GO­DARD, SE­CRETS BIEN GAR­DÉS

VOGUE Hommes International - - SOMMAIRE TENDANCES - Ste­phan Cras­neans­cki, What we leave be­hind ( éd. Fan­tom ) VOGUE HOMMES

Le gé­nie d’à bout de souffle et du Mé­pris aime faire table rase. Ses ar­chives in­com­pa­ra­ble­ment riches sub­sistent pour­tant, ca­chées quelque part en France. Dé­bal­lage exclusif. PAR Di­dier Pé­ron PHO­TO­GRAPHE Ste­phan Cras­neans­cki

C’est une conver­sa­tion, en 2010 dans un ma­ga­zine cultu­rel fran­çais, entre Jean–luc Go­dard et Da­niel Cohn–ben­dit, deux an­ciens ac­ti­vistes des ré­voltes étu­diantes de Mai 68 qui ont par­ta­gé bien plus que la fièvre de ces jour­nées in­sur­rec­tion­nelles et gré­vistes puisque, à l’été 1969, ils eurent en­semble un pro­jet de film, Vent d’est, un « wes­tern po­li­tique » tour­né à Rome et qui a fi­ni en ba­garre gé­né­rale. Quand il ar­rive à Rolle dans la mai­son du maître, Cohn–ben­dit s’étonne de l’am­biance de grand dé­mé­na­ge­ment avec des types qui em­ballent tout dans des car­tons qu’ils trans­ba­hutent dans des ca­mion­nettes : « Mais Jean–luc ? Ces écrans, ce ma­té­riel, ces vi­déos, ces livres… tu vas vrai­ment tout ba­zar­der ? » Le gé­nie des lieux, ci­gare aux lèvres, les yeux plis­sés der­rière ses grosses lu­nettes, ri­cane : « Mais ce n’est pas ba­zar­der, c’est une époque ré­vo­lue. C’est fi­ni, on peut à peine créer. Ça a fait son temps, on ne va pas faire un mu­sée. C’est une ma­chine mi–ma­té­rielle, mi–in­tel­lec­tuelle qui a fonc­tion­né avec moi. On ar­rête ! Ce qu’on me donne me per­met de vivre un an. » Il pré­tend alors qu’il a tout ven­du à un jeune Égyp­tien, pas­sion­né d’ar­chéo­lo­gie. Il semble plu­tôt qu’il ait trou­vé à l’époque un ac­cord avec la boîte de pro­duc­tion Wild Bunch pour conti­nuer à faire des films tout en étant dé­li­vré du poids d’un pas­sé qui l’en­combre. La tech­nique du grand coup de ba­lai pour Go­dard est tou­jours une ma­nière de se re­lan­cer, de faire le mé­nage concrè­te­ment et es­thé­ti­que­ment. C’est ce qu’il n’a ces­sé de faire au long d’une car­rière fan­tas­ti­que­ment co­hé­rente et néan­moins tout le temps heur­tée par des brusques rup­tures, vi­rages en épingle à che­veux et les­si­vage de l’an­cien monde. Il le fait quand, au som­met de sa gloire, il dé­cide d’in­té­grer le col­lec­tif Dzi­ga Ver­tov, puis quand il dé­mé­nage de Pa­ris à Gre­noble pour ne plus fil­mer qu’en vi­déo, pé­riode qua­li­fiée plus tard de « pas­sage à vide » et qui en­traîne un nou­veau dé­mé­na­ge­ment, du­rable ce­lui–là, à Rolle, en Suisse, le pays de son en­fance. D’un lieu à l’autre, sur ces dix an­nées de pro­fonde re­mise en ques­tion, dé­jà il ba­zarde, aban­don­nant livres et cor­res­pon­dances, dos­siers de pro­jets avor­tés… À Rolle, où il vit et tra­vaille en­core au­jourd’hui, le stu­dio Go­dard est tout juste un im­meuble ba­nal de deux étages et il n’y a de toute fa­çon pas la place pour grand–chose. Or, Jean–luc Go­dard ac­cu­mule comme le fait re­mar­quer Da­niel Cohn–ben­dit, qui pointe les trois cents livres as­sem­blés pour le seul Film So­cia­lisme !

Ces ar­chives qui tran­sitent d’un lieu à l’autre en 2010, où ont–elles at­ter­ri ? Un cer­tain mys­tère de­meure mais elles n’ont pas dis­pa­ru : elles re­posent sous bonne garde au­jourd’hui, quelque part dans le centre de la France ; dans un lieu te­nu se­cret. Ar­tiste ba­sé entre New York et Ber­lin, tra­vaillant au sein du groupe Sound­walk Col­lec­tive, Ste­phan Cras­neans­cki a eu ac­cès à cet étrange tré­sor. En com­pa­gnie no­tam­ment de l’in­gé­nieur du son de Go­dard, Fran­çois Mu­sy, il a ef­fec­tué un mon­tage des chutes de bandes–son de dif­fé­rents films qui n’avaient pas été uti­li­sées par le ci­néaste, as­sem­blage mixé et mis en mu­sique, por­tant le titre What we leave be­hind, soit la ques­tion de la trace, de la mé­moire et de son éva­nes­cence ré­so­lue en un ru­ban de gré­sille­ments de voix comme ré­chap­pées d’une chape d’ou­bli ou va­ti­ci­nant dans le dé­sordre tour­noyant des limbes. Ste­phan Cras­neans­cki est re­ve­nu plu­sieurs fois pour pho­to­gra­phier au ha­sard de son ins­pi­ra­tion des car­tons dé­bal­lés, des pages ar­ra­chées à des livres et cou­vertes de notes, des pa­quets d’us­ten­siles tech­niques d’un autre siècle dont on peine dé­jà à re­trou­ver l’usage, faute d’ap­pa­reils en état de marche, des sacs en plas­tique blancs pa­reils aux housses que l’on voit en­ve­lop­per les vic­times de meurtres dans les po­lars amé­ri­cains. « Je n’ai pho­to­gra­phié qu’une pe­tite par­tie de cet énorme amon­cel­le­ment de choses, cas­settes au­dio et rushes d’ori­gine des films, bi­blio­thèques dis­pat­chées dans des car­tons sur des rayonnages… Tout un poids qui était en train de cou­ler la mai­son du maître et qu’il a je­té par–des­sus bord pour sau­ver le na­vire. La prin­ci­pale éner­gie qui a gui­dé ce geste, c’est le dé­bar­ras et la gram­maire qui l’or­ga­nise c’est “dé­gage !” », explique Ste­phan Cras­neans­cki, qui sou­ligne à quel point dans ce « lieu neutre », éclai­ré par des néons, char­gé a prio­ri du seul gla­mour d’un vieux gre­nier in­tel­lo, l’opé­ra­tion même de dé­voi­le­ment des ob­jets par­ti­cipe d’un geste étrange entre la pous­sière et le mythe — en 2002, le court–mé­trage ( su­blime ) Dans le noir du temps montre un homme et une femme dé­blayant une bi­blio­thèque et, cal­me­ment, je­tant les livres dans des sacs–pou­belles. —›

« Mais Jean–luc ? Ces écrans, ce ma­té­riel, ces vi­déos, ces livres… tu vas vrai­ment tout ba­zar­der ? »

Un des car­tons pris en pho­to est rem­pli des oeuvres aux cou­ver­tures ra­cor­nies de Charles Fer­di­nand Ra­muz, un au­teur suisse par­ti­cu­liè­re­ment ai­mé par Jean–luc Go­dard. Il a vou­lu un temps adap­ter un ro­man de 1919, Les Signes par­mi nous, et en ex­pli­quait le pro­jet en 1988 : « Un col­por­teur ar­rive dans un pe­tit village au–des­sus de Ve­vey et an­nonce la fin du monde. Il y a un orage ter­rible de cinq jours, et puis le so­leil re­vient et le col­por­teur est fou­tu à la porte. Le cinéma, c’est ce col­por­teur ! » Fra­cas de l’an­nonce, émo­tion col­lec­tive, tem­pête ter­mi­nale, re­tom­bée des élé­ments et gé­né­rique de fin : pour l’au­teur de Bande à part, la mis­sion du sep­tième art res­semble à celle d’un ange qui ou­blie son mes­sage en cours de route et s’écrase au sol sous le re­gard in­dif­fé­rent de la foule. « Le cinéma n’a que des pro­jets. Au contraire de la té­lé­vi­sion, qui n’a que des re­jets. Elle crache, suinte et vo­mit. Lui ouvre, montre et ac­cueille. (…) D’où le sen­ti­ment très fort des foules que le cinéma est l’en­fance de l’art… », écrit Jean–luc Go­dard en 1987. Cette en­fance a vieilli et avec elle Go­dard, le plus im­pé­tueux et avant–gar­diste des jeunes ci­néastes de la Nou­velle Vague, pas­sé de l’en­thou­siasme des an­nées 1960 à l’ano­ny­mat la­bo­ran­tin des an­nées 1970 avant le re­tour sans illu­sion au cinéma de stars dans les an­nées 1980 (Hup­pert, De­lon, De­par­dieu et le pro­jet avor­té avec Ad­ja­ni pour Pré­nom Car­men qu’elle dé­serte en larmes). Pé­ta­ra­dant, spor­tif, in­so­lent et drôle à ses dé­buts, Go­dard a failli y pas­ser dans un ac­ci­dent de scoo­ter en 1971, qui l’oblige à res­ter six mois à l’hô­pi­tal après une vi­site aux portes de la mort (il fait un co­ma), re­jouant en quelque sorte l’ac­ci­dent de sa mère, tuée dans un ac­ci­dent de la route en 1954. Il sort de cet épi­sode fu­neste dé­sta­bi­li­sé, ago­ra­phobe et en proie à de nou­velles an­goisses. Dé­jà sur le tour­nage to­ta­le­ment chao­tique de Vent d’est, le ci­néaste bré­si­lien Glau­ber Ro­cha, ve­nu faire un re­por­tage, bros­sait un por­trait du met­teur en scène en haute fi­gure de la mé­lan­co­lie : « De­vant cet homme maigre et chauve de qua­rante ans, je me sens comme une tante af­fec­tueuse qui a honte de don­ner une su­cre­rie à un ne­veu triste. Go­dard ins­pire une grande ten­dresse. C’est comme si je voyais Bach ou Mi­chel–ange man­geant des spa­ghet­tis dans la plus grande dé­prime… »

Le ci­néaste, par ailleurs tou­jours sar­cas­tique, dé­non­ce­ra ré­gu­liè­re­ment ses propres sin­gu­la­ri­té et ori­gi­na­li­té en af­fir­mant que dans ses scé­na­rios une phrase sur deux n’est pas de lui mais vient d’un autre au­teur, ro­man­cier, es­sayiste ou per­son­nage de film. Le pro­jet en­cy­clo­pé­dique des His­toire(s) du cinéma, vaste mon­tage go­dar­dien de près de cinq heures ar­ti­cu­lé en huit cha­pitres («Toutes les his­toires», «Une his­toire seule», «Seul le cinéma », « Fa­tale beau­té » etc.), ac­com­plit l’or­ches­tra­tion ma­gis­trale de ce pillage qui est aus­si la marque d’une vi­sion, d’une théo­rie et d’un art poé­tique des col­li­sions cré­pi­tantes, pré­le­vant dans le cinéma, la lit­té­ra­ture, les bandes d’ac­tua­li­tés, les écrits scien­ti­fiques, le sub­strat d’un gi­gan­tesque plan de greffes cou­tu­rant des lam­beaux d’images et de phrases. Cinq cents ex­traits de films, cent trente ta­bleaux, une cen­taine d’ex­traits d’oeuvres du ré­per­toire mu­si­cal clas­sique et contem­po­rain : Go­dard an­ti­cipe dès 1988 le grand tu­multe du sha­ker In­ter­net et, comme les pi­rates des ré­seaux, il fait les poches de la créa­tion des autres pour ali­men­ter la sienne. La ques­tion de la dif­fu­sion des His­toire(s) du cinéma de­vien­dra d’ailleurs un im­bro­glio ju­ri­dique, Go­dard re­ven­di­quant un droit ab­so­lu à la ci­ta­tion pour lui et pour qui veut à l’ave­nir le suivre sur cette voie. « Les au­teurs n’ont au­cun droit, ils n’ont que des de­voirs », aime–t–il à ré­pé­ter dans ses prises de pa­role dans les an­nées 2000, gagnant ain­si la vé­né­ra­tion de la nou­velle gé­né­ra­tion gran­die avec le Web et ha­bi­tuée à bu­ti­ner gra­tui­te­ment à toutes les sources. « Comme mon oncle Théo­dore Mo­nod, qui ré­col­tait des pe­tits cailloux dans le dé­sert, je m’in­té­resse à des mor­ceaux de phrases, des sen­tences, des théo­rèmes… Der­ri­da, il pre­nait des blocs, il dé­cons­trui­sait ; moi, je fais l’in­verse, je fais des puzzles. Le pied d’ar­té­mis, je le mets à un­tel et ça ne va pas. Et puis, je le mets à Ray­mond Chand­ler et je me dis, là, il y a peut–être une loi », dit–il en­core, in­sis­tant tou­jours sur cette com­bi­na­toire du rap­pro­che­ment in­tem­pes­tif et juste qui sai­sit dans l’éclat d’un court–cir­cuit une vé­ri­té toute nue. On le voit dans les pho­tos de ses ar­chives par l’ac­cu­mu­la­tion de notes, gra­phiques sur­im­po­sés sur des toiles de maîtres, bout de phrases sus­pen­dues et ra­tures, tom­be­reaux de livres où les an­tiques tra­duc­tions la­tines co­ha­bitent avec le chef– d’oeuvre de l’ex­pé­ri­men­ta­tion amé­ri­cain Le Tun­nel de William Gass, Une his­toire des ma­thé­ma­tiques avec une bio­gra­phie de Bus­ter Kea­ton. —›

Comme les pi­rates d’in­ter­net, Go­dard fait les poches de la créa­tion des autres pour ali­men­ter la sienne.

«Toute ma vie, j’ai en­ter­ré les an­nées pas­sées. J’ai rom­pu avec ma fa­mille. Du jour au len­de­main, je n’ai plus don­né de nou­velles. »

Mais pour­quoi ce ba­zar, pour­quoi cette trans­mi­gra­tion de ses af­faires per­son­nelles loin de lui, en rase cam­pagne, entre prés aux vaches et église dé­serte ? « Toute ma vie, j’ai en­ter­ré les an­nées pas­sées. J’avais fait ça d’abord avec ma fa­mille. Du jour au len­de­main j’ai rom­pu avec les miens, je n’ai plus don­né de nou­velles, j’ai com­men­cé une nou­velle vie. » C’est une stra­té­gie de la place nette, une ma­nière de table rase (ou ren­ver­sée) qui vise aus­si à ne pas se lais­ser le confort ou la len­teur cu­mu­la­tive d’une bio­gra­phie ou d’une oeuvre écra­sante en­dor­mir la bête. Rompre les liens, dé­ga­ger le ter­rain, ou­vrir la voie. Au risque de fi­nir seul ou in­com­pris, comme il s’en plaint sou­vent, de­ve­nant sur le tard une sorte d’er­mite re­plié dans son monde.

Go­dard se fâche sou­vent comme il fe­ra très tôt avec son ami des Ca­hiers du cinéma et de la Nou­velle Vague Fran­çois Truf­faut, qui lui écrit une lettre ex­plo­sive en 1973 où il le dé­peint en di­va ter­ro­riste : « Tu te com­portes comme une merde… Toi, c’est le cô­té Ur­su­la An­dress, quatre mi­nutes d’ap­pa­ri­tion, le temps de lais­ser se dé­clen­cher les flashs, deux ou trois phrases bien sur­pre­nantes et dis­pa­ri­tion, re­tour au mys­tère avan­ta­geux. » Il y en au­ra d’autres. « Le fait est que de­vant Go­dard on est comme de­vant Pi­cas­so. Il a tra­ver­sé son époque, la pre­nant tout en­tière en charge, il est pé­tri de ses contra­dic­tions et de ses ful­gu­rances, il a tout es­sayé, il a tout ab­sor­bé, il a été plu­sieurs ci­néastes, il a eu plu­sieurs vies, cer­taines si­mul­ta­né­ment. Il a été dans le cinéma, il a été de­hors, il a été au–des­sus et en des­sous, sans cesse pré­oc­cu­pé de le tordre dans tous les sens, de lui ar­ra­cher une vé­ri­té, un ab­so­lu, et ce dans un cons­tant dé­chi­re­ment dont les échos, par­fois in­in­tel­li­gibles, n’ont ja­mais ces­sé de par­ve­nir jus­qu’à nous », écrit le ci­néaste Oli­vier As­sayas. Go­dard a lui–même fait mine d’éteindre la lu­mière, an­non­çant le der­nier film, le der­nier re­gard, le der­nier geste, le der­nier es­poir… Et fi­nis­sant par re­ve­nir, comme il l’a fait en­core cette an­née, avec le ma­gni­fique Livre d’image qui sor­ti­ra dans quelques se­maines.

« Dans les en­trailles de la pla­nète morte, un an­tique mé­ca­nisme fré­mit. Des tubes émet­tant une lueur pâle et va­cillante se ré­veillèrent. Len­te­ment, comme à contre­coeur, un com­mu­ta­teur chan­gea de po­si­tion. » Ces phrases in­tro­duc­tives au scé­na­rio de Film So­cia­lisme pour­raient être pro­non­cées en voix off sur des images de spé­léo­lo­gie, dans une cave après on en sait quelle guerre ato­mique fu­ture ou une in­va­sion ex­tra­ter­restre, ou­vrant sur un amon­cel­le­ment éven­tré de car­tons et de bandes ma­gné­tiques, de câbles et de feuilles vo­lantes plus ou moins moi­sies, des boîtes por­tant pour titres À bout de souffle, Le Mé­pris, Une femme est une femme, Sauve qui peut (la vie), Soigne ta droite… et dont la pro­ve­nance et la si­gni­fi­ca­tion de­vien­draient, pour la gé­né­ra­tion res­ca­pée, un gri­moire aus­si fas­ci­nant et opaque qu’a pu l’être pen­dant des cen­taines d’an­nées l’écri­ture égyp­tienne dans les tom­beaux des pha­raons.

L’une des mul­tiples pages an­no­tées de la main de Jean–luc Go­dard, ex­traite d’un car­ton d’ar­chives et mise en image par Ste­phan Cras­neans­cki.

Une par­tie des mas­ters et co­pies de mon­tage d’his­toire(s) du cinéma voi­sine avec des en­re­gis­tre­ments du grand cri­tique Serge Da­ney.

Ci–des­sus, une image an­no­tée de la main de Jean–luc Go­dard ; ci–contre, un plan de tra­vail pour Notre mu­sique.

Dans ce car­ton d’ar­chives, on re­con­naît les sé­mi­naux « ca­hiers jaunes », les pre­miers nu­mé­ros des Ca­hiers du cinéma.

VOGUE HOMMES

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.