Re­pose en paix, Jean-Claude

Voix du Jura - - Esprit -

Col­la­bo­ra­teur de notre jour­nal, Jean-Claude Billet est dé­cé­dé.

Jean-Claude Billet, en re­traite dans son vil­lage na­tal du Villey, or­don­né diacre per­ma­nent par Mgr Le­grez en 2008, vient de nous quit­ter.

Ré­gu­liè­re­ment, Jean-Claude com­men­tait l’Évan­gile dans les co­lonnes de Voix du Ju­ra. Il fai­sait par­tie de la pe­tite équipe de prêtres et de laïcs qui, se­maine après se­maine, re­lit l’Évan­gile du di­manche à ve­nir. Il fal­lait souvent ré­fré­ner l’al­lure de sa plume. Lui, qui n’était pas ba­vard, le de­ve­nait dès lors qu’il s’agis­sait de se frot­ter à la Pa­role de Dieu.

Dans ses do­maines, l’his­toire des idées et la phi­lo­so­phie po­li­tique, Alain de Be­noist est ce que l’on pour­rait ap­pe­ler un monstre. Pen­sez ! Dé­ten­teur de quelque 200 000 livres, il a dé­jà écrit plus d’une cinquantaine de livres, sans comp­ter une my­riade d’ar­ticles dis­pen­sés à plu­sieurs re­vues. Avec lui, pas de risque de s’éga­rer dans de pe­tites his­toires ou dans une phi­lo­so­phie à deux sous : les som­mets, en ma­tière d’éru­di­tion no­tam­ment, ne sont ja­mais très loin. Dans un ou­vrage qui se pré­tend vo­lon­tiers gé­né­ra­liste, Alain de Be­noist re­vi­site les idées po­li­tiques et phi­lo­so­phiques d’une tren­taine de pen­seurs de l’époque contem­po­raine, de Jean-Jacques Rous­seau à Jean-Claude Michéa. Par des S’il n’était pas un in­tel­lec­tuel, Jean-Claude Billet en avait sai­si le suc. Il fai­sait son miel de ces pa­ra­boles où le mes­sage d’amour de Jé­sus ap­pa­raît comme une évi­dence, un fruit dé­li­cat qu’il n’y a qu’à sai­sir. Jean-Claude ai­mait l’Église. Il se pas­sion­nait par­ti­cu­liè­re­ment pour la théo­lo­gie et les théo­lo­giens. Ma­lade et ali­té, il avait de­man­dé pour livre de chevet une vie du grand saint Tho­mas d’Aquin, le prince des théo­lo­giens. Mais, pour Jean-Claude, l’Évan­gile était loin d’être une cons­truc­tion in­tel­lec­tuelle même s’il avait com­pris, à l’ins­tar de saint Au­gus­tin, que la foi de­vait être pen­sée. La foi, il fal­lait sur­tout la vivre, dans l’hu­mi­li­té et la dis­cré­tion ar­ticles de dix à quinze pages, il donne l’es­sen­tiel de ce qu’il faut sa­voir au su­jet de grands es­prits dont la vo­ca­tion était de don­ner à pen­ser. Si le ré­sul­tat peut sem­bler in­égal – de pures bio­gra­phies suc­cé­dant à des ré­flexions pous­sées sur tel ou tel -, pos­sède l’énorme avan­tage de dire beau­coup en peu de mots. Ce­la vaut par­ti­cu­liè­re­ment pour des phi­lo­sophes dont la pen­sée n’est pas fa­cile à sai­sir à la pre­mière lec­ture, loin de là, ce qui est par exemple le cas de Mar­tin Heid­de­ger ou de Jean Bau­drillard. Quoi qu’il en soit, ce livre prouve que l’au­teur dif­fi­cile que peut être Alain de Be­noist sait éga­le­ment être pé­da­gogue. Lorsque sim­pli­ci­té et cul­ture maî­tri­sée se du quo­ti­dien. Humble ou­vrier à la vigne du Sei­gneur, Jean-Claude était un homme à l’écoute des autres, dans la prière et la dis­cré­tion la plus to­tale. Dans la vie, il y a les beaux par­leurs, ceux qui se haussent du col et ne veulent pas la mettre en veilleuse. Et il y a les Jean-Claude. Ils ont hor­reur de faire du bruit et pré­fèrent l’ombre à la lu­mière. Ce­la ne les em­pêche pas de pen­ser et de prier pour l’hu­ma­ni­té bles­sée, pour celles et ceux à qui la vie ne fait pas de ca­deaux. Ce sou­ci, Jean-Claude l’avait au plus pro­fond de lui­même. Son éter­nelle dis­cré­tion com­mence dé­jà nous man­quer… re­joignent à ce point, le ré­sul­tat est for­cé­ment à la hau­teur. Une sur­prise en­fin, la mise en avant de la proxi­mi­té in­tel­lec­tuelle qui rap­pro­chait les ro­man­tiques al­le­mands de Karl Marx. Ce der­nier livre d’Alain de Be­noist consti­tue, en tout cas, une ten­ta­tive ma­gis­trale de pré­sen­ter des pen­seurs dont l’in­fluence de­meure grande pour la marche de notre temps.

Con­cert du groupe élec­tro-pop Ho­pen, le sa­me­di 14 oc­tobre, à 20 h 30, à l’église des Cor­de­liers. En pre­mière par­tie, con­cert du groupe ju­ras­sien OMG. Or­ga­ni­sé par la Pas­to­rale des Jeunes du dio­cèse. En­trée : 10 €

Ate­lier de ré­flexion oe­cu­mé­nique au­tour de l’Évan­gile de Marc, mar­di 17 oc­tobre, au temple de l’Église ré­for­mée. Avec Fran­çois Vou­ga, pro­fes­seur de théo­lo­gie à l’Uni­ver­si­té de Bie­le­feld.

Avec les pa­ra­boles de Jé­sus, on est tou­jours sur­pris et ce sont les grin­ce­ments qui sont im­por­tants. On a presque deux pa­ra­boles construites au­tour d’une même si­tua­tion : « tout est prêt ». Une pre­mière pa­ra­bole pour des in­vi­tés choi­sis par le roi qui ma­rie son fils, mais ces in­vi­tés jugent n’avoir plus rien à voir avec lui : ils dé­clinent deux in­vi­ta­tions et mas­sacrent les en­voyés. Et l’on peut dire la pa­ra­bole de Jé­sus s’ar­rête là. Une deuxième pa­ra­bole pour des in­vi­tés qui ne sont plus choi­sis : les ser­vi­teurs vont cher­cher « aux croi­sées des che­mins […] les mau­vais comme les bons ». L’évan­gé­liste a mis une al­longe à la pa­ra­bole de Jé­sus, parce que la table s’est agran­die : dans sa com­mu­nau­té, il n’y a plus les seuls juifs mais aus­si quan­ti­té d’autres per­sonnes ve­nues d’ailleurs. Mais la Pa­role de Dieu est vi­vante : un jour quel­qu’un pour­suit la pa­ra­bole : dans les nou­veaux ar­ri­vants quel­qu’un n’a pas le vê­te­ment de noces. Il fait tâche : il fi­ni­ra li­go­té, de­hors dans la té­nèbre, là où il y a pleur et grin­ce­ment de dents (tout est au sin­gu­lier dans le texte grec : ne noir­cis­sons pas le ta­bleau !). Mais comment faire concor­der ce de­nier fait avec la der­nière sen­tence : « beau­coup d’ap­pe­lés et peu d’élus » ? Ap­pa­rem­ment les beau­coup, les « nom­breux ap­pe­lés » sont à la noce et l’élu, le « peu nom­breux », et même le seul, est là de­hors et li­go­té dans la nuit, le pleur et le grin­ce­ment de dent. Qui est-ce ? Peu­têtre Jé­sus ? Il est en­tré triom­pha­le­ment à Jé­ru­sa­lem et a chas­sé les ven­deurs et ache­teurs du Temple au cha­pitre pré­cèdent. Ses op­po­sants aus­si­tôt après la pa­ra­bole cherchent à l’iso­ler de plus en plus. Piste certes in­ha­bi­tuelle mais je vous la par­tage. Mé­fions­nous des pa­ra­boles quand elles de­viennent trop lisses et n’ont plus leur rôle de poil à grat­ter. Le poil à grat­ter, c’est ce qui fait re­gar­der dans toutes les di­rec­tions et ex­plo­rer de nou­veaux ho­ri­zons. Bonne se­maine. [Jean-Ma­rie Bou­hans]

Le Sei­gneur de l’uni­vers pré­pa­re­ra pour tous les peuples, sur sa mon­tagne, un fes­tin de viandes grasses et de vins ca­pi­teux, un fes­tin de viandes suc­cu­lentes et de vins dé­can­tés. Sur cette mon­tagne, il fe­ra dis­pa­raître le voile de deuil qui en­ve­loppe tous les peuples et le lin­ceul qui couvre toutes les na­tions. Il fe­ra dis­pa­raître la mort pour tou­jours. [Is 25, 6-10a]

Le parc d’éo­liennes de Cha­mole, en cours de dé­ve­lop­pe­ment de­puis 2007, ar­rive au­jourd’hui dans sa phase ter­mi­nale. Avec l’as­so­cia­tion «Vents du Gri­mont» dé­cou­vrons le pro­jet de ter­ri­toire qui fait ap­pel au fi­nan­ce­ment ci­toyen pour ac­qué­rir une des six éo­liennes du parc qui se­ront mises en ser­vice très pro­chai­ne­ment. Jeu­di 12 oc­tobre à par­tir de 12 h 15

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