■FOULENAY Les étangs de la Bresse ju­ras­sienne, hier et au­jourd’hui

Après les mou­lins de la Seille et le mou­lin de Vau­drey, Ber­nard Bi­chon pu­blie un nou­vel ou­vrage se rap­por­tant à l’eau et ses usages an­ciens ou ac­tuels.

Voix du Jura - - Lons -

Ber­nard Bi­chon vient de pu­blier, à compte d’au­teur, une

Entre Chaus­sin et Saint-Amour, les quelque 1 000 hec­tares d’étangs ne re­pré­sentent plus qu’en­vi­ron la moi­tié de la sur­face en eau du dé­but du XVIIIe siècle, par l’ef­fet de quelques as­sè­che­ments im­po­sés par l’ad­mi­nis­tra­tion mais sur­tout d’as­sè­che­ments spon­ta­nés pour trou­ver de nou­velles terres agri­coles.

Dans cet ou­vrage abon­dam­ment illus­tré, l’au­teur re­met en cause cer­taines idées re­çues : les moines n’ont pas joué un rôle mo­teur dans leurs amé­na­ge­ments, mais plu­tôt les sei­gneurs laïcs. Jus­qu’au XIXe siècle, le pois­son est un ali­ment très cher, dif­fi­ci­le­ment ac­ces­sible au peuple. Un grand nombre d’usages des étangs sont énu­mé­rés : source d’éner­gie avec les mou­lins d’étangs, dé­fense avec les mottes cas­trales, les­sive…

De­puis une tren­taine d’an­nées, la fonc­tion nour­ri­cière de l’étang passe au se­cond plan der­rière la fonc­tion de loi­sirs. La qua­li­té des eaux se dé­grade lorsque les étangs ne sont plus vi­dés comme le fai­sait la pêche tra­di­tion­nelle, qui les met­tait par ailleurs en as­sec tem­po­raire, ce qui était aus­si utile pour as­su­rer la bio­di­ver­si­té.

Pro­fes­seur d’his­toire à la re­traite, Ber­nard Bi­chon ha­bite à Foulenay. Il a pré­cé­dem­ment pu­blié deux autres ou­vrages se rap­por­tant éga­le­ment à l’usage des eaux. Dans

il pré­sente une étude his­to­rique sur les éta­blis­se­ments hy­drau­liques ani­més par la ri­vière qui tra­verse Voi­teur et Blet­te­rans. Une cen­taine de sites sont énu­mé­rés avec les di­vers usages de ces éta­blis­se­ments : pro­duc­tion ali­men­taire avec les fa­rines, gruaux et les huiles, trai­te­ment du bois avec les scie­ries, tour­ne­rie, avec les scie­ries à tufs, des fibres tex­tiles avec le trai­te­ment du chanvre et du lin, du mé­tal avec les mar­ti­nets, pro­duc­tion d’élec­tri­ci­té avec la ques­tion d’un re­nou­veau éven­tuel de ce rôle dans le cadre de la re­cherche ac­tuelle d’une di­ver­si­fi­ca­tion des sources d’éner­gie.

En­fin est écrit à quatre mains. Ber­nard Bi­chon a ré­di­gé les pre­miers cha­pitres sur les ar­chives re­mon­tant au 14e siècle sur les pro­prié­taires des sei­gneurs de Vau­drey puis leurs des­cen­dants, jus­qu’au ra­chat 1911 par la fa­mille Mag­de­laine. Jean Mag­de­laine pré­sente les ac­ti­vi­tés ac­tuelles de ce mou­lin qui a su ré­sis­ter à la forte concen­tra­tion des en­tre­prises de meu­ne­rie. Il a dé­ve­lop­pé la pro­duc­tion de fa­rines bio, une par­tie des mou­tures en­core faites par meules de pierre. Non seule­ment la force de l’eau de la ri­vière la Cui­sance est tou­jours em­ployée, mais de­puis peu, on y pro­duit de l’élec­tri­ci­té.

Il y a cent ans, chaque fa­mille fran­çaise avait ses gar­çons dans les tran­chées. Par­mi eux, le jeune Apol­li­naire a lais­sé des té­moi­gnages écrits. La force et la beau­té de ses textes ont beau­coup ins­pi­ré les membres de la com­pa­gnie La pe­tite au­to, troupe de théâtre ju­ras­sienne. Ils ont créé le spec­tacle théâ­tral et mu­si­cal in­ti­tu­lé

qui se­ra pré­sen­té ven­dre­di 10 no­vembre à 20 h 30 à la salle des fêtes. Ce spec­tacle plonge le spec­ta­teur dans les an­nées 1914-1916 entre Pa­ris, les tran­chées, les perm’, sur fond d’his­toire, d’amour et de sur­réa­lisme. Les émo­tions se mêlent : peur, fas­ci­na­tion, amour, hor­reur, sen­sua­li­té… por­tées par la mu­sique. Il a ob­te­nu le la­bel cen­te­naire de l’Of­fice na­tio­nal des an­ciens com­bat­tants et vic­times de guerre. Avec Pa­trick Rous­sey, au­teur-com­po­si­teur et An­toine Du­prez, co­mé­dien re­pré­sen­tant la com­pa­gnie La pe­tite au­to et Les ci­né­bites tran­quilles.

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