Le style Gains­bourg

VOGUE Hommes International - - OUVERTURE -

« Tout est de moi, il m’écou­tait beau­coup. Pour com­men­cer, il a mis du temps à avoir de la barbe, il fai­sait plus jeune que son âge, et ça le com­plexait. Je le trou­vais plus beau avec une barbe de huit jours, donc il s’est ache­té une ton­deuse et l’a en­tre­te­nue. Ça res­sem­blait à un ma­quillage naturel, ça fai­sait des ombres, ça sculp­tait son vi­sage. On a en­vie de s’oc­cu­per des hommes qui ont de la barbe, on a l’im­pres­sion qu’ils n’ont pas su où dor­mir la nuit pas­sée. Je trou­vais très dis­tin­gué en re­vanche qu’il n’ait au­cun poil ni sur le torse, ni sur les bras. Je lui avais of­fert des bra­ce­lets de vieille com­tesse qu’il por­tait aux poi­gnets et un diams au creux du cou. Il se l’est fait vo­ler un soir de nou­vel an à Pi­galle et je l’ai rem­pla­cé par un sa­phir. Je suis al­ler­gique aux chaus­settes, on ima­gine tout de suite le mec tout nu avec ses chaus­settes, c’est mi­sé­rable. Un jour, j’étais chez Repetto et, dans un pa­nier de soldes, j’ai trou­vé un mo­dèle homme en cuir blanc souple comme un gant. Je l’ai of­fert à Serge. Il avait les pieds plats et les chaus­sures le bles­saient. Il a por­té ces pompes blanches sans chaus­settes toute sa vie. Pa­reil pour les sous–vê­te­ments, je trouve beau­coup plus éro­tique d’être nu sous son jean. Là en­core, j’ai pas­sé le mes­sage. »

« Un jour, j’étais chez Repetto et, dans un pa­nier de soldes, j’ai trou­vé un mo­dèle homme en cuir blanc souple comme un gant. Il l’a por­té sans chaus­settes toute sa vie. »

En 1970 (ci–contre et à droite), et Serge Gains­bourg seul chez lui rue de Ver­neuil en 1991 (en bas).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.