Chau­sey, un autre monde

Fuyez la foule ! Cher­chez le mouillage rare, le havre confi­den­tiel et l’es­cale dé­ca­lée au­tour du Co­ten­tin ou dans les îles, si proches mais so bri­tish. Tout un monde à dé­cou­vrir au dé­part de Cher­bourg ou de Gran­ville.

Voile Magazine - - Dossier Week-end En Cotentin Et Aux Iles - Texte : F.-X. de Cré­cy.

DEBARQUER AUX ILES

An­gloNor­mandes, à quelques heures seule­ment de Gran­ville ou de Cher­bourg – à condi­tion d’avoir joué avec la ma­rée – est une ex­pé­rience exal­tante. D’abord parce que si vous avez lu Victor Hu­go, vous au­rez l’im­pres­sion de mar­cher dans les pas du grand exi­lé et de ses hé­ros des Tra­vailleurs de la Mer. En­suite parce que c’est ma­gni­fique, sur­tout si vous com­men­cez par les dé­pen­dances de Guer­ne­sey, Herm et Sark. En­fin, parce que c’est for­mi­da­ble­ment exo­tique, et pour cause, c’est an­glais. Vrai­ment, com­plè­te­ment an­glais, avec des ca­bines té­lé­pho­niques rouges, des pubs et des voi­tures qui roulent à l’en­vers... A 20 milles de Dié­lette, for­cé­ment, c’est un choc. Si vous avez be­soin de vous ac­cli­ma­ter, vous pou­vez com­men­cer par Chau­sey, la seule fran­çaise de l’ar­chi­pel. Ob­jec­ti­ve­ment, ce n’est qu’un caillou – ou plu­tôt un pla­teau de cailloux –, mais le plus beau et le plus at­ta­chant de toute la Manche. En fait, pas­ser par Chau­sey n’a de sens que si vous avez loué à Gran­ville. Si vous êtes par­ti de Cher­bourg, c’est plu­tôt Au­ri­gny, la plus au nord, que vous trou­ve­rez sur la route. La moins tou­ris­tique de toutes, sans doute la plus rude, une sen­ti­nelle au plus près du tra­fic ma­ri­time de la Manche, Au­ri­gny est vrai­ment une terre du large, un lieu à part. Sa si­tua­tion, dans le pro­lon­ge­ment du raz Blan­chard, y est sans doute pour quelque chose. Cet ef­fa­rant ta­pis rou­lant, l’un des plus forts cou­rants de ma­rée en Eu­rope, en fait un cap à prendre très au sé­rieux…

LE RAZ BLAN­CHARD DICTE SA LOI

Ici, la ma­rée n’at­tend pas et la ponc­tua­li­té du ma­rin n’est pas une op­tion. A la ren­verse, on ne passe plus. Si le vent va à re­bours du cou­rant, et même s’il ne souffle pas en tem­pête, le raz dresse sur votre route un cla­pot har­gneux et cas­sant… As­su­rez-vous donc que les condi­tions sont réunies pour le pas­sage, car une fois en­ga­gé vous ne fe­rez pas de­mi-tour. Dans le cas contraire, libre à vous d’al­ler plu­tôt mu­sar­der du cô­té de Bar­fleur et Saint-Vaast. In­ver­se­ment, si vous avez loué sur la côte ouest, à Gran­ville ou à Dié­lette, une al­ter­na­tive peut consis­ter à res­ter sur le conti­nent pour dé­cou­vrir les fa­meux havres du Co­ten­tin. De pe­tits es­tuaires sa­blon­neux tout à fait ex­tra­or­di­naires et mé­con­nus, havres de Sur­ville, de Port­bail, de la Van­lée… Là en­core, le dé­ri­veur in­té­gral est obli­ga­toire, mais quels échouages ! Si c’est plu­tôt le large qui vous at­tire, rien ne vous em­pêche d’al­ler boire une bière à Cowes… Evi­dem­ment, sur un week-end ça fait court, mais c’est un pa­ri qui peut ten­ter un équi­page en forme ! Et c’est tout l’in­té­rêt d’un week-end de trois jours (à peine plus cher qu’un week-end nor­mal), il vous donne le temps d’une vraie pe­tite croi­sière.

Face aux îles, la côte ouest du Co­ten­tin re­cèle des tré­sors mé­con­nus, les havres de Car­te­ret, Port­bail, la Van­lée... Ces pe­tits es­tuaires sa­blon­neux loin de tout sont à dé­cou­vrir en dé­ri­veur in­té­gral.

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