« Fil­mer la nuit,

VOGUE Hommes International - - NIGHT -

La mu­sique oc­cupe une place très im­por­tante dans vos films,ms, et l’on ima­gine que dans votre vie aus­si. Com­ment la consom­mez–mez– vous ? J’en écoute la nuit pour dan­ser, me perdre, m’aban­donXD ner, mais sur­tout le jour, en par­ti­cu­lier dans les taxis. Même quand j’y suis avec un ami, je lui de­mande de m’ex­cu­ser, et je mets mes écou­teurs. C’est mon cô­té égoïste et aso­cial … La mu­sique que j’écoute, c’est sou­vent celle sur la­quelle j’ima­gine em­bras­ser quel­qu’un, ou celle sur la­quelle j’ima­gine des gens faire quelque chose dans mes films. Pour qu’une chan­son me plaise, il faut que je lui trouve une fonc­tion, une va­leur d’usage. Il faut qu’elle donne libre cours à mon ima­gi­na­tion..

De­puis votre pre­mier film, que vous avez tour­né à 19 ans, ns, vous VH n’avez presque ja­mais ces­sé de pas­ser d’un projet à l’autre. Avez–z– vous néan­moins pu vous ac­cor­der un peu de temps de­puis ? Il n’y a qu’entre Les Amours ima­gi­naires et Lau­rence XD Any­ways que j’ai pu jouir de quelques mois de congé, ce dont j’ai pro­fi­té pour dé­ve­lop­per plu­sieurs dé­pen­dances à cer­taines drogues. Dont je suis au­jourd’hui gué­ri, heu­reu­se­ment. .

Ce qui vous amène à en­chaî­ner aus­si vite, est– ce l’ap­pé­tit créa­tif ré­atif ou VH le cadre, la dis­ci­pline, la dis­trac­tion peut– être ? Que vous ap­porte un tel rythme ? Je n’ai pas l’im­pres­sion de m’être im­po­sé quoi que ce XD soit. J’ai avan­cé au rythme de mon dé­sir. J’avais un be­soin de créer, et c’est ça qui en­traîne le dé­sir. Après avoir ter­mi­né Mom­my, pour la pre­mière fois de­puis long­temps, je ne res­sen­tais pas vrai­ment ce be­soin, je n’ai pas eu le sen­ti­ment qu’un projet pour­rait m’em­por­ter au point de sa­cri­fier ma vie ami­cale et sen­ti­men­tale, ma san­té, comme ça avait pu ar­ri­ver. Il va sans doute me fal­loir un peu plus de temps que par le pas­sé, même si ça m’em­bête, parce que quand je ne tra­vaille pas, je tourne en rond. Mais mon pro­chain projet, qui se­ra la pre­mière pro­duc­tion amé­ri­caine de ma car­rière, va être en de­ve­nir de 11 ans se re­trouve pu­blique. Ce­la pro­voque un tol­lé, dont per­sonne ne res­sort in­demne. J’en­tends y me­ner une ré­flexion sur la po­pu­la­ri­té, la ma­ni­pu­la­tion de l’opi­nion pu­blique par les médias. Sur l’in­ti­mi­té aus­si, la fa­çon dont la fa­mille de gens connus ré­agit à la no­to­rié­té. Si l’on veut exa­gé­rer et am­pli­fier, ce­la ra­conte un peu mon rap­port à ce que j’ai vé­cu ces six der­nières an­nées, même si c’est une his­toire que j’ai in­ven­tée de A à Z.

Dif­fi­cile de vous écou­ter la ra­con­ter sans son­ger à cette lettre, ex­hu­mée VH sur In­ter­net après le der­nier Fes­ti­val de Cannes, que vous aviez écrite à Leo­nar­do DiCa­prio quand vous aviez 8 ans … Dans ma tête, ça n’a au­cun rap­port avec le film que j’ai XD écrit. Et en même temps si, for­cé­ment. Mais vous sa­vez, j’ai écrit beau­coup de lettres. J’ai écrit à Su­san Sa­ran­don, à Dan­ny DeVi­to, à Cé­line Dion, à Alys­sa Milano, aux ac­trices de Char­med et de Buf­fy contre les vam­pires …

Et avez– vous ob­te­nu des ré­ponses ? VH Ja­mais ! Il y a des choses qui vont chan­ger dans votre ma­nière de tra­vailler avec ce film ?

Ce­la se mo­di­fie tou­jours en fonc­tion du scé­na­rio, XD c’est lui qui com­mande le style, il a ses be­soins. Ce­lui– là, tel que je l’ai écrit, c’est un film … opu­lent. Un gros film. Mom­my parle de l’échec cui­sant du rêve amé­ri­cain. Quand la classe po­pu­laire es­saie de s’ap­pro­prier cette idée, elle se heurte au fait que ce n’est pas un rêve pour elle, ça coûte trop cher. C’est sur­an­né, c’est les an­nées 1940 à Los An­geles. Le sys­tème re­jette cer­taines per­sonnes. Pour moi The Death and Life of Joseph Do­no­van est un film de super–hé­ros, une ré­flexion sur tous les codes amé­ri­cains, sur ce qui plaît au pu­blic, sur ce qui crée un évé­ne­ment. Sur la ma­nière dont on pour­rait aus­si éle­ver le ni­veau, éle­ver la qua­li­té, éle­ver le pu­blic. C’est aus­si une ré­flexion sur ce qu’est et com­ment se fa­brique le goût do­mi­nant. Et ce­la doit être réa­li­sé comme un film de Ch­ris­to­pher No­lan.

Avec un peu moins d’ar­gent … VH

Oui, mais beau­coup d’ar­gent quand même. Ce­la imXD plique, quand un film coûte au­tant, de faire quelque chose de beau. Le pu­blic mé­rite ça, car le ci­né­ma doit tou­jours res­ter une forme d’art par–de­là sa fonc­tion de di­ver­tis­se­ment. Ce­la me dé­goûte tous ces films très coû­teux que peut pro­duire Hol­ly­wood et que je trouve épou­van­tables. C’est un manque de res­pect d’avoir au­tant d’ar­gent et de si mal l’in­ves­tir. Vous avez dit avoir re­gret­té a pos­te­rio­ri de n’avoir pas me­né ce train de vie tran­quille d’un étu­diant au­quel vous avez échap­pé en fai­sant vos films. Il ne tien­drait qu’à vous de dé­ci­der de vous don­ner du temps …

XD

VH

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