A l'ori­gine de la ville était le Puits-Sa­lé

Suite de notre sé­rie his­to­rique sur les lieux qui ont fait Lons-le-Sau­nier, nous vous em­me­nons au­jourd’hui dans le ber­ceau de la ville ; le Puits Sa­lé.

Voix du Jura - - La Une - Jof­frey Fo­dim­bi

Tous les Lé­do­niens le savent, ou presque, le ber­ceau de leur ville se si­tue en lieu et place de l’ac­tuel Puits Sa­lé. C’est au néo­li­thique, soit au alen­tour de 7 000 avant JC que les pre­miers hommes semblent mon­trer de l’in­té­rêt pour le lieu, sans pour au­tant qu’on ait la preuve réelle d’une im­plan­ta­tion pé­renne à cette époque. Si l’ex­ploi­ta­tion du sel, en pe­tit vo­lume pour la conser­va­tion des ali­ments, est une réa­li­té pour ces hommes, rien ne prouve pour au­tant qu’ils s’y sont im­plan­tés en nombre dès la pré­his­toire, comme pour­rait le lais­ser pen­ser le fan­tasme lo­cal.

Le­do sa­li­na­rius

Ce qui est cer­tain, c’est que la vie se concentre ici, et pas ailleurs, grâce à la proxi­mi­té de la source sa­line, et ce dès l’époque gal­lo-ro­maine, avec le peuple gau­lois des Sé­quanes, avant de de­ve­nir Le­do sa­li­na­rius, « ville du sel » en la­tin, sous l’ère ro­maine. Mais ce n’est que bien des siècles plus tard, au Moyen-Âge, que le Puits Sa­lé émerge, ou du moins son ex­ploi­ta­tion éco­no­mique. Si le lieu est source d’une éco­no­mie flo­ris­sante pour la ville, son ex­ploi­ta­tion n’est pas constante, et su­jette à de nom­breux aléas du temps.

Alors qu’au XIIe siècle, l’ex­ploi­ta­tion du sel fait la ri­chesse de la ville, cette éco­no­mie tombe en désué­tude à la moi­tié du XIIIe siècle, au pro­fit de Sa­lins-lesBains. Iro­nie de l’his­toire, c’est au XIVe siècle que l’épi­thète « le Sau­nier » est ajou­té au nom de la ville, alors que l’ex­ploi­ta­tion du sel y était à l’ar­rêt, et ce de­puis 1317 et l’in­cen­die ac­ci­den­tel des Sa­lines de Ri­che­bourg. L’ex­ploi­ta­tion du sel en tant que tel re­par­ti­ra en de rares oc­ca­sions jus­qu’au XVIIIe siècle, avant d’être to­ta­le­ment aban­don­née en 1831 au pro­fit des Sa­lines de Mont­mo­rot.

La source d’eau sa­lée, elle, per­dure, et don­ne­ra une nou­velle vie au site une ving­taine d’an­nées plus tard, avec l’im­plan­ta­tion d’un éta­blis­se­ment de Bains pu­blics ; soit la nais­sance du ther­ma­lisme dans la ville, avant de se trans­for­mer en pis­cine mu­ni­ci­pale au dé­but du XXe siècle. Dé­fi­ni­ti­ve­ment fer­mée et comblée en 1985, la pis­cine lais­se­ra place au square que l’on connaît au­jourd’hui, avec, comme seul re­lique de son pas­sé, une fon­taine d’eau sa­lée et un mur gra­vé : « Ex­ploi­té par les hommes de l’âge de la pierre po­lie, par les Celtes, Gau­lois et les Gal­lo-romains, ayant connu son apo­gée au XIIe siècle, in­cen­dié et aban­don­né au XIVe siècle, le Puits Sa­lé est à l’ori­gine de la ville de Lons-le-Sau­nier. »

Sym­bole de la ville, le Puits Sa­lé a su se re­nou­ve­ler à tra­vers les siècles.

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