- Play­mate : Gib­son ES- 355TD Mo­no de 1958, par Fran­çois Charle

Vintage Guitare - - EDITO - SOMMAIRE -

l’his­toire : “There’ll Be No Tear­drops To­night” et sur­tout “Lo­ve­sick Blues”. Il res­tait dix mi­nutes dis­po­nibles, et Hank sor­tit de sa be­sace ce titre qu’il avait dé­jà pré­sen­té au pu­blic du Loui­sia­na Hay­ride. Jer­ry Byrd ob­jec­ta qu’il n’était pas car­ré, Rose n’ap­pré­ciait pas la chan­son ( même s’il pré­ten­dit le contraire après qu’elle eut ren­con­tré un suc­cès mo­nu­men­tal), mais le titre fut néan­moins en­re­gis­tré en une prise. La chan­son se re­trou­va au som­met des charts et Williams fut in­vi­té à se pro­duire au Grand Ole Opry, le cou­ron­ne­ment su­prême pour tout chan­teur de coun­try qui se res­pecte. “Lo­ve­sick Blues” fut ac­cueilli par une salle de­bout qui re­fu­sa de le lais­ser par­tir, rare avec ce pu­blic dif­fi­cile. De re­tour à Her­zog le 30 août 1949, Hank al­lait en­re­gis­trer quatre titres, tous des hits : “I’m So Lo­ne­some I Could Cry”, “A House Wi­thout Love”, “I Just Don’t Like This Kind Of Li­vin’” et “My Bu­cket’s Got A Hole In It”.

Back to Castle

Au mois de mars 1949 Hank re­tour­nait au stu­dio Castle de Na­sh­ville et re­trou­vait une équipe com­po­sée de Dale Pot­ter au vio­lon, Zeke Tur­ner tou­jours, et Don Da­vis à la steel. Il en­re­gis­tra “Wed­ding Bells” qui eut la dure tâche de suc­cé­der à Lo­ve­sick Blues ( et qui fut un des rares titres qu’il n’avait pas si­gné), et qui al­la se pos­ter en deuxième place des charts, mais aus­si “Mind Your Own Bu- si­ness”, très proche de “Move it On Over”, “You’re Gon­na Change”, qui fait écho des sou­cis conju­gaux qu’il connaît alors avec Au­drey. Cette re­la­tion qui ar­rive à son terme lui ins­pi­re­ra un de ses titres les plus poi­gnants, “I’m So Lo­ne­some I Could Cry”, en­re­gis­tré quelques mois plus tôt au stu­dios Her­zog, qui

Sa re­la­tion tu­mul­tueuse avec Au­drey lui ins­pi­re­ra quelques- uns de ses titres les plus poi­gnants.

Comme ses com­pa­triotes, il vi­vait entre un quo­ti­dien dis­so­lu et une foi pré­gnante et culpa­bi­li­sante.

pous­sa Bob Dy­lan à écrire : « Même très jeune, je m’iden­ti­fiais à lui. Je n‘ avais ja­mais en­ten­du de rouge- gorge pleu­rer ( comme Williams l’écrit dans la chan­son, NDLR), mais je l’ima­gi­nais et ça me ren­dait triste » . Williams en­re­gis­tra d’autres titres sous le pseu­do­nyme de Luke the Drif­ter, sa foi idéa­li­sée étant vé­hi­cu­lée par un per­son­nage dif­fé­rent de ce­lui qui parle d’al­cool et d’amours illi­cites. Ce dis­tin­guo entre chan­sons du sa­me­di soir et du di­manche ma­tin en dit long sur la re­la­tion am­bi­va­lente que Williams, comme beau­coup de ses com­pa­triotes du Sud vi­vait entre quo­ti­dien dis­so­lu et leur foi pré­gnante et culpa­bi­li­sante. En jan­vier 50, re­tour à Castle avec “Long Gone Lo­ne­some Blues” qui frise l’au­to pla­giat et “Why Don’t We Try Any­more”, avec les mêmes mu­si­ciens qui joue­ront sur ses der­nières séances. En 1951 le chan­teur To­ny Ben­net était le pre­mier d’une longue sé­rie de chan­teurs “cros­so­ver” à re­prendre un de ses titres, “Cold Cold Heart”. Le der­nier titre sor­ti de son vi­vant s’in­ti­tu­lant, de fa­çon trop im­pro­bable pour être or­don­nan­cée, “I’ll Ne­ver Get Out This World Alive”, preuve s’il en était be­soin, même si la titre était un clin d’oeil, que l’ur­gence était bien vé­cue au quo­ti­dien.

Sor­ti après sa mort, ces al­bums pa­rus chez MGM sont par­mi les in­nom­brables sup­ports aux ré­édi­tions mul­tiples de son ré­per­toire. ( Coll. Ch. Sé­gu­ret)

Le sou­rire est franc, quoique mé­lan­co­lique. Dif­fi­cile d’ima­gi­ner le mal- être du chan­teur sur ces cli­chés lis­sés par la pro­mo. ( Pho­to : DR)

Luke The Drif­ter était le pseu­do­nyme uti­li­sé par Hank Williams pour in­ter­pré­ter un ré­per­toire de ré­ci­ta­tifs re­li­gieux très abs­cons pour l’au­di­teur gau­lois... ( Coll. Ch. Sé­gu­ret)

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