pas toutes mes gui­tares aux prix aux­quels j’ai pré­ten­du les avoir ache­tées ! » . Une ai­mable plai­san­te­rie qui met quand même en exergue quatre des plus grands tra­vers de l’ama­teur de gui­tares en gé­né­ral et de vin­tage en par­ti­cu­lier. C’est le plus sou­vent un homme ( 95 % des lec­teurs de la lit­té­ra­ture du genre). Il vit sa pas­sion sans la par­ta­ger avec la femme de sa vie. Il a ten­dance à ac­cu­mu­ler plus que de rai­son. Il y consacre des sommes très ex­ces­sives... Si ex­ces­sives que la rai­son ne semble pas in­ter­ve­nir dans ses dé­ci­sions d’achat, et que la fi­nance, l’âp­pat du gain, le sou­ci de thé­sau­ri­ser ou, pire, de spé­cu­ler, ne sont fi­na­le­ment pas des vices très cou­rants dans la com­mu­nau­té ( très vi­rile, donc) du vin­tage. On peut le re­gret­ter ( je le re­grette) mais les femmes ne sont vrai­ment pas nom­breuses à s’in­té­res­ser aux mille secrets qui peuplent ces pages. Les charmes d’un ni­tro faïen­cé ne semblent pas les faire cha­vi­rer. Le fu­met d’une caisse man­gée aux mites ne les ren­verse pas. Les mé­rites com­pa­rés d’un P90 mil­lé­si­mé et d’un bon hum­bu­cker des fa­milles ne crée nul dé­bat dans leurs rangs. En bon male chau­vi­nist et en té­moin ( et ac­teur) de maintes séparations hou­leuses, je ne crains pas d’af­fir­mer, sans ran­cune mais avec force, que les femmes ne s’in­té­ressent fi­na­le­ment au vin­tage qu’à l’heure du par­tage des biens ! Mais nous sommes entre hommes, n’est- ce pas, alors un peu de ma­chisme ne sau­rait les faire ré­agir. Si elles se re­biffent, c’est qu’elles lisent ces pages en cachette, ce qui se­rait en soi une bonne nou­velle, et me pous­se­rait à leur dire : bien­ve­nue Mes­dames.

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