Ron O’Keefe : Ri­cken Amps

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Fen­der ne ri­va­li­sait pas avec ce com­bo sur­di­men­sion­né...

Ron O’Keefe nous avait dé­jà fait lar­ge­ment pro­fi­ter de ses ac­cu­mu­la­tions mi­ri­fiques de gui­tares Ri­cken­ba­cker, de Fen­der Jazz­mas­ter, d’am­plis Fen­der. Il nous a in­vi­tés à dé­cou­vrir le der­nier vo­let de cette col­lec­tion mu­li- fa­cettes et mi­ri­fique : les am­plis Ri­cken­ba­cker... Ri­cken­ba­cker n’est pas le pre­mier nom qui vient à l’es­prit quand on évoque les am­plis fif­ties, pour­tant les en­gins construits par la com­pa­gnie à cette époque sont d’une qua­li­té re­mar­quable et se dis­tinguent des am­plis de na­ture si­mi­laire construits par le concur­rent Fen­der par une ligne es­thé­tique par­ti­cu­liè­re­ment sé­dui­sante. L’am­pleur de cette col­lec­tion et la ri­chesse des connais­sances col­lec­tées au­près de notre ami Ron nous ont pous­sé à dé­cli­ner cette re­vue d’ef­fec­tif sur deux nu­mé­ros. Nous vous fai­sons donc dé­cou­vrir dans ce nu­mé­ro la der­nière par­tie de cet ar­ticle dé­bu­té dans notre nu­mé­ro 22.

Y avait- il, chez Ri­cken­ba­cker, un équi­valent au Bass­man de Fen­der ?

Oui, par­mi les am­plis à plu­sieurs ga­melles, le M- 16 res­sem­blait bien au tweed Fen­der Bass­man, avec quatre haut- par­leurs Jen­sen Al­ni­co de 10 pouces, et cet am­pli reste très re­cher­ché pour son son. C’était un am­pli qui était re­cou­vert d’un ma­té­riau du genre to­lex gris, qui res­sem­blait au ma­té­riau des caisses de gui­tares Gretsch du mi­lieu des an­nées 50. Cet am­pli est équi­pé de quatre haut- par­leurs P10Q, il date de 1959. Mais le père de tous les am­plis Ri­cken­ba­cker de la fin des an­nées 50 était le M- 22, un am­pli ex­trê­me­ment rare et ex­trê­me­ment lourd ! Ce com­bo était le plus grand des am­plis à lampes Ri­cken­ba­cker, avec ses 96,5 cm de large, Son corps pou­vait re­ce­voir deux haut­par­leurs P15N et deux twee­ters Jen­sen de 4 pouces mon­tés dans les angles su­pé­rieurs du corps. Il avait un son très riche, était ca­pable de rem­plir une salle de taille moyenne. J’en pos­sède un exem­plaire en ex­cellent état et en par­faite condi­tion d’ori­gine. Fen­der, par­mi son offre d’am­plis très va­riée, ne pro­po­sait rien pour ri­va­li­ser avec ce com­bo Ri­cken­ba­cker sur­di­men­sion­né, avec ses haut- par­leurs Al­ni­co énormes et ses twee­ters. L’am­pli le plus proche chez Fen­der, avec deux ga­melles de 15 pouces, se­rait le Dual Show­man, qui était construit en deux par­ties, corps et tête, mais qui ne fut pas pro­duit avant le mi­lieu des an­nées 60.

Quel est cet am­pli avec cette sé­rie d’en­trées ?

C’est un am­pli très par­ti­cu­lier, si on le com­pare à tous les autres am­plis dé­diés à la gui­tare ; ce­lui- ci n’était pas construit spé­ci­fi­que­ment pour un usage lié à la gui­tare, c’était en fait une mi­ni­so­no pour un chan­teur ou har­mo­ni­ciste uti­li­sant un mi­cro, et qui pou­vait aus­si ser­vir de re­lais d’am­pli­fi­ca­tion à un pho­no­graphe pour jouer des vi­nyles. Ce mo­dèle, bap­ti­sé M- 98, est très rare et il est équi­pé sur sa face su­pé­rieure d’une sé­rie de contrôles pour ré­gler vo­lume et

to­na­li­té. Il y a aus­si une sé­rie d’en­trées à l’ar­rière de l’am­pli, l’une d’entre elles étant pré­vue pour bran­cher un pho­no­graphe, avec un switch pour pas­ser du pho­no au mi­cro. Le son était émis au tra­vers de trois spea­kers Al­ni­co Jen­sen de 6 pouces. Cet exem­plaire est une ver­sion de 1957 cou­vert avec une fi­ni­tion brune deux tons, avec une ap­pa­rence « pein­ture pro­je­tée » .

En terme de ré­verbe ou autres ef­fets em­bar­qués, y avait- il une ré­plique à Fen­der pour pro­po­ser des am­plis par­ti­cu­liers ?

Un des am­plis les plus rares et les plus re­mar­qués par­mi les pro­duits pro­po­sés à la fin des an­nées 50 et au dé­but des an­nées 60 fut le M- 30 Ek- O- Sound en Stag Gray. Cet am­pli très peu usuel fut pro­duit en très pe­tites quan­ti­tés et fut ba­sé sur l’am­pli Echo- So­nic créé par Ray Butts [ et uti­li­sé, entre autres, par Scot­ty Moore ou par Chet At­kins, NDLR]. Cet am­pli avait une puis­sance énorme et le son pas­sait par un haut- par­leur Jen­sen P12N. Ce fut aus­si le pre­mier am­pli à lampes construit en sé­rie à pro­po­ser un echo/ de­lay à bande in­clus, un sys­tème si­tué à la base du corps de l’am­pli avec une boucle de bande ma­gné­tique qui tour­nait sur elle- même et qui res­ti­tuait un si­gnal. La va­rié­té de sons que cet am­pli à 11 lampes pou­vait pro­duire avec cette boucle ajus­table était éton­nant. C’est un am­pli rare et très re­cher­ché.

J’ima­gine que ces am­plis ont évo­lué, dans leur concep­tion comme dans leur as­pect au fil des an­nées ?

Au dé­but des an­nées 60, les am­plis M- 9 et M- 11 furent rem­pla­cés par le B- 14A, qui avait une concep­tion élec­tro­nique si­mi­laire, mais un corps plus large et des contrôles sur la fa­çade. Ces am­plis avaient leur corps re­cou­vert d’un to­lex ar­gen­té, un ma­té­riau si­mi­laire à ce­lui uti­li­sé à par­tir de 1961 par Ri­cken­ba­cker pour re­cou­vrir ses étuis de gui­tare de cette époque. Les am­plis Ri­cken­ba­cker avec le pré­fixe “M” ont été construits en 1959 et avant ; le pré­fixe B est ar­ri­vé avec la cou­ver­ture en to­lex. Avec une pro­tec­tion en to­lex si­mi­laire à celle re­cou­vrant ses étuis de gui­tares, Ri­cken­ba­cker sui­vait une nou­velle fois le che­min tra­cé par Fen­der.

Un des am­plis les plus rares fut le M- 30 Ek- O- Sound.

La com­pa­gnie cher­chait quand même à se dé­mar­quer de Fen­der ?

Oui, les am­plis Ri­cken­ba­cker, au ni­veau de la concep­tion, se dif­fé­ren­ciaient des am­plis Fen­der de fa­çon si­gni­fi­ca­tive. Tout d’abord, tan­dis que Fen­der

chan­geait sa concep­tion en 1960 pour un concept de châs­sis- corps d’am­pli conçu pour sup­por­ter les trans­for­ma­teurs beau­coup plus lourds de­ve­nus né­ces­saires pour don­ner aux am­plis une puis­sance ac­crue, Ri­cken­ba­cker res­ta fi­gé sur son de­si­gn de châs­sis tout cuivre. Tan­dis que Fen­der fixait les châs­sis de ses am­plis les plus puis­sants de ma­nière qu’ils res­tent en place lors des trans­ports ( Fen­der était tou­jours à l’écoute des sou­haits des mu­si­ciens pro­fes­sion­nels), les châs­sis des am­plis Ri­cken­ba­cker, tou­jours plus grands, étaient fixés au corps par les mêmes quatre pe­tites vis ou par des pe­tits sup­ports en fil de fer. Le ré­sul­tat, c’est que beau­coup d’am­plis Ri­cken­ba­cker ont souf­fert d’une « chute de châs­sis » , une si­tua­tion qui se tra­duit par le fait que le châs­sis se dé­so­li­da­rise de ses vis de fixa­tion, et chute à l’in­té­rieur du corps avec des ré­sul­tats souvent dé­sas­treux pour les lampes sus­pen­dues sous la face in­fé­rieure du châs­sis, et pour le cône du haut- par­leur.

Les am­plis Ri­cken­ba­cker ont- ils bé­né­fi­cié de la vogue des gui­tares de la marque ?

La pointe du suc­cès des am­plis de gui­tares Ri­cken­ba­cker se si­tua vers 1964, ce qui cor­res­pond bien sûr au som­met de po­pu­la­ri­té de la marque Ri­cken­ba­cker et de la pu­bli­ci­té of­ferte aux gui­tares de la marque par John Len­non et George Har­ri­son. À cette époque, la ligne d’am­plis Ri­cken­ba­cker pro­dui­sit le com­bo B- 16 Su­per­so­nic, avec cou­ver­ture en to­lex, l’am­pli et les quatre haut­par­leurs de 10 pouces étant réunis dans un même « com­bo » . Le B- 16 Su­per­so­nic est aus­si sor­ti dans une ver­sion pig­gy­back, avec une tête Su­per­so­nic et un corps d’am­pli. Il exis­tait éga­le­ment une va­ria­tion avec tre­mo­lo de cha­cune de ces confi­gu­ra­tions, l’am­pli B- 16, avec une ver­sion com­bo ou avec tête et corps sé­pa­rés. Mal­heu­reu­se­ment les am­plis Ri­cken­ba­cker de cette époque ont ten­dance à être en des­sous, au ni­veau puis­sance, de leur contre­par­ties de chez Fen­der avec quatre haut- par­leurs de 10 pouces ( les am­plis Concert et Su­per Re­verb). C’est as­sez peu ha­bi­tuel pour les am­plis Ri­cken­ba­cker, mais la tête et le corps des am­plis B- 16 avaient cha­cun un nu­mé­ro gra­vé sur les plaques de sup­port des jacks qui re­liaient l’am­pli au

Beau­coup d’am­plis ont connu une chute de châs­sis...

corps. Bien que cette dé­fonce sur le mé­tal res­semble d’une cer­taine ma­nière à ce qui se fai­sait sur les gui­tares Ri­cken­ba­cker à l’époque, les plaques des am­plis por­taient sim­ple­ment 3 ou 4 chiffres, mais pas de pré­fixe al­pha- nu­mé­rique à deux ca­rac­tères, comme c’était le cas sur toutes les gui­tares Ri­cken­ba­cker pro­duites à par­tir de 1960. De ce fait, ces chiffres n’ont pas grand in­té­rêt quand il s’agit de da­ter l’am­pli. Pour le mu­si­cien qui ne vou­lait pas trans­por­ter un com­bo B- 16 très lourd ou un ar­ran­ge­ment tête/ corps sé­pa­rés, il exis­tait éga­le­ment l’am­pli B- 9A avec un seul haut- par­leur Jen­sen 12 pouces.

C’est à cette époque qu’ap­pa­rurent les am­plis Tran­so­nic ?

La pro­duc­tion des am­plis Ri­cken­ba­cker « stan­dard » – le B- 16 Su­per­so­nic et le B- 9A – s’est ar­rê­tée sou­dai­ne­ment vers 1965. Quelques an­nées plus tard a émer­gé du dé­par­te­ment am­pli­fi­ca­tion de Ri­cken­ba­cker quelque chose de com­plè­te­ment dif­fé­rent, la ligne

d’am­plis Tran­so­nic, qui se dis­tin­guaient par leur am­pleur et leur forme très par­ti­cu­lière. Il s’agis­sait des pre­miers am­pli­fi­ca­teurs Ri­cken­ba­cker à tran­sis­tor ( par op­po­si­tion aux am­plis à lampes). Les pre­miers à adop­ter ces am­plis au look fu­tu­riste furent les groupes de rock Led Zep­pe­lin et Step­pen­wolf, par­mi d’autres. Tou­te­fois ces am­plis, qui étaient chers et très lourds, ne de­vinrent pas as­sez po­pu­laires pour que l’on puisse as­su­rer une pro­duc­tion sur la du­rée.

Et ces am­plis Tran­so­nic exis­taient sous plu­sieurs ver­sions ?

Oui, ils exis­taient sous des confi­gu­ra­tions très di­verses, la plus ba­sique étant le Tran­so­nic 100 avec deux haut- par­leurs de 12 pouces Al­tec- Lan­sing. Il y avait éga­le­ment la sé­rie Tran­so­nic 200, avec une tête sé­pa­rée et un corps qui exis­tait avec une va­rié­té de com­bi­nai­sons de haut- par­leurs, dont une ver­sion avec quatre haut- par­leurs de 12 pouces et une autre ver­sion avec un haut- par­leur de 15 pouces et deux autres de 12 pouces. Ces am­pli­fi­ca­teurs sont très re­cher­chés par les col­lec­tion­neurs au­jourd’hui du fait de leur ap­pa­rence sur­pre­nante aus­si bien que par leur im­por­tance his­to­rique, dans la me­sure où ils furent par­mi les pre­miers am­plis sé­rieux à tran­sis­tors à être uti­li­sés par des mu­si­ciens de re­nom. No­tez la pré­sence de deux ca­naux sur le Tran­so­nic 100, chaque ca­nal ayant des bou­tons de controle push- pull pour les op­tions Pierce, Mel­low, et Hollow, le ca­nal de gauche pro­po­sant éga­le­ment une op­tion Fuzz-tor­tion et un bou­ton de contrôle de fuzz pour At­tack. D’autres ré­glages sous forme de bou­tons- pous­soirs équipent en­core cet am­pli for­mi­dable. La pro­duc­tion fut in­ter­rom­pue en 1969, peu de temps après sa mise en route. Ces am­plis sont ex­trê­me­ment rares, lourds et dif­fi­ciles à trans­por­ter du fait de leur poids et de leur forme longue et en­com­brante.

Les Tran­so­nic furent adop­tés par Led Zep et Step­pen­wolf.

Qu’est- ce qui vous a pous­sé à col­lec­tion­ner les am­plis Ri­cken­ba­cker ?

Je n’avais pas fran­che­ment l’in­ten­tion de me concen­trer sur les am­plis Ri­cken­ba­cker. Mais, tan­dis que ma col­lec­tion de gui­tares pre­nait de l’im­por­tance, lors de mes re­cherches pour lo­ca­li­ser des ins­tru­ments Ri­cken­ba­cker, je re­mar­quais par­fois un rare am­pli Ri­cken­ba­cker et j’avais no­té qu’ils se ven­daient à une frac­tion du prix de leur équi­valent chez Fen­der. Comme re­la­ti­ve­ment peu d’am­plis Ri­cken­ba­cker ont été pro­duits

( si on com­pare avec Fen­der ou Gib­son), je me suis dit qu’il se­rait unique de réunir tous les exemples d’am­plis Ri­cken­ba­cker en même temps que les gui­tares Ri­cken­ba­cker. Donc, comme tout bon col­lec­tion­neur, j’ai com­men­cé à as­sem­bler toute la ligne d’am­plis Ri­cken­ba­cker, et je gar­dais un oeil ou­vert pour trou­ver les pièces man­quantes éven­tuelles. Les mo­dèles M- 12, M- 22 et M- 30 sont les am­plis les plus rares et les plus dif­fi­ciles à ob­te­nir. C’est iro­nique, mais les seuls am­plis Ri­cken­ba­cker d’im­por­tance que je n’ai pas dans ma col­lec­tion sont le tout pre­mier pro­duit, qui s’ap­pe­lait tout sim­ple­ment le “Spea­ker”, qui da­tait de 1934, et le plus gros ja­mais construit, la tête et le corps Tran­so­nic 200 qui da­tait quant à lui de 1968- 69.

Comment fait- on pour ac­qué­rir, en­tre­te­nir et sto­cker une col­lec­tion d’un tel vo­lume ?

J’ai fait l’ac­qui­si­tion de la ma­jeure par­tie de ma col­lec­tion dans les an­nées 1990 et au dé­but des an­nées 2000. À cette époque, ces am­plis pou­vaient être ache­tés pour une frac­tion de ce qu’ils valent au­jourd’hui. Les am­plis à lampe vin­tage ont beau­coup d’élé­ments qui sont fra­giles et qui se dé­gradent avec le temps. À l’in­té­rieur de l’am­pli, il y a les les lampes en verre, qui peuvent se cas­ser ou cra­mer, les com­po­sants élec­triques comme les trans­for­ma­teurs, les conden­sa­teurs et les ré­sis­tances qui sont faits avec de la cire et du pa­pier et qui peuvent se dé­gra­der avec le temps. Il y a des des fils qui peuvent s’ef­fi­lo­cher, en par­ti­cu­lier les câbles d’ali­men­ta­tion ex­ternes. En plus de ce­la, les haut­par­leurs sont consti­tués de cônes de pa­pier qui peuvent se dé­chi­rer et qui de­viennent fra­giles et tombent en miettes si le cli­mat n’est pas fa­vo­rable. Il faut donc dis­po­ser de pièces bien tem­pé­rées avec une tem­pé­ra­ture de 16 ° C et une hu­mi­di­té mo­dé­rée et constante. C’est la clé pour main­te­nir des am­plis vin­tage en condi­tion. C’est aus­si une bonne chose de jouer ces am­plis ré­gu­liè­re­ment pour que du

Les am­plis Tran­so­nic se dis­tin­guaient par leur forme.

cou­rant élec­trique passe dans le sys­tème et le garde ac­tif et ra­fraî­chi. Mais ce point peut vite de­ve­nir un pro­blème lors­qu’on a trop d’am­plis !

J’ima­gine que les ré­seaux so­ciaux ont bien chan­gé les choses dans la vie d’un col­lec­tion­neur ?

Les ré­seaux so­ciaux et la pré­sence en ligne de gui­tares élec­triques comme des basses et am­plis a fait ex­plo­ser la de­mande pour les am­plis vin­tage à la fois comme ou­til de tra­vail pour les mu­si­ciens que comme pièces re­cher­chées pour leur haute va­leur his­to­rique ou sen­ti­men­tale, par­ti­cu­liè­re­ment pour ceux d’entre nous qui ont gran­di dans les an­nées 60. Cer­tains d’entre nous ont ad­mi­ré ces am­plis de loin, car nous ne pou­vions pas nous les of­frir avec notre ar­gent de poche d’ado­les­cents. L’ar­ri­vée de ré­seaux comme ebay ont ren­du l’achat d’un am­pli vin­tage très fa­cile, il suf­fit de quelques clics sur une sou­ris sous ré­serve d’avoir les fonds sur votre compte en banque ! Le mar­ché pour les am­plis vin­tage Ri­cken­ba­cker est très va­riable. La plu­part ne sont pas par­ti­cu­liè­re­ment re­cher­chés, dans la me­sure où il n’y a pas tel­le­ment de col­lec­tion­neurs d’am­plis Ri­cken­ba­cker vin­tage, et peu de mu­si­ciens uti­li­saient des am­plis Ri­cken­ba­cker dans les an­nées 60 et 70. Il n’y a donc pas ce fac­teur « nos­tal­gie » tel qu’il existe pour les am­plis plus po­pu­laires comme Fen­der ou Gib­son. Néan­moins quelques mo­dèles d’am­plis à lampes Ri­cken­ba­cker ont des qua­li­tés so­nores com­pa­rables aux am­plis Fen­der si­mi­laires, et ce­la aide à les vendre. Par

Il n’existe pas de fac­teur « nos­tal­gie » pour ces am­plis...

exemple le mo­dèle M- 8 des an­nées 50 est com­pa­rable au mo­dèle po­pu­laire Fen­der Tweed Champ avec son haut­par­leur de 8 pouces. De la même ma­nière, les am­plis M- 11 et M- 9 sont com­pa­rables au po­pu­laire am­pli Fen­der Tweed De­luxe avec son haut- par­leur de 12 pouces.

Qu’ont pu ame­ner les ré­seaux so­ciaux en de­hors de ces pos­si­bli­tés d’achat et de vente fa­ci­li­tées?

Le par­tage des in­for­ma­tions entre tous les ama­teurs par l’in­ter­mé­diaire des ré­seaux so­ciaux a per­mis d’amé­lio­rer la connais­sance des am­plis et a per­mis éga­le­ment de faire connaître les qua­li­tés des am­plis à lampes vin­tage à une toute nou­velle gé­né­ra­tion de mu­si­ciens. Il faut gar­der à l’es­prit que cer­tains de ces am­plis sont con­si­dé­rés comme un vé­ri­table Graal, vu le type de son qu’ils sont ca­pables de gé­né­rer. De nom­breux construc­teurs ont ten­té de re­pro­duire le son unique lié à cer­tains de ces am­plis vin­tage, mais l’ef­fet com­bi­né de 50 ans d’âge, de la mé­thode de mon­tage point to point à la main et de com­po­sants qui n’existent plus est dif­fi­cile à re­pro­duire et a ren­du cet es­poir qua­si­ment im­pos­sible à réa­li­ser.

Comment et où trou­vez­vous ces pièces ?

Il n’existe pas de fac­teur « nos­tal­gie » pour ces am­plis...

C’est vrai qu’une fois qu’on est em­bar­qué dans la col­lec­tion, une des par­ties les plus amu­santes et qui pose le plus dé­fis consiste à trou­ver la pièce man­quante. Il y a de nom­breuses res­sources pour lo­ca­li­ser les am­plis. L’une d’entre elles reste bien en­ten­du les dea­lers, pra­ti­que­ment tous ont dé­sor­mais un in­ven­taire vi­sible en ligne, et il existe éga­le­ment des sites comme Gbase et Re­verb, deux sites in­ter­net ba­sés aux États- Unis et qui réunissent toutes les an­nonces de dé­pot- ventes ou de ventes

des dea­lers. Et bien sûr il y a tou­jours ebay et les autres ré­seaux so­ciaux men­tion­nés plus haut. Souvent les col­lec­tion­neurs font connais­sance entre eux par l’in­ter­mé­diaire de ces ré­seaux so­ciaux et font part de l’ob­jet de leur re­cherche et de la gui­tare ou de l’am­pli dé­si­ré à tous les autres col­lec­tion­neurs. Cer­tains d’entre eux peuvent être alors dis­po­sés à se sé­pa­rer d’un élé­ment de leur col­lec­tion. Je re­çois moi- même beau­coup de de­mandes de per­sonnes qui viennent vi­si­ter mon site et qui me de­mandent si l’un ou l’autre de mes am­plis est dis­po­nible à la vente. Mais comme mon site existe prin­ci­pa­le­ment pour pou­voir mon­trer ce que j’ai réuni, et seule­ment ce­la, la ré­ponse la plus cou­rante est : « Non, Ce n’est pas à vendre » !

Comment en­vi­sa­gez­vous l’ave­nir de votre col­lec­tion ?

Comme pour toute col­lec­tion qui se res­pecte, il vien­dra un mo­ment où je me di­rai que ça suf­fit ! J’ai la chance de pou­voir mon­trer dans ma col­lec­tion pra­ti­que­ment tous les mo­dèles d’am­plis Ri­cken­ba­cker pro­po­sés par le construc­teur de­puis le dé­but. Mais pour les rai­sons pra­tiques ex­po­sées tout à l’heure, j’ai com­men­cé à me sé­pa­rer des am­plis les plus lourds et les plus puis­sants, car les li­mites de place dans un en­vi­ron­ne­ment adap­té et contrô­lé en terme de tem­pé­ra­ture et d’hu­mi­di­té sont un vrai pro­blème. Je pense que je vais gar­der un pe­tit nombre d’am­plis vin­tage, pro­ba­ble­ment quelques- uns des plus pe­tits com­bos vin­tage, et ce­ci ex­clu­si­ve­ment pour mon usage per­son­nel. Et un jour mes hé­ri­tiers fe­ront sans au­cun doute face aux restes de ma col­lec­tion d’am­plis dans la cave de la mai­son fa­mi­liale...

Ma ré­ponse est : « Non, ce n’est pas à vendre ! »

Un ma­gni­fique exem­plaire d’am­pli Ri­cken­ba­cker « Cu­tout » de 1938. ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe)

Un am­pli M- 16 de 1959 ; c’était l’équi­valent du Bass­man de chez Fen­der, avec ses quatre haut- par­leurs de 10 pouces ( Coll : Ron O’Keefe)

Un M- 16 de 1959 de dos. Le to­lex gris qui le re­couvre res­semble aux ma­té­riaux des caisses Gretsch de l’époque. ( Coll : Ron O’Keefe)

Un mo­dèle M- 98 de dos, on aper­çoit la sé­rie d’en­trées pré­vues pour bran­cher, entre autres, un pho­no­graphe. ( Coll : Ron O’Keefe)

Un très rare M- 98 de 1957, de face, avec ses trois haut- par­leurs Al­ni­co Jen­sen de 6 pouces. ( Coll : Ron O’Keefe)

Un am­pli M- 22 de 1959, le père de tous les am­plis Ri­ckenc­ba­cker. Avec ses 96 cm, c’est le plus grand et le plus lourd ! ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe)

De dos, le M- 22 dé­voile ses deux haut- par­leurs P15N et ses deux twee­ters Jen­sen de 4 pouces dans les angles su­pé­rieurs. ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe)

Le M- 22, ses contrôles et sa poi­gnée. L’am­pli, ra­ris­sime, est en par­faite condi­tion d’ori­gine ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe).

Le pan­neau en­le­vé, le M- 30 dé­voile un haut- par­leur Jen­sen P12N et pas moins de 11 lampes ! ( Coll : Ron O’Keefe)

Le M- 30 Ek- O- Sound de 1960 fut ba­sé sur le fa­meux Echo- So­nic de Ray Butts uti­li­sé par Scot­ty Moore et Chet At­kins. ( Coll : Ron O’Keefe)

Les contrôles sur le M- 30 Ek- O- Sound ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe)

Le sys­tème d’écho à bande de l’am­pli M- 30 ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe)

Un B- 9A de 1965. Les mu­si­ciens qui re­dou­taient le poids du B- 16 se tour­naient vers le B- 9A et son unique haut- par­leur 12 pouces ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe)

Un B- 16A Com­bo de 1964. ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe)

Ron O’Keefe de­vant un mur d’am­plis Ri­cken­ba­cker, une in­fime pro­por­tion de sa col­lec­tion hors- norme. ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe)

Une gui­tare Ri­cken­ba­cker 320 contre un am­pli M- 22. ( Col­lec­tion : Ron O’Keefe)

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