Un rê­ve à 4200 mè­tres d’al­ti­tu­de

Vocable (Espagnol) - - Édito Sommaire -

Vert ment­he, ro­se su­cré, jau­ne so­leil com­po­sent un ka­léi­dos­co­pe de couleurs et de for­mes géo­mé­tri­ques sur les faça­des des im­meu­bles de El Al­to, gi­gan­tes­que ban­lieue de La Paz de 1,6 mi­llions d’ha­bi­tants. El Al­to a ac­cuei­lli les pay­sans ay­ma­ras qui ont fui la pau­vre­té du mon­de ru­ral pour de­ve­nir com­me­rçants. Cet­te vi­lle est dé­sor­mais le sym­bo­le de l’or­gueil des in­di­gè­nes. Le gé­nie de cet­te trans­for­ma­tion se nom­me Freddy Ma­ma­ni. L'in­gé­nieur de la cons­truc­tion à suc­cès est lui-mê­me un an­cien maçon pau­vre. Sous sa ba­guet­te de ma­gi­cien, plus de 60 pro­jets ont sur­gi de te­rre en dix ans. Ses cons­truc­tions sur­nom­mées «Cho­lets», jeu de mots en­tre «cho­los» qui dé­sig­ne pé­jo­ra­ti­ve­ment les Bo­li­viens in­di­gè­nes et «cha­lets», em­prun­tent for­mes et couleurs à la cos­mo­go­nie an­di­ne mais aus­si à la science-fic­tion. Les faça­des fu­tu­ris­tes de la Me­tro­po­lis de Freddy se­raient un hom­ma­ge aux films Trans­for­mers. La for­te iden­ti­té ar­chi­tec­tu­ra­le a pu in­com­mo­der les pu­ris­tes tant elle sem­ble dé­fier par ses couleurs kitsch

l’es­ta­blish­ment de la ca­pi­ta­le La Paz. Elle re­flè­te néan­moins l’or­gueil d’une bour­geo­isie ay­ma­ra qui s’est cons­ti­tuée sous la pré­si­den­ce d’Evo Mo­ra­les et sous un cli­mat éco­no­mi­que fa­vo­ra­ble. Ces mai­sons de six éta­ges ne sont pas seu­le­ment le fruit d’un ca­pri­ce psy­ché­dé­li­que. Elles sont co­nçues en ac­cord avec le mo­de de vie ay­ma­ra, ac­cuei­llant au rez-de-chaus­sée un lo­cal com­mer­cial, une sa­lle de bal et de ré­cep­tion au deu­xiè­me éta­ge. L'ima­ge su­rréa­lis­te du poè­te Paul Eluard « La te­rre est bleue com­me

une oran­ge » s'est fai­te réa­li­té dans la plus hau­te vi­lle du mon­de !

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