Un HOMME, un Style

Ce créa­teur ja­po­nais a fon­dé la marque Vis­vim. Deux syl­labes sy­no­nymes d’un style taillé pour les pu­ristes au­quel on croit comme à une re­li­gion. Am­bas­sa­deur idéal, belle gueule peu pro­lixe, Hi­ro­ki Na­ka­mu­ra creuse son sillon aty­pique et zen.

VOGUE Hommes International - - SOMMAIRE - Par gIl­dAS StE­wARt Pho­to­graphe yA­Suyu­kI tA­kA­gI

Es­cale à To­kyo chez Hi­ro­ki Na­ka­mu­ra, le fon­da­teur de la marque Vis­vim.

— « Je ne suis pas un créa­teur, juste un type qui fait des pro­duits », dit Hi­ro­ki Na­ka­mu­ra. To­kyoïte d’ori­gine, un faux air de John­ny Depp, les che­veux noirs at­ta­chés et les yeux per­çants sou­vent plan­qués sous verres fu­més, le fon­da­teur de la très adu­lée marque Vis­vim a sur la mode un point de vue on ne peut plus ra­di­cal. Après avoir col­la­bo­ré avec des la­bels de sport ( Kaws, Mas­ter­mind, Bur­ton … ), il a fon­dé Vis­vim pour être au plus près de l’au­then­ti­ci­té qu’il re­cher­chait, en vain. Du coup, il oc­cupe seul un ailleurs bien à lui sur le terrain du style. « J’aime les vê­te­ments ou les ac­ces­soires qui vieillissent avec moi, qui m’ac­com­pagnent, et qui de­viennent plus in­té­res­sants en­core quand ils sont mar­qués par la pa­tine du temps. »

Qua­li­té ver­ti­gi­neuse, ver­tus de confort, sens pra­tique, écorce sobre et ori­gi­nale : la non–mode de cet ar­ti­san du corps a tom­bé les pu­ristes fa­shion, sen­sibles à sa phi­lo­so­phie, qui lui dressent un au­tel de To­kyo à Pa­ris en pas­sant par Los An­geles et Londres. Chaus­sures aux formes or­ga­niques, chi­nos et sa­lo­pettes de pê­cheur in­di­go, sable ou ar­doise, va­reuses en ox­ford im­ma­cu­lé ou ciel, t–shirt en patch­work, sa col­lec­tion homme pour cet été com­pose la base d’une garde–robe in­cre­vable, qui signe une al­lure hype, bo­hème et low pro­file. Ba­sé entre To­kyo et New York qu’il aime pour son éner­gie et son mix de cultures et qu’il sillonne à vé­lo de Manhattan au Vil­lage, Hi­ro­ki Na­ka­mu­ra créé en pen­sant à lui–même. « Quand j’ima­gine un vê­te­ment, je me de­mande sys­té­ma­ti­que­ment si je le por­te­rais, si je me sen­ti­rais bien voire heu­reux quand je l’au­rai sur le dos. J’ai be­soin d’une connexion émo­tion­nelle avec le vê­te­ment. C’est tou­jours ça le test fi­nal. »

« Un mot ré­sume par­fai­te­ment mon Un style style. La li­ber­té. »

« Je ne porte qua­si­ment que les proBa­si­qUes duits Vis­vim. J’ai d’ailleurs créé ma marque à l’âge de 29 ans parce que je ne trou­vais nulle part ce que je re­cher­chais. Des bons pro­duits agréables à re­gar­der et qui durent. »

«Là en­core, Vis­vim. Mais je n’ai Red ca Rpet pas de for­mule par­ti­cu­lière pour les soi­rées de ce genre. Der­niè­re­ment, j’ai por­té un de mes man­teaux pré­fé­rés, dou­blé en peau de mou­ton que j’ai bap­ti­sé “Lha­mo Robe”. Il est ins­pi­ré d’un pei­gnoir ti­bé­tain. »

« Je n’en ai pas dans la OB­ses­siOn me­sure où je ne suis pas ob­sé­dé par la mode. J’aime por­ter des pièces, en­core une fois, dans les­quelles je me sens bien et ça n’a rien à voir avec des marques ou la mode. Si je dois par­ler d’ob­ses­sion, alors oui, je suis ob­sé­dé par les bons pro­duits, bien réa­li­sés, des pro­duits ima­gi­nés pour un usage pré­cis, avec du sens. Ça leur donne une âme, de l’au­then­ti­ci­té. »

« J’ai des pièces spé­ciales. Bi­jOUx Quelques col­liers créés par ma femme avec des perles de tur­quoise vin­tage, des co­quillages, des perles de verres an­ciennes qui ser­vaient au troc. J’ai aus­si des bra­ce­lets– joncs an­tiques Na­va­jo en ar­gent. »

« Je ne suis pas ob­sé­dé par la mode. J’aime por­ter des pièces dans les­quelles je me sens bien et ça n’a rien à voir avec des marques ou la mode. »

« Je suis un in­con­di­tion­nel Vin­taGe du vin­tage. Mes créa­tions ont tout à voir avec le vin­tage parce que je rêve qu’elles ra­content une his­toire. La chance que nous avons au­jourd’hui, c’est de pou­voir sillon­ner le monde et d’avoir ac­cès à des pièces ty­piques tra­di­tion­nelles de dif­fé­rents pays et d’être con­fron­tés en di­rect à des cultures fas­ci­nantes. Un exemple. J’ai ren­con­tré le gar­dien d’une ré­serve. Il m’a ap­pris com­ment les ti­pis étaient conçus. À par­tir de peaux de buffles cou­sues en­semble avec les ten­dons de l’ani­mal. Fas­ci­nant. »

« J’uti­lise tou­jours le même. Un sac en sac cuir, de la peau de cerf tan­née avec des pro­duits vé­gé­taux et teint avec de la boue. On di­rait un sac de mé­de­cin. Je mets à l’in­té­rieur tout ce dont j’ai be­soin, comme un grand por­te­feuille. Je le porte tous les jours. »

« Je ne pars ja­mais

VoyaGe sans ma gui­tare. Je passe beau­coup de temps en tran­sit dans les aé­ro­ports et jouer d’un ins­tru­ment, c’est comme de la mé­di­ta­tion. Ça me calme les nerfs, éclair­cit mon es­prit, ça ra­len­tit le cours des choses. »

« Je voyage trop pour avoir une

Groo­minG rou­tine. Rien à si­gna­ler de par­ti­cu­lier. Si ce n’est que je ne quitte ja­mais mes ci­seaux pour tailler ma barbe. Et j’uti­lise de l’huile d’olive pour nour­rir mes che­veux. Pas de sport non plus, juste un peu de stret­ching chaque ma­tin. »

« Je m’abs­tiens de man­ger de

ré­Gime la viande rouge et de la vo­laille. Je ne bois pas et je ne fume pas. » « Être fi­dèle à soi–même. »

le comble du luxe

« J’es­saie de

Que Voyez– Vous dans le mi­roir ? voir un petit gar­çon. Moi en­fant … »

Vhi

« Mes créa­tions ont tout à voir avec le vin­tage parce que je rêve qu’elles ra­content une his­toire. »

Hi­ro­ki Na­ka­mu­ra est le pre­mier af­fi­cio­na­do de sa marque qu’il porte au quo­ti­dien.

Le créa­teur dans son sho­wroom– ate­lier de To­kyo. Au­tour du cou, des col­liers créés par sa femme à par­tir de perles de verre, tur­quoise vin­tage et autres co­quillages.

Hi­ro­ki Na­ka­mu­ra ne voyage ja­mais sans sa gui­tare ( en haut, à gauche ). Jouer est le meilleur moyen de s’éva­der. Pour sillon­ner les rues de To­kyo, le créa­teur en­fourche une « In­dian Chief » dans son jus.

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