La­chlan Bai­ley

Apar­té avec le pho­to­graphe aus­tra­lien qui tra­vaille la lu­mière de ses por­traits et de ses images de mode à la ma­nière lé­chée d’un ci­néaste. Ce qu’il dé­montre BRILLAM­MENT dans ce nu­mé­ro.

VOGUE Paris - - Le Complice - Par Théo­do­ra As­part.

Comment êtes-vous tom­bé dans la pho­to de mode ? Du plus loin que je me sou­vienne, j’ai tou­jours ai­mé prendre des images, faire des pe­tits films à la mai­son… Mon père nous fil­mait constam­ment en Su­per 8 et or­ga­ni­sait des séances de vi­sion­nage tous les di­manches soir. C’est là que j’ai com­men­cé à re­gar­der le monde à tra­vers un ob­jec­tif. Ma pas­sion pour le film et la pho­to est née très tôt. Celle pour la pho­to de mode est ve­nue plus tard, lorsque j’ai em­mé­na­gé à Londres.

Ce n’est donc pas le seul re­gistre que vous ayez eu en­vie d’ex­plo­rer ? Non, j’aime faire toutes sortes d’images. Mais j’ai consta­té que la pho­to de mode per­met­tait une grande li­ber­té créa­tive – et, pour être hon­nête, les moyens qui sont ceux de ce mi­lieu, les «beau­ti­ful people» et le style de vie qui va avec n’ont pas été étran­gers à mon choix…

Vos in­fluences ? Quand j’étais étu­diant, j’étais ob­sé­dé par le pho­to­graphe aus­tra­lien Bill Hen­son, son re­gard sin­gu­lier, très ci­né­ma­to­gra­phique. J’ai aus­si tou­jours ado­ré le tra­vail de Sven Nyk­vist, un réa­li­sa­teur et di­rec­teur de la pho­to sué­dois qui a oeu­vré sur plu­sieurs films d’Ing­mar Berg­man. Et je suis un fan ab­so­lu de Lee Fried­lan­der, qui m’in­fluence sans doute au­jourd’hui plus que ja­mais.

Votre ap­proche, en quelques mots ? Na­tu­ra­liste, en un sens. J’aime la lu­mière na­tu­relle, la beau­té na­tu­relle, et le su­jet est tout pour moi. Je ne suis pas dans le do­cu­men­taire froid, plu­tôt dans la cap­ture d’une émo­tion. J’ai ten­dance à tou­jours boo­ker les mêmes man­ne­quins, avec les­quels je me sens à l’aise. Ils com­prennent mon uni­vers, mes in­di­ca­tions, mes mar­mon­ne­ments… Je n’aime pas l’idée de shoo­ter quel­qu’un de trans­for­mé; je pré­fère ré­vé­ler quelque chose d’in­time chez les gens que je pho­to­gra­phie.

Votre pre­mier shoo­ting pour Vogue Pa­ris ? C’était en 2012. Une séance d’une jour­née sur Har­bour Is­land avec la top Mag­da­le­na Fra­cko­wiak. Je me rap­pelle avoir at­teint un ni­veau de stress as­sez éle­vé à l’idée de ra­ter mon coup.

Vous avez si­gné deux sé­ries pour ce nu­mé­ro. Un mot sur cha­cune d’entre elles ? Elles sont très dif­fé­rentes : pour la sé­rie haute joaille­rie «En­vo­lée de carats», on a ima­gi­né des close-up sur une femme ul­tra­chic, sur les toits de Pa­ris – et je pré­cise qu’il fai­sait ex­trê­me­ment chaud, ce jour-là ; pour l’his­toire Dior, tour­née au­tour d’une col­lec­tion croi­sière qui fait vrai­ment voya­ger, j’ai pré­fé­ré tra­vailler en plans plus larges, en grand angle, pour éti­rer le cadre et créer une am­biance très cou­ture, mais pas clas­sique.

Vos ob­ses­sions ? La maî­trise ci­né­ma­to­gra­phique de la lu­mière. Et aus­si la peau, la tex­ture du corps fé­mi­nin.

Une bonne pho­to de mode, c’est… Une pho­to qui ré­siste au temps. Une image que vous avez en­vie d’af­fi­cher chez vous, plu­tôt que de la lais­ser pas­ser sur Ins­ta­gram.

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