Sainte-Ma­rine, Bé­no­det

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« Bonne idée Bé­no­det », clai­ronne le slo­gan du port. Si­tué à l’em­bou­chure d’une des plus belles ri­vières de France, Bé­no­det est une sta­tion bal­néaire très pri­sée de­puis la mode des bains de mer et l’es­sor de la Belle Plai­sance à la fin du XIXe. L’Odet marque la fron­tière entre le pays Bi­gou­den et le pays de Foues­nant. Cô­té bi­gou­den, Sainte-Ma­rine est un pe­tit port plus calme, re­la­ti­ve­ment à l’écart de l’agi­ta­tion tou­ris­tique.

Bé­no­det veut dire « Penn Oded » qui si­gni­fie « tête de l’Odet ». Cette po­si­tion stra­té­gique dans un abri na­tu­rel très pro­té­gé, l’anse de Pen­foul, a très tôt fa­vo­ri­sé le dé­ve­lop­pe­ment d’une ac­ti­vi­té por­tuaire (dès le VIe siècle). Au MoyenAge, Bé­no­det est une plaque tournante com­mer­ciale entre Quim­per et l’Es­pagne, l’An­gle­terre et les Pays-Bas. Le com­merce, très ac­tif jus­qu’au XVIIIe, a lais­sé place à la plai­sance de­puis la fin du XIXe. Bé­no­det abrite un des plus an­ciens yacht-clubs de France, le Yacht-club de l’Odet. Le port doit éga­le­ment sa cé­lé­bri­té à Eric Ta­bar­ly, dont un des sur­noms était « le sphinx de Bé­no­det ». Le port de Pen­foul fut le théâtre, en mai 1998, des fêtes du cen­te­naire de Pen Duick à l’oc­ca­sion des­quelles Eric Ta­bar­ly fit un al­ler-re­tour triom­phal sur l’Odet (il dis­pa­rut en mer d’Ir­lande, lors d’un convoyage vers l’Ecosse, dans la nuit du 12 au 13 juin de la même an­née). En aval du port de Pen­foul, der­rière la pointe du Coq où se dresse le pre­mier phare in­di­quant l’ali­gne­ment d’en­trée, s’ouvre l’anse du Trez. Il est très agréable d’y mouiller face à la plage par vent de terre. En met­tant cap à tri­bord en sor­tant de l’Odet, der­rière la pointe de Com­brit, la grande plage de Tre­ven (abri­tée du N et de l’O) est une ex­cel­lente es­cale pour la pause dé­jeu­ner. C’est sur la com­mune de Com­brit, sur la rive droite, qu’est si­tué Sainte-Ma­rine. Plus dis­cret que Bé­no­det qui lui fait face, ce pe­tit port offre une am­biance plus in­time (même si la fré­quen­ta­tion en été est im­por­tante). De­puis les ter­rasses des bars et des res­tau­rants qui en­tourent la pe­tite anse, la vue sur l’Odet est su­perbe. Quand les rayons du cou­cher de so­leil baignent l’es­tuaire de la ria et font briller les coques des ba­teaux qui dorment au mouillage, le ta­bleau est ab­so­lu­ment splen­dide… et tel­le­ment apai­sant ! Les ori­gines du Yacht-club de l’Odet re­montent à 1884. A l’époque de sa créa­tion en 1884, l’as­so­cia­tion s’ap­pelle la So­cié­té des ré­gates de l’Ile-Tu­dy- Loc­tu­dy. Les ré­gates re­groupent alors pê­cheurs et plai­san­ciers qui se re­trouvent ré­gu­liè­re­ment sur les mêmes lignes de dé­part. Mais suite à des que­relles de clo­cher, les « îliens » et les plai­san­ciers de l’Odet dé­cident de faire bande à part. Les pre­mières ré­gates sont or­ga­ni­sées à Bé­no­det en 1907. C’est en 1956 que l’as­so­cia­tion est re­nom­mée le Yacht-club de l’Odet. De­puis qua­rante-six ans, l’Obé­lix Tro­phy, qui se dé­roule en août, est un ren­dez-vous ma­jeur.

Bé­no­det (rive gauche) et Sainte-Ma­rine se font presque face à l’em­bou­chure de l’Odet.

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