À L’AF­FICHE

VOGUE Hommes International - - ZADIG & VOLTAIRE -

DA­VID SIMS

a été ins­pi­ré par le thème de la nuit, et l’idée qui lui est ve­nue tout de suite à l’es­prit c’est le noir, évi­dem­ment, mais chal­len­gé par le blanc. Dieu de la lu­mière, le pho­to­graphe an­glais signe une sé­rie pure et ta­mi­sée dont on sent presque battre le coeur mu­si­cal ( p. 232 ). Ad­dict à Bo­wie et à toute la faune rock émergente, im­bat­table en en­du­rance ka­rao­ké et sur une planche de surf, Da­vid Sims col­la­bore à Vogue Pa­ris, Are­na Hommes + et Vogue Hommes, dont il a dé­jà shoo­té plu­sieurs cou­ver­tures. Ins­tal­lé à Londres, il n’est ja­mais plus heu­reux que sur le dos d’un che­val sur les plages et dans les landes de la Cor­nouailles an­glaise.

NAN GOL­DIN

Le met­teur en scène Xa­vier Do­lan fait aus­si du ci­né­ma pour ren­con­trer les ar­tistes dont il est fan. Pour Vogue

Hommes, il sou­hai­tait être pris en pho­to par celle qu’il cite si sou­vent : Nan Gol­din. Par­mi les livres qu’il n’a ces­sé de consul­ter avec son chef opé­ra­teur pour dé­fi­nir le style de son Mom­my, The Bal­lad of Sexual De­pen­den­cy fi­gu­rait en pre­mière place. Aus­si­tôt dit, aus­si­tôt fait, la séance pho­to est mon­tée à New York. Dans une in­ter­view ré­cente, Nan Gol­din di­sait toute sa dif­fi­cul­té à sup­por­ter l’em­pire de l’image nu­mé­rique : « Nous vi­vons dans un monde sa­tu­ré d’images et plus en­core avec cette conne­rie d’Ins­ta­gram. Les or­di­na­teurs ont tout déshu­ma­ni­sé, les gens ne savent plus tis­ser de liens les uns avec les autres. » In­ter­ro­gée sur ses ré­cents coups de coeur, elle ci­tait Pas­cal Maitre et Mi­khael Su­botz­ky. « Quant à An­toine d’Aga­ta, qui a été mon élève, il m’a dé­pas­sée de­puis long­temps. » Nan Gol­din fait ain­si le lien entre le tou­pet du jeune ci­néaste qué­bé­cois ( p. 224 ) et la vio­lence noc­tam­bule du pho­to­graphe fran­çais,

autre in­vi­té d’hon­neur de ce nu­mé­ro ( p. 256 ).

PHI­LIPPE HEUR­TAULT

Qui était vrai­ment Jacques de Bascher, le dan­dy que les deux bio­pics sur Yves Saint Laurent dé­crivent comme un dé­mon ten­ta­teur et dro­gué qui pousse le grand créa­teur dans ses pires pul­sions au­to­des­truc­trices ? Phi­lippe Heur­tault l’a bien connu et a été son as­sis­tant–pho­to­graphe–ami pen­dant les an­nées fastes. Ma­te­lots, ils se ren­contrent sur le na­vire mi­li­taire L’Orage qui fait route entre Brest et Ta­hi­ti. Bascher est dé­jà un aty­pique. Il a une émis­sion de ra­dio à bord, il aime pro­vo­quer, il est ou­ver­te­ment ho­mo­sexuel. Il fi­nit en pri­son pour une bê­tise et il est ren­voyé à Pa­ris. Quand Heur­tault dé­barque dans la ca­pi­tale, il re­joint son tur­bu­lent com­pa­gnon qui est dé­jà un proche de Karl La­ger­feld. « Quand on dé­crit Jacques comme l’homme qui a fait chu­ter Yves Saint Laurent, ce n’est pas du tout vrai. Jacques pou­vait avoir un cô­té sui­ci­daire, mor­bide, il était dé­pen­dant à la co­caïne, d’ac­cord, mais j’ai sur­tout gar­dé de lui le sou­ve­nir d’un gentleman qui ai­mait ai­der les gens et avait un hu­mour très par­ti­cu­lier. Il vi­vait dans le luxe et en même temps il ne pos­sé­dait rien », se sou­vient Phi­lippe Heur­tault, qui vit au­jourd’hui entre la Bre­tagne et Ba­li. Il a été in­ter­viewé par Ali­cia Drake pour son livre Beau­ti­ful People, ce­lui qui lui semble en­core le plus fi­dèle à la per­son­na­li­té de Bascher. Il a mis en ligne en ac­cès gra­tuit ses nom­breuses pho­to­gra­phies ( 800 images ! ) des soi­rées folles se­ven­ties / eigh­ties sur le

site phi­lip­pe­heur­tault.fr

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