Chez Ru­do­lo­gia, on étu­die les dé­chets sous toutes leurs cou­tures

Dis­crète au ni­veau lo­cal de­puis sa créa­tion il y a 15 ans, l’as­so­cia­tion est pour­tant majeure dans le monde de la ges­tion de dé­chets.

Voix du Jura - - Lons -

Ru­do­lo­gie : du la­tin ru­dus, qui si­gni­fie dé­combre, et lo­gia, l’étude. Ru­do­lo­gia, l’as­so­cia­tion lé­do­nienne d’en­ver­gure na­tio­nale créée il y a 15 ans, tra­vaille donc sur l’étude, sous toutes ses formes, des dé­chets. A la mise en place des col­lectes sé­lec­tives dans les an­nées 90 dans quelques ter­ri­toires pion­niers, comme Lons-le-Saunier, les an­nées 2000 laissent place à la ré­flexion sur la place même du tri des dé­chets dans notre so­cié­té, et les moyens mis en oeuvre pour le dé­ve­lop­per. Face à la né­ces­si­té du par­tage des connais­sances sur le su­jet entre les ac­teurs du do­maine et la for­ma­tion de ces der­niers, la Ré­gion Franche-Com­té, l’Agence de l’en­vi­ron­ne­ment et de la maî­trise de l’éner­gie, le Dé­par­te­ment du Ju­ra, le SYDOM et la ville de Lons-le-Saunier dé­cident de créer l’as­so­cia­tion Ru­do­lo­gia en 2002. Ses ob­jec­tifs : réunir tous les ac­teurs des dé­chets au­tour de pro­jets com­muns et dé­ve­lop­per l’offre de for­ma­tion.

Quinze ans a, l’as­so­cia­tion s’est dé­ve­lop­pée, jus­qu’à de­ve­nir un des lea­ders du do­maine. Or­ga­nisme de for­ma­tion, l’as­so­cia­tion a for­mé plus de 10 000 per­sonnes de­puis sa créa­tion. Ins­ti­ga­trice d’une li­cence pro­fes­sion­nelle Ges­tion et trai­te­ment des dé­chets, l’as­so­cia­tion a per­mis à 350 étu­diants d’ob­te­nir leur di­plôme. Au quo­ti­dien, l’as­so­cia­tion, com­po­sée d’une ving­taine d’adhé­rents et gé­rée par cinq de sa­la­riés, va à la ren­contre des col­lec­ti­vi­tés et des ac­teurs ter­ri­to­riaux, afin de les ai­der à trou­ver des so­lu­tions, pour être tou­jours plus per­for­mant en ma­tière de tri des dé­chets. « Nous sommes des ca­ta­ly­seurs ; dé­but sep­tembre par exemple, nous avons ren­con­tré une soixan­taine de membres de col­lec­ti­vi­tés et de pro­fes­sion­nels à Caen pour les ai­der à amé­lio­rer leur ges­tion des dé­chets des pa­piers d’em­bal­lage. Nous met­tons en re­la­tion les per­sonnes, ceux qui ont des so­lu­tions et ceux qui en cherchent, pour les ai­der à se sor­tir de leurs pro­blé­ma­tiques », ex­plique Ju­lien Bou­ze­not, di­rec­teur de Ru­do­lo­gia.

Une né­ces­si­té d’amé­lio­rer le trai­te­ment des dé­chets, qui pour l’as­so­cia­tion, n’est pas près de s’ar­rê­ter. « En soi, tout ce qui est fa­bri­qué de­vien­dra un dé­chet. Nous de­vons donc ima­gi­ner conti­nuel­le­ment des sys­tèmes pour pou­voir tout trier, puis re­cy­cler. Si les pro­blé­ma­tiques sa­ni­taires liées aux dé­chets sont pas­sées, dé­sor­mais l’en­jeu se trouve du cô­té de la fa­bri­ca­tion même ; où dès le dé­part, il faut pen­ser à la fin de vie d’un ob­jet et ce qu’il de­vien­dra. »

Dans les an­nées à ve­nir, l’as­so­cia­tion compte se pen­cher sur la dé­cons­truc­tion sé­lec­tive des bâ­ti­ments, per­met­tant d’en re­cy­cler ou va­lo­ri­ser chaque par­tie et ma­té­riaux, mais éga­le­ment sur la ges­tion fu­ture des mil­lions de pneus usa­gés qui par­sèment le pays sur les bâches des si­los d’en­si­lage. Plus proche dans le temps, l’as­so­cia­tion va conclure dans les mois à ve­nir, le rap­port d’une étude au­près de 5 000 éta­blis­se­ments de santé, com­man­dée par les mi­nis­tères de l’en­vi­ron­ne­ment et de la santé, sur la ges­tion des mé­di­ca­ments non uti­li­sés. Des tra­vaux qui se­ront uti­li­sés dans le cadre du Plan Na­tio­nal Mi­cro­pol­luant 2020 sur la qua­li­té de l’eau ; l’en­jeu étant de s’as­su­rer que ces mé­di­ca­ments ne se re­trouvent pas dans les mi­lieux aqua­tiques.

Ju­ra Na­ture En­vi­ron­ne­ment or­ga­ni­sait les 28 et 29 oc­tobre un chan­tier par­ti­ci­pa­tif des­ti­né à la pré­ser­va­tion de la bio­di­ver­si­té sur la côte de Man­cy. Clas­sée ré­serve na­tu­relle ré­gio­nale en 2010 par le Conseil ré­gio­nal, elle s’étend sur 49 ha et son al­ti­tude va­rie de 280 à 418 m. « C’est un pa­tri­moine naturel re­mar­quable, un ré­ser­voir de bio­di­ver­si­té qui abrite no­tam­ment une belle mo­saïque de pe­louses sèches ain­si qu’une im­por­tante po­pu­la­tion de pa­pillons », est-il dé­crit. Les chiffres sont élo­quents : aux 102 es­pèces pré­sentes le jour, il convient d’ajou­ter 558 es­pèces noc­turnes, mais aus­si 455 es­pèces de flore, 131 es­pèces de cham­pi­gnons, 14 es­pèces de chauves-sou­ris et pas moins de 40 oi­seaux ni­cheurs.

As­so­cié au Conser­va­toire d’es­paces na­tu­rels de Franche-Com­té, Ju­ra Na­ture En­vi­ron­ne­ment s’ef­force de sen­si­bi­li­ser, d’in­for­mer et d’agir pour que ce genre de site reste le plus pos­sible en l’état. Ain­si, une bonne ving­taine de vo­lon­taires se sont donc re­trou­vés - convi­via­li­té ha­bi­tuelle oblige - au­tour d’un ca­fé juste avant un dé­part dans la fraî­cheur pour la col­line.

Ob­ser­va­tion, re­mise en lu­mière de murs et de tas de pierres iso­lées, pe­tites ac­tions de dé­brous­saillages… fi­gu­raient au pro­gramme des deux jour­nées. Les bé­né­voles sont ve­nus de Châ­tel-de-Joux, de Pierre-de-Bresse, de Lons, de Ge­vin­gey… Le mes­sage in­sis­tant de l’as­so­cia­tion qui pré­co­nise le res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment trouve son écho et ce ne sont pas les ron­geurs, les rep­tiles, les oi­seaux de la côte de Man­cy qui s’en plain­dront. Après ce chan­tier, cha­cun trou­ve­ra plus fa­ci­le­ment son ha­bi­tat et un abri pour l’hi­ver, alors qu’au prin­temps les mou­tons re­trou­ve­ront leurs pâ­tures.

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