Hanse 388

Voile Magazine - - L'édito - Texte : S. Si­grist. Pho­tos : V. Pe­la­gal­li.

CETTE ANNEE, Hanse a vu les choses en grand, en très grand même. Le chan­tier al­le­mand a pré­sen­té non pas une, mais quatre nou­veau­tés à Cannes : les 388, 348, 418 et 548. En fin de sa­lon, c’est sur le ben­ja­min de la gamme que nous em­bar­quons en pro­fi­tant d’une bonne brise d’ouest. La pre­mière im­pres­sion est l’es­pace et le dé­pouille­ment du cock­pit. Deux bat­te­ries de ta­quets de­vant chaque poste de barre li­bèrent la des­cente des ha­bi­tuels bouts du pia­no. Le cir­cuit des drisses et des écoutes passe sous les hi­loires où elles sont lo­vées et sto­ckées dans une baille à por­tée de la barre. Les deux bancs ar­rière se re­lèvent pour fa­ci­li­ter la cir­cu­la­tion et ac­cé­der ai­sé­ment à la pla­te­forme de bains. Mais pour l’heure, pas ques­tion de pi­quer une tête dans cette brise au­tom­nale, des condi­tions fris­quettes mais idéales pour ju­ger du com­por­te­ment du ba­teau, des sen­sa­tions qu’il pro­cure et de la flui­di­té des dé­pla­ce­ments à bord. Hanse reste fi­dèle à sa phi­lo­so­phie : la fa­ci­li­té de ma­noeuvre. A bord, le bar­reur a les pleins pou­voirs. Toutes les ma­noeuvres re­viennent à por­tée de barre sur deux winches re­cu­lés. Le foc, au­to­vi­reur, ne de­mande pas de tra­vail lors des vi­re­ments de bord, si ce n’est de le cho­quer lé­gè­re­ment pour re­lan­cer la ma­chine. Et en­core. Sur la table du cock­pit, un écran af­fiche la car­to, des ré­pé­ti­teurs sont dis­po­sés sur chaque hi­loire. A la barre, il manque, comme sou­vent sur les ba­teaux d’es­sai, le cale-pieds pour prendre ap­pui à la gîte. La barre est douce et le ba­teau très ré­ac­tif. Au près ser­ré, le spee­do af­fiche une moyenne de 7,5 noeuds et touche même les 8 noeuds dans les sur­ventes. On re­lève 90° au com­pas entre deux vi­re­ments. A me­sure que l’on s’éloigne de l’abri na­tu­rel des îles du Le­vant, le vent fraî­chit. Une ving­taine de noeuds au doigt mouillé. La barre de­vient plus dure, l’angle de gîte aug­mente mais le ba­teau reste très ré­ac­tif. La table de cock­pit, avec sa main cou­rante, ap­porte un ex­cellent ap­pui pour les dé­pla­ce­ments et per­met aux équi­piers de ca­ler leurs pieds sur les bat­tants pour faire du rap­pel « croi­sière » On se dé­place aus­si ai­sé­ment à l’avant, les pieds sé­cu­ri­sés par le pa­vois qui court jus­qu’à l’étrave. Les larges sur­faces vi­trées sur le rouf, au ni­veau de la des­cente et en pied de mât, ap­portent une grande lu­mi­no­si­té à l’in­té­rieur. Mais des bandes an­ti­dé­ra­pantes ne se­raient pas su­per­flues, d’au­tant qu’avec l’hu­mi­di­té du jour, c’est une vraie pa­ti­noire. Heu­reu­se­ment, les oc­ca­sions de se rendre en pied de mât sont rares. Le sys­tème de prise de ris au­to­ma­tique ne re­quiert pas, en ef­fet, de quit­ter le cock­pit. Il exige en re­vanche de la lon­gueur de bouts dans la bôme et des ren­vois qui gé­nèrent plus de frot­te­ments qu’un sys­tème en prise di­recte. A dé­faut de prendre un ris, nous abat­tons en grand pour re­joindre le port de Cannes et pro­fi­tons de ce bord plus confor­table pour pour­suivre notre vi­site sous le pont. L’en­semble est lu­mi­neux et le de­si­gn in­té­rieur a été soi­gné. Les hu­blots de rouf offrent un point de vue im­pre­nable sur le grée­ment et font aus­si of­fice de puits de lu­mière. Les boi­se­ries (châ­tai­gnier ca­na­dien en op­tion) comme les sel­le­ries claires par­ti­cipent aus­si à ce sen­ti­ment de lu­mi­no­si­té. A tri­bord de la des­cente, la cui­sine en L, avec cui­si­nière deux feux, four et fri­go à double ac­cès

DES DEPLACEMENTS SECURISES

est bor­dée d’équi­pets. Cer­tains ran­ge­ments ou­verts au­raient mé­ri­té des fargues plus hautes… La table à cartes, avec le ta­bleau élec­trique, se si­tue sur bâ­bord. Elle est pro­lon­gée d’une ban­quette qui com­plète le car­ré sur tri­bord. A l’avant, la hau­teur, tant as­sis que cou­ché, confère un sen­ti­ment de volume précieux sur une uni­té de cette taille. Les vide-poches sur les cô­tés et en pied de lit, ain­si que les ran­ge­ments de part et d’autre de la porte, ac­cueille­ront tous les ef­fets per­son­nels. Les deux ca­bines ar­rière sont par­fai­te­ment sy­mé­triques. Le grand plus, dé­cli­né sur toutes les uni­tés de la sé­rie, est la lu­mi­no­si­té of­ferte par un vaste hu­blot d’angle. En­fin, cô­té hy­giène, la salle d’eau avec douche et WC est si­tuée à bâ­bord de la des­cente. L’en­semble est très réus­si, en termes de volume mais aus­si de fonc­tion­na­li­té. Le WC peut de­ve­nir as­sise de douche ou zone hu­mide pour se chan­ger après un quart ar­ro­sé. Et c’est bien vu. Ces quelques heures pas­sées à bord du Hanse 388 donnent une très bonne pre­mière im­pres­sion du pe­tit nou­veau de la gamme. Il est fi­dèle aux am­bi­tions de na­vi­ga­tion fa­cile et confor­table et mé­ri­te­rait qu’on ap­pro­fon­disse la ques­tion à l’oc­ca­sion d’une vraie croi­sière et d’un es­sai plus long.

Le foc au­to­vi­reur ex­plique le faible re­cou­vre­ment de la voile d’avant.

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