Oa­sis ci­ta­dine La start-up des jar­dins par­ta­gés

Dans l'es­prit des jar­dins fa­mi­liaux, Sé­bas­tien Gi­rault met le po­ta­ger et tous s les ou­tils à dis­po­si­tion des ci­ta­dins. Il vise à dé­ve­lop­per un ré­seau so­cial de jar­di­niers agroé­co­lo­giques et à mettre en lo­ca­tion des par­celles de jar­dins clé en main. Cette

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Une dé­marche unique

Le jar­di­nage est une des oc­cu­pa­tions pré­fé­rées des Fran­çais. Les jar­dins fa­mi­liaux fleu­rissent dans les villes et sont sou­vent vic­times de leur suc­cès comme à La Ro­chelle qui compte plus de 800 par­celles culti­vées. La liste d'at­tente compte une cen­taine de de­mandes et il faut pa­tien­ter trois ans pour es­pé­rer tra­vailler un lo­pin de terre. Face à ce constat, Oa­sis ci­ta­dine a pour am­bi­tion d'ou­vrir de nou­velles par­celles à louer. Pour ses dé­buts, elle se concen­tre­ra sur la ville de Mont­pel­lier et ses en­vi­rons. Un po­ta­ger « pi­lote » de­vrait ou­vrir dans quelques se­maines.

Un fonc­tion­ne­ment ba­sé sur le col­lec­tif

Chaque jar­di­nier dis­po­se­ra d'une ving­taine de mètres car­rés. Il sous­cri­ra un abon­ne­ment an­nuel éta­bli sur la base d'un eu­ro le mètre car­ré. Les par­celles culti­vables d'Oa­sis ci­ta­dine se­ront pré­pa­rées, équi­pées d'ar­ro­sage au­to­ma­tique. Des ou­tils se­ront mis à dis­po­si­tion. Un ser­vice d'en­tre­tien pren­dra le re­lai lors de l'ab­sence des usa­gers. Le jar­din se­ra ré­gi par une charte. Chaque jar­di­nier de­vra res­pec­ter les va­leurs de cet es­pace com­mu­nau­taire. L'Oa­sis ci­ta­dine se­ra

un lieu ani­mé. Des ate­liers de for­ma­tion avec des pro­duc­teurs lo­caux se­ront or­ga­ni­sés. Les jar­di­niers pour­ront être sen­si­bi­li­sés à des thé­ma­tiques va­riées comme l'api­cul­ture, le com­pos­tage… La convi­via­li­té se­ra au ren­dez-vous lors des re­pas entre agri­cul­teurs en herbe.

La nais­sance d'un ré­seau so­cial pour jar­di­niers

Pour les novices en bê­chage, Oa­sis ci­ta­dine va dé­ve­lop­per une pla­te­forme en ligne qui se­ra gar­nie de bons conseils et de ser­vices. Tel un blog, les usa­gers pour­ront par­ta­ger leurs pho­tos, leur sa­voir, leurs bons plans ou en­core leurs tra­cas. Les jar­di­niers « geeks » pour­ront at­ta­quer leurs plan­ta­tions via un po­ta­ger vir­tuel gui­dé par un agri­coach qui per­met­tra d'ex­pé­ri­men­ter cer­taines cultures.

Le fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif fait pous­ser l'Oa­sis ci­ta­dine

Sé­bas­tien Gi­rault a ré­col­té 9 000 eu­ros par le biais du crowd­fun­ding pour fi­nan­cer ce pro­jet. Agé de 25 ans, le jeune homme a tra­vaillé comme char­gé d'af­faires à la Banque pu­blique d'in­ves­tis­se­ment. Sen­sible à l'éco­lo­gie, ce di­plô­mé de l'école de com­merce de Reims a lan­cé la start-up avec l'aide d'Al­ter'In­cub, in­cu­ba­teur d'in­no­va­tion so­ciale et de son père, in­gé­nieur en in­for­ma­tique à la re­traite.

Un pre­mier suc­cès

Oa­sis ci­ta­dine a rem­por­té la fi­nale du Challenge Détours. Une page Fa­ce­book @Oa­sisCi­ta­dine est ac­tua­li­sée tous les jours. La start-up re­cherche du fon­cier. L'ob­jec­tif est de re­va­lo­ri­ser des par­celles pri­vées ou pu­bliques non uti­li­sées. 300 lieux po­ten­tiels ont été iden­ti­fiés pour amé­na­ger des Oa­sis Ci­ta­dines sur Mont­pel­lier. Près de 400 pré-ins­crip­tions au ré­seau so­cial sont à l'étude.

L'épo­pée des jar­dins fa­mi­liaux

La Fé­dé­ra­tion Na­tio­nale des Jar­dins Fa­mi­liaux et Col­lec­tifs a plus de 120 ans. En 1920, la Ligue compte 47 000 jar­dins ou­vriers ré­par­tis sur tout le ter­ri­toire. De­puis les an­nées 90, la de­mande ex­plose. Les jar­dins fa­mi­liaux ont ré­in­ves­ti le coeur des villes avec une mis­sion : créer et ren­for­cer le lien so­cial. Pour faire face à la de­mande nou­velle, les jar­dins fa­mi­liaux s'adaptent : la taille des par­celles di­mi­nue et les amé­na­ge­ments évo­luent. Il y a 30 ans, les par­celles avaient une sur­face moyenne de 300 m², au­jourd'hui elle est d'en­vi­ron 100 m². Dans le centre des villes, la sur­face des jar­dins peut être in­fé­rieure à 50m² (par­celles en pied d'im­meuble no­tam­ment) et les mi­cro-par­celles sont de plus en plus re­cher­chées (car­rés po­ta­gers de 2 m²).

Jar­dins fa­mi­liaux ou par­ta­gés ?

« Les jar­dins fa­mi­liaux sont des lo­tis­se­ments de par­celles gé­rés par une as­so­cia­tion mis à dis­po­si­tion des jar­di­niers afin qu'ils en jouissent pour leurs loi­sirs et les cultivent pour les be­soins de leur fa­mille, à l'ex­clu­sion de tout usage com­mer­cial ». ( Dé­fi­ni­tion de la Fé­dé­ra­tion Na­tio­nale des Jar­dins Fa­mi­liaux). A la dif­fé­rence, un jar­din par­ta­gé est un jar­din conçu et culti­vé col­lec­ti­ve­ment par les ha­bi­tants d'un quar­tier d'un vil­lage ou d'une com­mu­nau­té. Il peut être un lieu de vé­ri­table pro­duc­tion ou sim­ple­ment de ren­contre.

Un phé­no­mène mon­dial

D'après la FAO (Or­ga­ni­sa­tion des Na­tions unies pour l'ali­men­ta­tion et l'agri­cul­ture), l'agri­cul­ture ur­baine et pé­ri­ur­baine (AUP) se­rait pra­ti­quée par 800 mil­lions de per­sonnes dans le monde. La ville de Pa­ris pos­sède plus d'une cin­quan­taine de jar­dins par­ta­gés. De Dé­troit à Shan­gaï, les pro­jets se mul­ti­plient.

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