« Dans cent ans, on nous blâ­me­ra si nous lais­sons toute cette faune sau­vage dis­pa­raître sans ré­agir. »

VOGUE Hommes International - - LES PORTES DU -

Tout l’éco­sys­tème a alors com­men­cé à s’ef­fon­drer. Des Bow­den a mon­té le KCWA ( Ku­ru­wi­tu Conser­va­tion and Wel­fare As­so­cia­tion ) en 2003. L’as­so­cia­tion s’est don­né pour mis­sion de pro­té­ger et gé­rer les res­sources na­tu­relles, cultu­relles et his­to­riques de cette ré­gion de la côte ke­nyane, au nord de Mom­bas­sa. Le KCWA a ré­cem­ment si­gné un mé­mo­ran­dum d’en­tente avec le Beach Ma­na­ge­ment Unit pour gé­rer une bande lit­to­rale de dix ki­lo­mètres qua­li­fiée de « zone de sau­ve­garde es­sen­tielle ». À l’in­té­rieur de cette zone, on trouve des jar­dins de co­raux, une énorme va­rié­té d’es­pèces de pois­sons, des nids de tor­tues, des plages in­tactes, des fo­rêts cô­tières et une com­mu­nau­té qui croit qu’elle a plus avan­tage à pro­té­ger cette por­tion du lit­to­ral qu’à l’ex­ploi­ter. Des Bow­den pour­suit : « Pour ob­te­nir le suc­cès du projet à long terme, il fal­lait éla­bo­rer un scé­na­rio ga­gnant–ga­gnant qui sau­rait conci­lier pro­grès éco­lo­giques et moyens de sub­sis­tance pour les ha­bi­tants. La po­pu­la­tion lo­cale était cen­sée aban­don­ner en par­tie son gagne–pain, elle de­vait ti­rer avan­tage de ce sa­cri­fice. »

La sau­ve­garde de l’Afrique de l’Est dé­pend énor­mé­ment de ce genre d’ini­tia­tives lo­cales me­nées par les com­mu­nau­tés, aux cô­tés des ac­tions en­ga­gées par les or­ga­ni­sa­tions in­ter­na­tio­na­le­ment re­con­nues et fi­nan­cées à l’échelle mon­diale. L’an­née der­nière le Tusk Award pour la sau­ve­garde a été dé­cer­né à Tom La­lam­paa : il a su né­go­cier la paix entre di­vers groupes tri­baux au nord du Ke­nya. Tom La­lam­paa a joué un rôle clé dans la créa­tion d’un sec­teur sau­ve­gar­dé de plus de 12 000 ki­lo­mètres car­rés sous l’égide du North Ran­ge­lands Trust, au bé­né­fice de plus de 150 000 per­sonnes. Re­ce­vant le prix, La­lam­paa a par­lé de l’im­por­tance du sou­tien des com­mu­nau­tés lo­cales pour as­su­rer l’ave­nir de la ré­gion, trans­for­mer la vie des gens, as­su­rer la paix et pré­ser­ver la faune sau­vage, et il a ter­mi­né son ap­pel par les mots sui­vants en kis­wa­hi­li : « Ama­ni hai­pa­ti­ka­ni bi­la tha­ma­ni. » La paix coûte cher, mais elle vaut lar­ge­ment cette dé­pense.

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