La rue Saint-Dé­si­ré a long­temps re­lié la ville à son fau­bourg

Voix du Jura - - Lons -

Suite de notre sé­rie his­to­rique sur les lieux qui ont fait Lons-le-Saunier, un par­cours le long de la rue Saint-Dé­si­ré.

Les Lé­do­niens connaissent l’im­por­tance his­to­rique du quar­tier Saint-Dé­si­ré long­temps fau­bourg de la ville, sé­pa­ré d’elle par la Val­lière. Une charte-pan­carte de l’ar­che­vêque de Be­san­çon de 1083 in­dique que l’église a été cé­dée par Thi­bert de Mont­mo­rot à l’ab­baye de Baume, sans que l’on puisse af­fir­mer qu’il s’agit de l’église que l’on y voit au­jourd’hui. Dès 1154, les écrits men­tionnent aus­si un mo­nas­tère en ces lieux et quelques an­nées plus tard la pré­sence d’un hos­pice qui sub­sis­te­ra jusque vers 1455.

Au dé­but du XVIe, l’hô­pi­tal du Fau­bourg ou en­core des Mar­chands, car fon­dé par eux, voi­si­nait au n°22 avec le pre­mier pont construit à Lons sur la Val­lière. Plu­sieurs in­cen­dies sont ve­nus en­dom­ma­ger église, bâ­ti­ments claus­traux, hô­pi­tal ou autres, no­tam­ment en 1536, 1595 et 1637. Est-ce pour ce­la que la ville son­gea en­suite à uti­li­ser la source jaillis­sant de la côte de Mont­ciel pour ame­ner l’eau au coeur de la ci­té au moyen de conduits en terre ? Ap­pa­raissent alors des fon­taines dont l’une de­vant l’hô­pi­tal du Fau­bourg. Les nou­velles bou­che­ries de la ville rem­pla­çant celles du quar­tier de Ba­lerne se­ront construites en 1682 en face de l’hô­pi­tal du Fau­bourg, la Val­lière per­met­tant alors une éva­cua­tion pra­tique des dé­chets. Le pont de la Pi­tié, seul pont de la ville, de­vien­dra Pont des Bou­che­ries, les­quelles res­te­ront opé­ra­tion­nelles jus­qu’en 1840.

Plus haut, au ni­veau de l’ac­tuel ly­cée Sainte-Ma­rie, la porte de Cour­bou­zon flan­quée de deux pe­tites tours, at­tes­tée en 1595, et don­nant ac­cès à la rue épo­nyme, est dé­mo­lie en 1718. L’hô­pi­tal du Fau­bourg su­bit un nou­vel in­cen­die en 1737 et ne ser­vi­ra plus, du fait de la construc­tion de l’Hô­tel-Dieu. En 1793, la rue Saint-Dé­si­ré de­vien­dra pour trente ans rue de l’Ad­mi­nis­tra­tion. Il est vrai que le pre­mier pré­fet du dé­par­te­ment, M. Pon­cet, vient dès 1801 ré­si­der dans l’an­cien couvent des Bé­né­dic­tins qui su­bi­ra comme l’église plu­sieurs trans­for­ma­tions, au fur et à me­sure de l’évo­lu­tion du siège de la re­pré­sen­ta­tion de l’État. Les mai­sons ap­pa­raissent à l’ali­gne­ment, sauf l’école de gar­çons re­cons­truite au n° 76 par la mu­ni­ci­pa­li­té de Vic­tor Lo­rain sur une an­cienne école confes­sion­nelle, au­jourd’hui Mai­son des Syn­di­cats. De nom­breux com­merces, dont ce­lui ou­vert en 1899 par Jo­seph Pe­len au n°1, confèrent à la rue l’at­trac­ti­vi­té qu’on lui connaît au­jourd’hui du centre-ville à l’église. Le pont de la Pi­tié a été sup­pri­mé au pro­fit de la cou­ver­ture de la Val­lière, en fin des an­nées 50, et la cir­cu­la­tion rou­tière l’uti­li­sant de­puis coupe au­jourd’hui l’an­cien axe prin­ci­pal en deux par­ties, d’ailleurs re­qua­li­fiées par la com­mune.

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