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VOGUE Hommes International - - OUVERTURE -

« Je ne suis ab­so­lu­ment pas consciente de ça, mais Lou m’a sou­vent dit que sur Ins­ta­gram no­tam­ment j’étais abon­dam­ment ré­fé­ren­cée. C’est com­pli­qué d’ex­pli­quer ça. Je suis anglaise et je viens d’un mi­lieu où j’étais tou­jours à l’aise. Ça compte beau­coup. Je pou­vais dî­ner avec n’im­porte qui et man­ger ma sa­lade avec les doigts. Je n’ai jamais été pré­oc­cu­pée par la ques­tion de sa­voir si les choses se fai­saient ou pas. Quand je suis ar­ri­vée en France, j’étais une co­pie de Jean Sh­rimp­ton. Les Fran­çaises étaient très groo­med à l’époque, certes il y avait Fran­çoise Har­dy et sa robe Pa­co Ra­banne, mais elle la por­tait lon­gueur ge­noux. Moi, j’avais fait en­le­ver des rangs de mailles pour qu’elle res­semble à un long t–shirt. Quand je vois les pho­tos… Je ne réa­li­sais pas qu’elle était si trans­pa­rente. C’est l’ef­fet flash des photographes. Si j’avais su, je n’au­rais pas mis de cu­lotte ! Serge m’avait aus­si ache­té de très jo­lies robes chez Saint Laurent, il m’avait même fait faire un mo­dèle haute couture en den­telle blanche pour un bal chez les Roth­schild. Je me sou­viens aus­si avoir mon­té les marches à Cannes avec une robe que je por­tais à l’en­vers, dos de­vant. Et puis il y a ce fa­meux pa­nier por­tu­gais que j’avais ache­té sur un mar­ché de Londres et qui ne me quit­tait pas. Si on me re­fu­sait l’en­trée de Maxim’s à cause de mon pa­nier, je m’en fou­tais. J’avais cette as­su­rance. Quand je re­vois des pho­tos de moi de 1968, mes grands yeux de pou­pée sou­li­gnés d’eye–li­ner, la bouche exa­gé­rée, la frange, je trouve ça hor­rible. Je me suis trou­vée la plus in­té­res­sante à qua­rante ans. J’ai com­men­cé à por­ter des mar­cels en co­ton d’écosse, des che­mises d’homme agnès b. sur des pan­ta­lons trois fois trop grands ponc­tués d’une fine cein­ture en cuir rouge avec des bas­kets sans la­cets. Les vê­te­ments de gar­çon trop grands, c’est bien quand on vieillit. On a l’air fra­gile. À un mo­ment, il faut sa­voir re­non­cer aux robes de dames. Tu prends dix ans dans la vue. C’est comme le ma­quillage. À un cer­tain âge, il faut arrêter de jouer avec les faux cils. Si­non, on de­vient ter­ri­fiante. » Avec Pierre Grim­blat, à la pre­mière de Slo­gan en 1969. « Je ne réa­li­sais pas que cette robe était si trans­pa­rente. Si j’avais su, je n’au­rais pas mis de cu­lotte ! »

Avec Serge Gains­bourg, en 1968 au New Jim­my’s. «Je n’ai jamais été pré­oc­cu­pée par la ques­tion de sa­voir si les choses se fai­saient ou pas. »

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