UNE FILLE UN STYLE

No­made in­vé­té­rée, Diane Gold­stein cultive le goût du voyage et de la bo­hème raf­fi­née. Sa vi­sion d’une mode vi­vante, pé­trie de mille in­fluences, s’ex­prime dé­sor­mais à tra­vers le ki­mo­no, qu’elle ré­in­vente via sa marque MO­NO­KI, fon­dée à Los An­geles. Le bon g

VOGUE Paris - - Contents - Par Eu­gé­nie Tro­chu, pho­to­graphe Gaël Tur­po, réa­li­sa­tion Ta­lia Col­lins

No­made in­vé­té­rée que les voyages ins­pirent, Diane Gold­stein ré­in­vente le ki­mo­no via sa marque Mo­no­ki.

Une fille

Pa­ri­sienne d’ori­gine mais ca­li­for­nienne dans l’âme, Diane Gold­stein est l’une de ces filles so­laires à l’al­lure do­pée à la bonne hu­meur. Ac­cro à la mode de­puis sa plus tendre en­fance, elle ma­nie aus­si bien la ma­chine à coudre que les cartes de ta­rot, le spi­ri­tuel l’ob­sé­dant presque au­tant que le style. D’abord fondatrice de la marque April May, qu’elle a di­ri­gée avec son ma­ri pen­dant dix ans, cette aven­tu­rière signe de­puis un an des ki­mo­nos pur luxe sous son la­bel Mo­no­ki : teints, dé­la­vés, wa­shés, bro­dés à la main, tous ces mo­dèles (uniques) sont en fin de course bé­nis par un sha­man de Big Sur. Mys­tique…

Un style

Un es­prit bo­hème nour­ri par les voyages et mâ­ti­né de sports­wear ou de mas­cu­lin-fé­mi­nin. «J’aime m’amu­ser et faire du ri­tuel ma­ti­nal un jeu qui marche à l’im­pul­sion.» Sa mé­thode? Ne ja­mais pen­ser un look ni se re­gar­der dans une glace : «Avoir du style c’est sa­voir ce qui te va, donc pas be­soin de croi­ser un mi­roir.» Le ré­sul­tat est gé­né­ra­le­ment un look puzzle fai­sant la part belle aux su­per­po­si­tions et à la cus­to­mi­sa­tion. Bien ca­lée dans ses boots (ou car­ré­ment ses ba­bouches), elle ose le pei­gnoir d’homme sur un top lin­ge­rie Sab­bia Ro­sa, res­sort les grandes che­mises de son ado­les­cence pour les twis­ter d’une cein­ture fa­çon to­re­ro, se glisse dans un leg­ging mo­tard ou une com­bi­nai­son de pom­piste. Ta­bous ? La mi­ni­jupe et les ta­lons trop hauts.

Es­sen­tiels

Beau­coup de pièces en cuirs pré­cieux et de vestes ar­ti­sa­nales bro­dées main, rap­por­tées des quatre coins du monde. En vé­ri­table col­lec­tion­neuse mode, elle court aus­si les salles de ventes à la re­cherche de mer­veilles vin­tage, comme cette veste Yves Saint Laurent, pé­riode russe, uni­que­ment sor­table le soir…

Bi­joux

Une vé­ri­table ob­ses­sion. «Mes bi­joux sont comme des ta­touages, je ne les quitte ja­mais, cha­cun a une his­toire.» Adepte des belles pièces vin­tage, elle mixe l’or, l’ar­gent et les pierres pré­cieuses sans res­tric­tion. Dans la fa­mille Gold­stein, on se trans­met les bi­joux de mère en fille. Manque de chance, Diane a deux fils, mais garde au coffre des pièces qu’ils pour­ront don­ner à leurs femmes ou leurs en­fants plus tard.

Sou­ve­nirs

Quand Diane était en­fant, sa mère ne l’ha­billait qu’en jupe plis­sée, gi­let et serre-tête, ce qui reste pour elle une sorte de trau­ma­tisme mode. Plus tard, «à l’époque Va­nes­sa Pa­ra­dis, je fi­lais aux puces de Saint-Ouen pour dé­ni­cher des 501 vin­tage, des bo­dys ou des cein­tures mexi­caines». Diane construit son look en op­po­si­tion aux clas­siques, un brin trop sages pour elle, et ce fonc­tion­ne­ment au re­jet l’en­traîne vers des che­mises d’homme XXL, des cein­tures rap­por­tées d’Amé­rique du Sud, des sweat­shirts Mi­ckey… Au­tant de sta­te­ments qui for­ge­ront sa si­gna­ture.

Sacs

Ce jour-là, un Cop­po­la de Louis Vuit­ton rouge, king size, rem­pli en vrac de make-up, clés de voi­ture, pan­ta­lon de yo­ga, pierres pro­tec­trices et autres gri­gris in­dis­pen­sables. «J’en­vie les filles qui portent des mi­cro-sacs, mais pour moi, c’est non né­go­ciable : il me faut de vraies mai­sons am­bu­lantes.»

Adresses

Ses hot spots spé­cial vin­tage : American Rag et A Current Af­fair, à Los An­geles, temples de la fripe qu’elle plé­bis­cite pour le de­nim qu’elle vé­nère presque au­tant que le ki­mo­no. Cô­té créa­teurs, elle penche pour Dries Van No­ten, Ra­quel Al­le­gra ou Loewe qui savent, se­lon elle, res­ter in­flexibles de­vant la valse des ten­dances mains­tream.

Beau­té

Son toc ? Mé­lan­ger tous les pro­duits pour ne ja­mais ha­bi­tuer sa peau à une crème plu­tôt qu’à une autre. Son ri­tuel prend presque une heure ma­tin et soir : du rou­leau de jade à l’huile bio en pas­sant par les soins Dr Brandt, Nuxe, Pe­ter Tho­mas Roth, Lie­rac et Ta­ta Har­per, la liste est longue… et change tous les mois. Cô­té make-up, elle pri­vi­lé­gie la qua­li­té à la quan­ti­té, se­lon un prin­cipe de na­tu­rel amé­lio­ré : un teint ren­du im­pec­cable par des pro­duits Nars, des sour­cils bros­sés et lé­gè­re­ment re­des­si­nés, des yeux re­haus­sés d’un trait de rose pour illu­mi­ner le re­gard et une bouche ani­mée par une touche de rouge Man­hunt de Nars en­core. Et parce que «la beau­té in­té­rieure est aus­si im­por­tante que la beau­té ex­té­rieure», son ob­ses­sion feel good nu­mé­ro 1 est la po­wer­food. Et plus pré­ci­sé­ment des green pills qu’elle trouve chez le Dr Schulze’s, une phar­ma­cie de Ma­li­bu qui pro­duit ses propres com­plé­ments ali­men­taires bio.

Ci-contre, Diane porte un ki­mo­no en co­ton bro­dé de cuir, Mo­no­ki. En haut à gauche, py­ja­ma en soie, For Rest­less Slee­pers. À droite, trois mo­dèles de la col­lec­tion Mo­no­ki.

Ci-des­sus, Diane porte un ki­mo­no bro­dé de cuir, Mo­no­ki, un jean Re/done et des bottes Top­shop. Au centre, sa col­lec­tion de sacs Her­mès. À droite, blouse en co­ton Pe­ro, com­bi­nai­son April May et boots Gol­den Goose. En bas, T-shirt vin­tage et jean April May.

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