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VOGUE Hommes International - - AGENDA - Oli­vier La­lanne PAR et Di­dier Pé­ron Ir­ving Penn, sans mé­go­ter

— Il n’a jamais dé­ro­gé à sa règle per­son­nelle du huis clos in­té­rieur. Jus­qu’au bout, Ir­ving Penn a vou­lu pho­to­gra­phier en stu­dio, quand tout dans la nou­velle pho­to­gra­phie, la Nou­velle Vague, le Nou­vel Hol­ly­wood, in­ci­tait à des­cendre dans la rue avec des ap­pa­reils tou­jours plus lé­gers. On ra­conte que, jus­qu’à son der­nier souffle, il s’est ren­du chaque jour dans son stu­dio de la 5e Ave­nue sur­nom­mé « l’hô­pi­tal » tant tout y était mé­tho­di­que­ment bien ran­gé. Ir­ving Penn y pro­dui­sait des cli­chés ori­gi­naux avec ce même sens ma­niaque du dé­tail qui fit sa lé­gende dans les grandes an­nées de sa col­la­bo­ra­tion avec Vogue, com­men­cée sous l’im­pul­sion d’alexan­der Li­ber­man dans les an­nées 1950. L’ex­po­si­tion du Grand Pa­lais cé­lèbre le cen­te­naire de la nais­sance du pho­to­graphe (il est mort en oc­tobre 2009) et c’est une occasion ex­cep­tion­nelle de dé­cou­vrir des ti­rages ori­gi­naux de la main de l’ar­tiste lui–même — il n’a jamais au­to­ri­sé au­cun ti­rage d’ex­po­si­tion. Ir­ving Penn a por­trai­tu­ré les per­son­na­li­tés no­toires de son temps (Pi­cas­so, Ca­pote, Ri­chard Bur­ton, Bal­thus…) comme les ano­nymes. Il était fas­ci­né par les ar­ti­sans des rues, croi­sés no­tam­ment dans ses voyages tein­tés de ro­man­tisme eth­no­gra­phique (Ma­roc, Pé­rou, Pa­poua­sie–nou­velle–gui­née…). Jus­qu’à ses na­tures mortes où il réa­lise no­tam­ment ses fa­meux grands ti­rages pla­tine de mé­gots de ci­ga­rettes qui firent l’ob­jet d’une ex­po contro­ver­sée en 1975 au MOMA. Sous son oeil, même le moindre bout de dé­tri­tus brû­lé se pare

d’une no­blesse que plus rien ne peut dé­truire. GRAND PA­LAIS (Pa­ris), du 21 sep­tembre 2017 au 29 jan­vier 2018.

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