Leo­pard 45

Voile Magazine - - L'édito - Texte et pho­tos : Em­ma­nuel Van Deth.

VOUS SOU­VE­NEZ-VOUS

du Leo­pard 44 ? Né en 2010, il étrenne le fa­meux cock­pit avant, ac­ces­sible de­puis la na­celle. Un pa­ri osé, par la suite adop­té sur tous les mo­dèles du chan­tier Ro­bert­son & Caine. Ce qui re­pré­sente tout de même 1 500 ca­ta­ma­rans avec une porte avant au­tour du monde. Le chan­tier sud-afri­cain n’est pas seul sur le cré­neau : le SC 48 construit par Gar­cia et des­si­né par Pierre De­lion adopte lui aus­si une ou­ver­ture avant. Un coup d’oeil à la double poutre gal­va qui re­prend les ef­forts de com­pres­sion du mât donne une idée du sé­rieux de la construc­tion. Après une belle car­rière – 185 exem­plaires construits –, le 44 passe donc le re­lais au 45, lan­cé en fin d’an­née der­nière. Ce nou­veau mo­dèle de­vrait être pro­duit à qua­rante exem­plaires par an. D’or­di­naire, les condi­tions sont clé­mentes en mai sur la Côte d’Azur ; un so­lide coup d’est nous a per­mis de sor­tir trois fois, sur nos trois jours de croi­sière. Si le pro­gramme du 45 reste iden­tique à ce­lui de son pré­dé­ces­seur – un ca­ta simple, fiable, fa­cile à ma­noeu­vrer qui reste re­la­ti­ve­ment per­for­mant – l’ac­cent a été mis sur le de­si­gn. Fi­ni la ligne as­sez lourde du 44 vu de face : les mon­tants de rouf gris an­thra­cite et les très longs bi­mi­nis, qui pro­tègent aus­si bien le cock­pit ar­rière que ce­lui de l’avant, par­viennent à af­fi­ner la sil­houette. Autre nou­veau­té : l’aban­don des deux sup­ports in­ox de la cas­quette du 44. Des­si­ner un ca­ta­ma­ran plu­tôt élé­gant, un sa­cré dé­fi pour le tan­dem Si­mo­nis/Voogd qui a dû in­té­grer l’im­pres­sion­nante sur­face fron­tale du rouf. Les re­dans sont conser­vés. Ils pré­sentent de mul­tiples avan­tages, en plus d’at­té­nuer vi­suel­le­ment le franc-bord : lar­geur à la flot­tai­son ré­duite pour une vi­tesse moyenne su­pé­rieure et as­su­rance de pré­ser­ver des cou­chages de bonne taille au-des­sus des plan­chers. Les deux mo­teurs de forte puis­sance per­mettent d’éta­ler dans toutes les condi­tions et fa­ci­litent les ma­noeuvres de port.

DES REGLAGES AISES ET UNE BARRE DOUCE

En re­vanche, gare au far­dage vent de tra­vers et aux ac­cos­tages sur bâ­bord – vi­si­bi­li­té ré­duite pour le bar­reur. L’éta­blis­se­ment des voiles est ul­tra-simple : les deux winches élec­triques et le ma­nuel re­prennent toutes les ma­noeuvres de­puis le poste de barre, y com­pris les écoutes de gen­na­ker et la bosse d’en­rou­leur, d’or­di­naire iso­lés. Ré­glages ai­sés – on prend le ba­teau en main en moins de 30 mi­nutes –, barre douce mais di­recte, bonne vue sur l’avant : la na­vi­ga­tion s’an­nonce plai­sante. Le fond de houle, d’abord de face, se né­go­cie en sou­plesse : le 45 ne tape pas et la na­celle est suf­fi­sam­ment haute pour ne pas co­gner. En re­vanche, le tan­gage est sen­sible. Il pour­rait être di­mi­nué en soi­gnant en­core le cen­trage des poids – les ré­ser­voirs d’eau, par exemple, sont ins­tal­lés juste à l’ar­rière du tram­po­line. On re­lève 5 noeuds à peu près à toutes les al­lures pour 9 noeuds de vent réel. Au près, dif­fi­cile de poin­ter plus haut que 50/55° du vent réel mais les ai­le­rons, as­sez pro­fonds, rem­plissent par­fai­te­ment leur of­fice de plan an­ti-dé­rive. Le pa­ri du grée­ment élan­cé, com­bi­né avec un tra­di­tion­nel gé­nois à re­cou­vre­ment, est réus­si. Et n’hé­si­tez pas à vous pro­cu­rer des hé­lices re­pliables : gain d’un de­mi-noeud de vi­tesse ga­ran­ti ! C’est sous voiles et au mouillage que l’on pro­fite le mieux du ca­ta­ma­ran : peu de rou­lis et pas de gîte, bien sûr. La plu­part des zones de far­niente du 45 sont bien pro­té­gées du so­leil : cock­pit ar­rière, cock­pit avant et poste de barre. Seuls la grande pla­te­forme ar­rière et le tram­po­line peuvent faire of­fice de so­la­rium. La cir­cu­la­tion est par­tout ai­sée, avec des mains cou­rantes bien pla­cées. On ap­pré­cie les bos­soirs d’an­nexe à com­mande élec­trique et les larges jupes. A dé­faut d’être dis­crète, l’échelle de bains de la coque bâ­bord est pra­tique avec ses deux sup­ports fixes en in­ox. Le Leo­pard 45 offre un ac­cès à la na­celle de plain-pied. Pas de for­mule « tout open » ici mais de belles ou­ver­tures. Presque trop : la porte est si trans­pa­rente qu’on fonce des­sus sans crier gare… quand elle est fer­mée. La hau­teur sous bar­rots est gé­né­reuse. Les cou­leurs re­te­nues sont bien plus contem­po­raines et de­si­gn que celles des pré­cé­dents mo­dèles. En re­vanche, cer­tains panneaux de vai­grage du pla­fond mé­ri­te­raient un sys­tème de fixa­tion plus cos­taud. La na­celle a été amé­na­gée en fonc­tion des deux cock­pits, en pré­ser­vant une large sur­face de plan­cher en dia­go­nale pour cir­cu­ler de l’un à l’autre. Et ça fonc­tionne : on se sur­prend à pas­ser par la na­celle à l’heure de pré­pa­rer le mouillage… Le car­ré, conver­tible en cou­chette triple, se si­tue sur

bâ­bord. Au fond de la na­celle, table à cartes à bâ­bord – elle avait dis­pa­ru à bord du 44 – et vaste cui­sine en L en face. Un seul dé­faut : la pompe, non in­so­no­ri­sée, est très bruyante. Ca­li­brée pour la vie à bord d’un équi­page com­plet, la cui­sine en im­pose avec son évier im­mense et ses ran­ge­ments. Cette ca­pa­ci­té de sto­ckage à bord est très im­pres­sion­nante. De quoi sa­tis­faire les loueurs comme les pro­prié­taires. Un double pro­gramme dé­sor­mais maî­tri­sé avec la ver­sion Pro­prié­taire dont nous dis­po­sons ; toute la coque tri­bord lui est dé­diée, avec plé­thore de pla­cards, pen­de­ries et autres coffres. Sans ou­blier une vaste cou­chette ar­rière et une salle de bains très bien trai­tée. La coque tri­bord pro­pose deux ca­bines et au­tant de ca­bi­nets de toi­lette. Quant aux pointes avant, elles peuvent être amé­na­gées en ca­bines skip­per. Pen­sé pour na­vi­guer avec le mi­ni­mum de contraintes – main­te­nance fa­ci­li­tée oblige, un hé­ri­tage des im­pé­ra­tifs de la lo­ca­tion –, le Leo­pard 45 convainc grâce aux dé­tails bien pen­sés : ac­cès bat­te­ries im­mé­diat, dos­sier de la ban­quette de cock­pit ré­ver­sible, ta­bleau élec­trique à por­tée de main… Plu­tôt per­for­mant, c’est un ex­cellent sup­port pour na­vi­guer loin, de pré­fé­rence au chaud !

Abri­té à l’ar­rière ou en­so­leillé à l’avant, deux cock­pits au choix pour pro­fi­ter de la croi­sière.

On n’est pas en­core ha­bi­tué à ces cock­pits avant ac­ces­sibles de l’in­té­rieur... Gé­nial !

Com­pa­ré au 44, un net ef­fort a été four­ni au plan du de­si­gn, tant à l’ex­té­rieur qu’à l’in­té­rieur.

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