Bente 24

Voile Magazine - - L'édito - Texte et pho­tos : Ber­nard Ru­bin­stein.

LA « SIL­VER RUDDER »

da­noise est la plus im­por­tante épreuve en so­li­taire ja­mais or­ga­ni­sée. Sur la ligne de dé­part : 400 par­ti­ci­pants, dont le Bente 24 me­né par Piers Oest. Et à l’ar­ri­vée, une place de 8e sur les 65 ba­teaux de sa classe. L’au­to­col­lant est tou­jours en place sur la coque, Piers est éga­le­ment pré­sent pour ce pre­mier bord en baie de La Ro­chelle. Il a la pêche, tout comme son équi­pier Ch­ris­tophe, en dé­pit des 2 000 km qu’ils viennent de par­cou­rir pour ar­ri­ver à temps pour l’ou­ver­ture du Grand Pa­vois ! D’em­blée, nous l’avons consta­té au pon­ton, ce day-boat dé­sor­mais re­pré­sen­té en France par Fla­hault Ma­rine, ne laisse pas in­dif­fé­rent, d’au­tant qu’il était pré­sent ici dans sa ver­sion ré­gate : coque en sand­wich vi­ny­les­ter, mât et bôme car­bone, barre d’écoute de GV, lest de 1,80 m consti­tué d’un voile en com­po­site ter­mi­né par une tor­pille contre 1,45 m pour la ver­sion stan­dard. Pour faire court, il est bon de pré­ci­ser que le Bente 24 se com­mande à la carte. Concrè­te­ment, se­lon son pro­gramme, on peut op­ter pour un grée­ment stan­dard avec mât et bôme alu à un étage de barres de flèche, un grée­ment lac of­frant plus de sur­face de voile, sé­lec­tion­ner le mode de mise en oeuvre de la coque ou en­core choi­sir, pour l’in­té­rieur, les nom­breuses op­tions pro­po­sées. Par exemple l’équi­per d’un ca­bi­net de toi­lette dont l’em­pla­ce­ment est pré­vu à tri­bord, sur l’ar­rière de la ban­quette du car­ré. En re­vanche, la cas­quette en dur si­tuée au ni­veau de la des­cente est de toutes les ver­sions. Elle est même – cô­té confort – l’un des atouts du Bente 24, per­met­tant de dis­po­ser de 1,85 m de hau­teur sous bar­rots au ni­veau de l’en­trée. Une vraie ga­geure pour un ba­teau de 7,55 m de lon­gueur de coque dont le nom de bap­tême, Bente, ne re­lève pas du ha­sard. C’est une équipe de jeunes ar­chi­tectes al­le­mands qui est à l’ori­gine du ba­teau. A sa tête : Alexandre Vro­lijk, se­con­dé par des col­la­bo­ra­teurs dont l’un ne man­quait ja­mais de faire ré­fé­rence à son épouse Bente. Genre : « Qu’au­rait pen­sé Bente de la lon­gueur des cou­chettes ar­rière ? »

UNE CAS­QUETTE EN DUR

Bref, ce day-boat ve­nait de se trou­ver un nom de bap­tême avant de ren­con­trer le suc­cès lors de sa pré­sen­ta­tion en 2015 au sa­lon de Düs­sel­dorf au stade de pro­to­type. Huit ba­teaux ven­dus pen­dant le sa­lon, 75 au­jourd’hui ! Et dé­jà un grand Bente de 39 pieds en pré­pa­ra­tion... Pour l’heure, quelques mi­nutes suf­fisent à prendre la me­sure du ba­teau. Nous sommes quatre à bord mais pas ques­tion de se mar­cher sur les pieds. On trouve fa­ci­le­ment sa place dans le cock­pit. Au bar­reur, le ré­glage de la barre d’écoute fixée sur le ta­bleau ar­rière et ce­lui de la grand-voile consti­tuée d’un pa­lan. Seul pro­blème, la mau­vaise orien­ta­tion de la pou­lie in­fé­rieure ne fa­vo­rise pas son blo­cage. Cô­té plan de pont, c’est simple et fonc­tion­nel. Et en­core plus élé­men­taire sur la ver­sion stan­dard qui ne dis­pose pas de pa­ta­ras ni de barre d’écoute. Cô­té ma­noeuvre, tout fonc­tionne plu­tôt bien. Le gé­nois sans re­cou­vre­ment mon­té sur em­ma­ga­si­neur Har­ken passe d’un bord sur l’autre très fa­ci­le­ment. Et c’est sans ef­fort qu’il se borde sur les winches du cock­pit. Fa­cile donc le Bente 24 mais éga­le­ment per­for­mant avec au près par 10 noeuds de vent ap­pa­rent une vi­tesse de 6,5 noeuds. Certes, dès que le vent tom­bait, nous l’avons trou­vé un peu mou. Ques­tion de ré­glage de mât nous a pré­ci­sé Piers Oest, col­la­bo­ra­teur d’Alexan­der Vro­lijk et ar­chi­tecte na­val comme lui - le ba­teau vient d’être re­mis à l’eau. Bien évi­dem­ment, on ne s’est pas pri­vés d’en­voyer le gen­na­ker de 67 m2 amu­ré sur un bout-de­hors en car­bone. Et là en­core, on s’est fait plai­sir. En fait, si ce ba­teau se com­pose à la carte, il en va de même pour son pro­gramme. L’uti­li­ser pour la ba­lade ra­pide comme un simple day-boat ou avec un ac­cas­tillage plus pous­sé pour ré­ga­ter au­tour de trois bouées. Dans le pre­mier cas, avec ses nom­breux ran­ge­ments sous les cou­chettes consti­tués de coffres, trois sur l’avant, deux sous la ban­quette bâ­bord, il y a de quoi faire même s’il faut com­po­ser avec l’ab­sence de coffre dans le cock­pit. Dans le se­cond cas, le Bente 24 avec son lest im­po­sant, sa GV à corne, a le po­ten­tiel pour oc­cu­per les avant-postes si l’on en juge par sa der­nière pres­ta­tion. Et au vu du suc­cès phé­no­mé­nal ren­con­tré en Al­le­magne, un ba­teau à suivre !

Corne ho­ri­zon­tale pour la GV de ce Bente 24, pré­sen­té ici dans une ver­sion ré­gate.

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