Dries en Di­rect

VOGUE Hommes International - - TENDANCES - « Dries Van no­ten ins­pi­ra­tions » jus­qu’au 31 août au mu­sée des Arts dé­co­ra­tifs ( Pa­ris ).

—De­puis le 1er mars, Dries Van no­ten a in­ves­ti le mu­sée des Arts dé­co­ra­tifs avec une ex­po­si­tion pen­sée comme un dia­logue entre ses créa­tions et ses ins­pi­ra­tions (mode, ci­né­ma, arts plas­tiques…). La bal­lade, d’une grande beau­té, laisse écla­ter la poé­sie du créa­teur an­ver­sois qui de­puis près de trente ans au­to­rise les hommes à une sub­tile fan­tai­sie. Com­ment ré­su­me­riez– vous l’ex­po­si­tion qui vous est consa­crée aux Arts dé­co­ra­tifs ? C’est très per­son­nel, voire in­time. Je dé­voile mes ins­pi­ra­tions, ce qui me touche. Les gens pour­ront se fi­gu­rer com­ment je crée. À cô­té de mes vê­te­ments, il y au­ra des oeuvres d’art, d’Eli­za­beth Pey­ton à Bron­zi­no, de Yves Klein à Fran­cis Ba­con. Il y a une très belle toile de Thier­ry de Cordier, un pay­sage de mer in­croyable. J’ai aus­si été chiner dans les ar­chives mode des Arts dé­co : Ba­len­cia­ga, Dior, Schia­pa­rel­li sont au ren­dez–vous ain­si que les créa­teurs des an­nées 1980, Yoh­ji Ya­ma­mo­to, Thier­ry Mu­gler, Jean Paul Gaul­tier, Gian­ni Ver­sace. Le dé­but des an­nées 1980 re­pré­sente une pé­riode très im­por­tante pour moi car j’étais étu­diant à l’aca­dé­mie d’An­vers et la créa­ti­vi­té était dé­bri­dée. C’est le mo­ment char­nière où elle a mi­gré de la haute cou­ture au prêt–à–por­ter. Ce n’est pas rien, car du coup, les jeunes pou­vaient en­fin s’of­frir des vê­te­ments dingues. Quelle pièce est la plus insolite de cette ex­po­si­tion ? Peut–être la paire de bottes que Pierre Car­din a ima­gi­née pour le ba­ron de Re­dé à l’oc­ca­sion du bal orien­tal. Que re­pré­sente Pa­ris pour vous ? La mode, in­con­tes­ta­ble­ment. Pa­ris est une ville qui mange beau­coup d’éner­gie. Vivre ou sur­vivre à Pa­ris, c’est in­tense. Il y a trop de choses à voir, trop d’in­fluences entre les ex­po­si­tions, les gens dans la rue, ou dans le mé­tro. Ça me fa­tigue. Je suis content de ren­trer chez moi, à An­vers. L’an­née pro­chaine, vous fê­te­rez les trente ans du lan­ce­ment de vos col­lec­tions homme. Com­ment voyez– vous l’évo­lu­tion de la mode au cours de ces an­nées ? Les an­nées 1980 ont été d’une in­croyable li­ber­té, d’une grande exu­bé­rance pour les hommes. No­tam­ment grâce à Jean Paul Gaul­tier. Les an­nées 1990 ont un peu éteint tout ça. On a re­çu le mi­ni­ma­lisme, la for­mule cos­tume noir et t– shirt noir ou blanc de plein fouet. Au­jourd’hui, j’ai le sen­ti­ment que les hommes osent à nou­veau. Sans tom­ber dans l’ex­tra­va­gance, je sens un re­tour de la fan­tai­sie. Par pe­tites touches. Quel vê­te­ment au­riez– vous rê­vé d’in­ven­ter ? Le jean bien sûr. C’est le vê­te­ment ma­gique. C’est quoi l’élé­gance au­jourd’hui ? Se sen­tir bien et mon­trer qu’on se sent bien. L’homme Dries de cet été, il au­ra l’air de quoi ? Un homme fleu­ri.

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