Di­DiEr pérOn

VOGUE Hommes International - - Vogue Hommes Guests -

trou­vées dans une pe­tite bou­tique si­tuée French Mar­ket Place à Hol­ly­wood — au­jourd’hui fer­mée. Pré­sen­tée à la ga­le­rie Flux La­bo­ra­to­ry de Zu­rich, l’ins­tal­la­tion A Blow from the Past — Hol­ly­wood’s Se­cret Gay Af­fair est, comme il le dit lui–même, « ho­moé­ro­tique » même si elle ne fonc­tionne évi­dem­ment pas comme un ou­ting for­cé post–mor­tem d’ac­teurs à la vie pri­vée de toute fa­çon tout ou par­tiel­le­ment fan­tas­mée. « Dans ma jeu­nesse, dit Mat­thias Brun­ner, on n’au­rait ja­mais osé pen­ser une seule se­conde que des di­vi­ni­tés telles que James Dean, Ca­ry Grant, Burt Lan­cas­ter, Mont­go­me­ry Clift, Steve McQueen, Vic­tor Ma­ture, Er­rol Flynn, Ro­bert Taylor, Paul New­man, Mar­lon Bran­do ou Rock Hud­son étaient gay ou bi. Ce­la au­rait cer­tai­ne­ment ac­cé­lé­ré notre propre af­fi­chage sexuel ho­mo ! » La col­lec­tion d’images consti­tuée au fil du temps re­pose sur l’at­ten­tion du re­gard que le fan pose sur ces cli­chés qui n’ont pas de va­leur en eux–mêmes, qui ne sont ja­mais des ti­rages si­gnés mais des pho­to­gra­phies pro­mo­tion­nelles pour des ma­ga­zines ou d’autres is­sues de col­lec­tion pri­vée, pho­tos prises par des amis ano­nymes des stars. —« Ho­mo­sexua­li­té » ( « Ho­mo–quoi, ché­ri ? », comme ré­pli­quait à chaque fois Mae West ) est pro­ba­ble­ment l’un des mots que per­sonne ne pro­nonce sans trem­bler ou bais­ser la voix à Hol­ly­wood, la Ba­by­lone ci­né­ma où beau­té, for­tune et cé­lé­bra­tion du dé­sir sont, au­jourd’hui en­core, en­ser­rées dans une étroite men­ta­li­té nor­ma­tive et ma­jo­ri­tai­re­ment straight. Le co­ming out d’El­len Page n’a pas été sui­vi d’équi­valent mas­cu­lin et l’un des rares ac­teurs a être sor­ti du pla­card, Ru­pert Eve­rett, a vu les offres de rôles se ta­rir aus­si­tôt dans les pro­duc­tions de pre­mière ca­té­go­rie.

Cri­tique, pro­duc­teur de films et com­mis­saire d’ex­po­si­tion suisse, Mat­thias Brun­ner se pas­sionne pour ce se­cret à ciel ou­vert qui consiste à éro­ti­ser l’homme pour mieux l’as­si­gner à sa fonc­tion ex­clu­sive de tom­beur de ces dames, ma­ri idéal, hé­ros ma­cho, etc. De­puis qua­rante ans, pa­tiem­ment, il col­lec­tionne des pho­tos d’ac­teurs des an­nées 1950–60, long­temps Cette image d’El­vis Pres­ley se prête par exemple à bien des in­ter­pré­ta­tions. Bou­deur à son ha­bi­tude, por­tant va­gue­ment un co­card comme s’il se re­le­vait d’une nuit d’ivresse et de bas­ton dont on le sait cou­tu­mier ( sou­vent liée à la dis­po­ni­bi­li­té de la pe­tite amie d’un autre sur la­quelle il veut po­ser son in­dis­cu­table as­cen­dant ). Mat­thias Brun­ner : « El­vis était to­ta­le­ment hé­té­ro et même fran­che­ment ho­mo­phobe. J’ai choi­si cette pho­to parce qu’il est évident que le pho­to­graphe est at­ti­ré par la beau­té de son mo­dèle et qu’il y a quelque chose comme une love sto­ry entre lui et l’ob­jet du dé­sir, fût–ce pour quelques se­condes. Tout est là et rien n’est plus beau. »

VH

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