AGATHE BONITZER À LA GRANDE MOS­QUÉE

L’en­droit dé­clenche for­cé­ment une im­pres­sion d’ailleurs. Le voyage, le dé­pay­se­ment se font dès le fran­chis­se­ment de l’im­po­sante porte de la Grande Mos­quée. Agathe Bonitzer, qui n’aime pas être où on l’at­tend, a choi­si ce lieu où cha­cun peut y trou­ver quel

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Der­rière cette en­ceinte, trou­ver la spi­ri­tua­li­té et la connais­sance, la mé­moire et la mo­der­ni­té, le blanc et la cou­leur, l’ar­chi­tec­ture et la na­ture, le marbre et les zel­liges… le calme et la fer­veur. Agathe conserve de la Grande Mos­quée un sou­ve­nir ex­trait de l’en­fance. À l’époque, elle s’y pro­me­nait. Au­jourd’hui, elle y re­vient pour son dé­pay­se­ment. L’ins­ti­tut s’ins­crit pai­si­ble­ment dans le pay­sage du Jar­din des Plantes et du Mu­séum na­tio­nal d’Histoire na­tu­relle, entre na­ture et culture. « Des lieux comme ce­lui-ci mettent en va­leur toute la di­ver­si­té de Pa­ris. Cette ville s’or­ga­nise comme les quar­tiers d’une man­da­rine, il y en a vrai­ment pour tous les goûts. Je trouve les jar­dins pa­ri­siens plu­tôt tristes ; ce­lui ci est beau, calme, dé­pay­sant. Il me fait pen­ser aux jar­dins de l’Al­ham­bra. Et puis, la cu­rio­si­té s’y dé­place d’un en­droit à l’autre, du cultu­rel au cultuel. » Cha­cun de ses rôles ac­com­pagne un che­mi­ne­ment vers elle-même. Dans La Belle et la Belle, sor­ti cette an­née, elle fait un pas vers la co­mé­die. Ce rôle des­si­né pour elle par sa mère, la réa­li­sa­trice So­phie Fillières, la pro­jette dans le fu­tur. L’histoire pré­sente deux per­son­nages qui n’en sont qu’un. Mar­gaux (San­drine Kim­ber­lain) est pro­fes­seur d’histoire-géographie. Lors d’une fête, elle se re­trouve à cô­té d’une jeune fille (Agathe Bonitzer) avec la­quelle elle se trouve des si­mi­li­tudes. Comme elle, elle s’ap­pelle Mar­gaux et comme elle, elle est en re­cherche d’elle-même. Si­mi­li­tudes il y a, puisque c’est elle vingt-cinq ans plus tôt... Le temps est pas­sé par là et, d’une même per­sonne, il fait toute la dif­fé­rence. « Jouer me fait du bien. Ça m’apaise et me rend heu­reuse. C’est for­ma­teur d’al­ler se cher­cher ailleurs. » Ci­né­phile dans le sang, Agathe est la fille du ci­néaste et scé­na­riste Pas­cal Bonitzer et de la réa­li­sa­trice So­phie Fillières. Ajou­tons au por­trait de fa­mille, sa tante, l’ac­trice Hé­lène Fillières. Agathe a ren­con­tré la ca­mé­ra à l’âge de 8 ans et n’a ces­sé de­puis, d’ou­vrir son jeu. Après le Con­ser­va­toire et les études en Lettres mo­dernes, l’aven­ture ci­né­ma­to­gra­phique s’ajuste. Suite à Pe­tites cou­pures (en 2003), elle re­trouve son père (en 2006) dans Je pense à vous et (en 2008) avec Le Grand Ali­bi, à cô­té de Lam­bert Wil­son, Pierre Ar­di­ti, Va­le­ria Bru­ni Te­des­chi… Re­pé­rée pour la qua­li­té de son jeu et de ses choix, on la re­trouve dans La Belle Per­sonne de Ch­ris­tophe Ho­no­ré, au­près de Léa Sey­doux et Louis Gar­rel. Puis, elle joue avec Chia­ra Mastroianni dans Un chat un chat, sous la di­rec­tion de sa mère. En 2009, elle re­joint Jacques Doillon dans Le Ma­riage à trois avec Ju­lie De­par­dieu, Pas­cal Greg­go­ry et Louis Gar­rel. En 2010, Bus Pal­la­dium lui donne ac­cès à un pu­blic plus large. Nou­velle mon­tée en puis­sance en 2012, Agathe se re­trouve en tête d’af­fiche de deux films : Une bou­teille à la mer et À moi seule… En 2015, elle est No­ra Sa­tor dans Tout de suite main­te­nant de Pas­cal Bonitzer. Même si elle s’est com­po­sée sa fa­mille ci­né­ma­to­gra­phique, Agathe ap­pré­cie la fraî­cheur de vue des jeunes réa­li­sa­teurs. Bêtes Blondes, pre­mier long mé­trage de Maxime Ma­tray et Alexia Wal­ther, avec Tho­mas Sci­me­ca et Ba­sil Meuilleu­rat, en est un bel exemple. Cô­té pro­jet, on de­vrait la re­trou­ver pro­chai­ne­ment dans une sé­rie française.

LA GRANDE MOS­QUÉE DE PA­RIS

Si l’idée d’un Ins­ti­tut mu­sul­man de la mos­quée de Pa­ris re­monte à 1849, c’est le 19 oc­tobre 1922 qu’il est inau­gu­ré. Le lieu al­lait concré­ti­ser le lien et l’ami­tié entre la France et l’Is­lam, mais aus­si la re­con­nais­sance de la France pour les mil­liers de mu­sul­mans tom­bés lors de la Grande guerre ( 1914- 1918). Consi­dé­rée comme un écrin, re­pré­sen­tant le monde mu­sul­man dans sa foi et sa culture, la Grande Mos­quée est ou­verte à la vi­site (hor­mis les salles de prières et de mé­di­ta­tion) tous les jours sauf le ven­dre­di et jours de fêtes mu­sul­manes, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Un res­tau­rant tra­di­tion­nel, un salon de thé, un ham­mam et une bou­tique ac­com­pagnent ce bel en­semble.

PAR Mar­tine Duteil P HOTOS Ca­role Bel­laïche

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