LE VI­SAGE DE LA SAI­SON MUSTAFA DAWOOD

VOGUE Hommes International - - VOGUE HOMMES - Char­line PAR LE­CAR­PEN­TIER Ed­die WREY PHO­TO­GRAPHE RÉA­LI­SA­TION Az­za YOU­SIF

La pa­role de Mustafa Dawood se dé­cap­sule dans la joie, ses yeux fu­sains pé­tillant dès l’évocation de sa jeune car­rière de man­ne­quin. Au re­tour de sa séance pour Vogue Hommes à Ibi­za, il confie dans un ac­cent in­dien chan­tant avoir été trans­por­té d’avoir pu po­ser pour le ma­ga­zine sur l’île qui fi­gu­rait de­puis long­temps sur la carte de ses lieux fan­tas­més. Ori­gi­naire d’hy­de­ra­bad, au sud de l’inde, le jeune mo­dèle n’avait pas voya­gé hors du pays avant fé­vrier der­nier, mais c’est dé­jà la cin­quième fois que l’eu­rope le rap­pelle à elle. Il al­lait pour­tant re­non­cer à se pré­sen­ter à l’édi­tion 2017 du concours Elite Mo­del Look In­dia, qui l’avait re­ca­lé par deux fois avant de le sé­lec­tion­ner pour re­pré­sen­ter l’inde à la fi­nale mi­la­naise. Le ma­tin des sé­lec­tions, son père l’avait ti­ré du lit pour qu’il ne lâche rien de son rêve de man­ne­qui­nat. De­puis, il s’étonne de la vi­tesse avec la­quelle tout s’en­chaîne pour lui. Lors de sa pre­mière fa­shion week à Mi­lan en fé­vrier, il a dé­fi­lé pour Pra­da — « Pra­da était mon rêve et ça a tout chan­gé », se ré­jouit–il. À son pre­mier cas­ting chez Stel­la Mccart­ney, in­ti­mi­dé par ses concur­rents ali­gnant les sé­ries de pompes, il s’était in­quié­té que son phy­sique gra­cile ne passe pas la sé­lec­tion, à tort. Lui dit dans un rire pré­fé­rer le cri­cket à la mus­cu. Il a mis sa pra­tique sur pause après avoir re­çu une balle au coin de l’oeil, nous pré­cise–t–il, en poin­tant une ci­ca­trice sub­li­mi­nale, nous dé­lec­tant des règles du cri­cket dont il est fervent ama­teur. « J’ai confiance en moi main­te­nant. À Elite, j’étais l’un des plus pe­tits modèles (1,87 mètre), mais ma fa­mille et mes amis m’ont convain­cu que j’avais quelque chose de spécial. »

Son père tra­vaille dans le com­merce de bijoux et es­pé­rait une car­rière d’acteur pour ce fils aux traits rieurs et an­gu­leux. Mustafa Dawood a eu très vite d’autres plans pour sa per­sonne. À l’âge de 8 ans, feuille­tant un ma­ga­zine chez le coif­feur, il s’était fait hap­per par des pho­tos de Da­vid Gan­dy : « J’ai vu qu’il por­tait des vê­te­ments de marque, qu’il voya­geait au­tour du monde, alors j’ai su que je sou­hai­tais faire comme lui. » Signes par­ti­cu­liers : Mustafa Dawood col­lec­tionne les sou­liers blancs, les vestes et les sacs en cuir, et ai­me­rait lan­çer sa propre ligne d’ac­ces­soires. « En Inde, c’est for­mel, les gens pensent que la mode se ré­sume au cos­tume, explique–t–il. Quand je suis ar­ri­vé à Pa­ris j’ai réa­li­sé que le street­style et la haute cou­ture, pou­vaient se com­bi­ner, que tout pou­vait ar­ri­ver. »

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