EF­FETS DE SERRE

VOGUE Paris - - Vogue -

Elle s’ap­pelle Ma­rine Serre, elle est fran­çaise et vient de rem­por­ter le prix LVMH 2017 pour les jeunes créa­teurs de mode. Une ré­com­pense qui, au-de­là de son pres­tige, est aus­si une rampe de lan­ce­ment bien an­crée dans la réa­li­té. Par So­nia Ra­chline

s’ap­pelle elle est fran­çaise, et MARINEelle vient SERRE,de rem­por­ter

le prix LVMH 2017 pour Une les ré­com­pen­se­jeunes qui, créa­teurs au-de­là de de mode.son pres­tige sur le pa­pier, est aus­si une rampe de lan­ce­ment bien an­crée dans la réa­li­té. Par So­nia Ra­chline.

Cette

an­née, ils étaient en­core plus nom­breux dans les star­ting- blocks : 1 200 can­di­dats ve­nus de 90 pays dif­fé­rents concou­raient pour le prix LVMH des­ti­né aux jeunes de­si­gners de mode. Avec, dans le vi­seur, une do­ta­tion de 300 000 € et un an d’ac­com­pa­gne­ment par une équipe pro­fes­sion­nelle. Soit le jack­pot quand on dé­bute dans un monde où il ne suf­fit pas d’être ins­pi­ré, mais aus­si bien épau­lé, voire par­rai­né, ques­tion bu­si­ness.

Dé­cer­née en juin der­nier, la ré­com­pense re­vient cette fois à une jeune Fran­çaise, Ma­rine Serre, 25 ans, qui se des­ti­nait au ten­nis pro­fes­sion­nel avant d’opé­rer un chan­ge­ment ra­di­cal et de prendre la di­rec­tion de La Cambre, la cé­lèbre école bruxel­loise d’arts vi­suels. Au prin­temps 2016, elle pré­sen­tait là-bas une col­lec­tion de fin d’études im­mé­dia­te­ment re­mar­quée par la crème des dis­tri­bu­teurs-pres­crip­teurs ( The Bro­ken Arm, Do­ver Street Mar­ket, Ope­ning Ce­re­mo­ny, entre autres).

Il faut dire que ses sil­houettes se nour­rissent de tout ce qui fait le sel de la créa­tion contem­po­raine : le sports­wear y ren­contre

la culture in­ter­na­tio­nale, en l’oc­cur­rence un hé­ri­tage ara­bi­sant. Fon­du en­chaî­né de lignes ath­lé­tiques et de mo­tifs d’Orient, de maillots de cy­cliste et de coupes caf­tan, de pièces fa­çon surf et de tis­sus moi­rés… L’ab­sence de hié­rar­chie es­thé­tique et la li­ber­té de mixer les genres les plus éloi­gnés étant sans conteste l’une des marques de fa­brique des an­nées 2010.

Dans une ré­cente in­ter­view, Ma­rine Serre pré­ci­sait : «Je m’im­prègne de mon en­tou­rage, de mes amis, de ce que je vois dans la rue […]. À La Cambre, on m’a ap­pris à créer une at­ti­tude, pas un man­teau.» Au­tre­ment dit, un style. Reste qu’être cré­dible, c’est aus­si sa­voir conce­voir le bon man­teau. En la ma­tière, les ex­pé­riences n’ont pas man­qué : stages chez Alexan­der McQueen, Mai­son Mar­gie­la, Dior pé­riode Raf Si­mons… Au­jourd’hui, Ma­rine Serre est ju­nior de­si­gner chez Ba­len­cia­ga, sous la hou­lette de Dem­na Gva­sa­lia. Son CV est un sans-faute, ce qui n’au­ra pas échap­pé au ju­ry com­po­sé de Del­phine Ar­nault et des têtes d’af­fiche de l’écu­rie LVMH ( Jonathan An­der­son, Ma­ria Gra­zia Chiu­ri, Ni­co­las Ghes­quière, Marc Ja­cobs, Karl La­ger­feld…) ain­si que de moult autres ex­perts en la ma­tière.

No­ter aus­si qu’un prix spé­cial a éga­le­ment été dé­cer­né à Ko­za­bu­ro Aka­sa­ka, tan­dis que trois ré­com­penses «gra­duate» ont été re­mises à Ma­riam Maz­mi­sh­vi­li, Mai­ja Mei­ro et Ro­bert Wal­lace, jeunes di­plô­més d’écoles de mode. Des noms à re­te­nir, eux aus­si…

ci- contre et ci-des­sus, quatre looks de la col­lec­tion de la jeune créa­trice fran­çaise Ma­rine Serre, en haut.

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