ROY HALSTON

VOGUE Hommes International - - TENDANCES - LE DAN­DY

C’est l’un des noms de marques amé­ri­caines les plus pé­rennes : Halston. Le nom qui claque. Le sou­rire d’un pré­sen­ta­teur de jeux té­lé ita­lien. L’ar­ti­cu­la­tion d’un duc avec du thé chaud dans la bouche. La pres­tance d’un gi­go­lo de type Ritz. La mâ­choire Gi­lette, le sour­cil peut–être un peu trop des­si­né. Le cul mou­lé. Un carnet d’adresses rem­pli des Liz et Liza de l’époque ( Tay­lor et Min­nel­li ). On se de­mande com­bien de films on pour­rait faire sur la vie d’Halston. Sur les vieux cli­chés, on le voit re­cou­vert de con­fet­tis avec Saint Laurent et Nan Kemp­ner, don­nant le bras à Bian­ca Jag­ger in­dif­fé­rente. On se de­mande le nombre de va­che­ries qu’il pou­vait sor­tir à la mi­nute vers 3 heures du ma­tin au Stu­dio 54 …

Le nom Halston est dans les limbes de­puis sa dis­pa­ri­tion : le ca­davre le plus chic de la mode amé­ri­caine a chan­gé de mains plus de cinq fois. Une di­zaine de créa­teurs et sty­listes ont ten­té de don­ner de leur souffle dans la marque. Sans réel suc­cès. Né en 1923, son pre­mier tour de ma­gie avait été de des­si­ner le cha­peau boîte de bon­bons de Ja­ckie K. pour le jour d’in­ves­ti­ture de JFK. An­dy Wa­rhol dé­cri­vait ses dé­fi­lés de mode comme « la forme d’art des an­nées 1970 ». Des vê­te­ments qui ont éton­nam­ment ré­sis­té et res­tent fran­che­ment à la mode. Il tue l’es­thé­tique hip­pie dans l’oeuf et re­vient à des formes plus clas­siques et sexuées, en crêpes et mous­se­lines, ins­pi­rées par son maître Cris­to­bal Ba­len­cia­ga mais amé­ri­ca­ni­sées. Son hé­ri­tage de mode conti­nue d’être évo­qué for­te­ment chaque sai­son chez ses col­lègues ad­mi­ra­tifs Tom Ford, Ralph Lau­ren et Mi­chael Kors.

Dans les an­nées 1980, des li­cences de draps, par­fums à la louche, im­per­méables, ta­pis, va­lises et sacs à main fi­nissent de po­pu­la­ri­ser son nom dans toutes les couches de la so­cié­té, jus­qu’à une qua­si–di­lu­tion de son au­ra. Im­men­sé­ment riche, Halston semble vivre sur une nappe phréa­tique de cham­pagne. Tra­vailleur fou, il reste au stu­dio jus­qu’à mi­nuit tous les soirs. Puis il va à son se­cond bu­reau, le Stu­dio 54. La re­cons­ti­tu­tion fil­mée de ses af­te­rhours dans son ap­par­te­ment de la 63e Rue fe­ra sans doute l’ob­jet d’une clas­si­fi­ca­tion spé­ciale de la cen­sure. Halston est mort du si­da en 1990, lais­sant der­rière lui une ima­ge­rie écla­tante et ob­jet de mo­no­gra­phie.

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