Au fil des pages de… Ch­ris­tophe Ho­no­ré

VOGUE Paris - - Livres -

À l’oc­ca­sion de la sor­tie de son nou­veau livre, Ton père, le réa­li­sa­teur si sin­gu­lier des Biens-Ai­més et des Chan­sons d’amour nous ouvre les portes de sa bi­blio­thèque.

Le livre qui a chan­gé votre vie ? Fou de Vincent, d’Her­vé Guibert. Je ne sais pas s’il a chan­gé ma vie, mais il l’a ten­due comme on bande un arc. J’étais étu­diant à Rennes, libre et seul. Et lire ce texte de Guibert m’a ren­du im­pa­tient de tout.

Le livre que vous n’avez ja­mais réus­si à fi­nir ? Tous ceux qui s’en­tassent à la tête de mon lit, j’ai une très grande dis­ci­pline de non-achè­ve­ment de livres. Je rêve d’ailleurs d’écrire, voire de fil­mer des opus dé­li­bé­ré­ment in­ache­vés, quatre cha­pitres par-ci, vingt mi­nutes de films par-là… Je ne crains rien de plus que ce que l’on peut réus­sir à fi­nir.

Un beau livre à lais­ser sur sa table basse ? Sur ma table basse traînent des tasses de ca­fé, des verres de bière, de la presse mais pas de livre. L’idée du beau livre ex­po­sé m’en­nuie. Dès que j’en aper­çois un tas chez quel­qu’un, ça me donne l’en­vie fu­rieuse d’en ar­ra­cher les pages.

La bio­gra­phie que vous ai­me­riez voir pu­blier ? Celle d’Alain Robbe- Grillet ou celle de mon jeune voi­sin d’en face. De toute fa­çon, elles doivent ra­con­ter la même chose.

L’écri­vain que vous au­riez pu épou­ser ? Phi­lippe Sol­lers, sans hé­si­ta­tion. J’ima­gine qu’être le ma­ri de Phi­lippe Sol­lers est la place la plus en­viable qui soit.

Le der­nier livre que vous avez dé­vo­ré ? Cet état-là, je l’ai vé­cu il y a dé­jà quelques an­nées, au mo­ment de la pa­ru­tion de Lu­nar Park de Bret Eas­ton El­lis. Je n’ai pas de­puis connu une telle ex­pé­rience de lec­ture, mê­lant vi­tesse, ex­ci­ta­tion et ab­so­lu désar­roi. Le livre m’épui­sait au­tant que je le ra­va­geais. El­lis a beau être en­core un écri­vain en vue, je suis convain­cu qu’il de­meure le plus mys­té­rieux et le moins re­con­nu qui soit.

Votre hé­ros ou hé­roïne de fic­tion pré­fé­ré ? Ju­lia Mar­tin dans Quai des Grands-Au­gus­tins de Jean Rhys. Elle est comme une pein­ture, je la re­garde plus que je ne la lis.

Le plus beau titre de ro­man ? Et ce sont les vio­lents qui l’em­portent, de Flan­ne­ry O’Con­nor. Le der­nier livre que vous avez of­fert à la femme ou à l’homme que vous ai­mez ? Les dieux ont soif, d’Ana­tole France, je ne me suis pas trop trom­pé.

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