On a tes­té pour vous… TOU­RISME. le Pe­tit train de Tou­louse

Le Pe­tit train, c’est le pas­sage in­con­tour­nable pour les tou­ristes de pas­sage dans une grande ville. Que vaut-il à Tou­louse ? Que pensent les tou­ristes de la ba­lade ? Re­por­tage.

Voix du Midi (Toulouse) - - Sortir -

Jeu­di 3 août, 14h50. Dé­part du Pe­tit train au tic-tac près, à l’heure conve­nue sur le pan­neau, qui an­nonce quelques per­tur­ba­tions de par­cours dues aux tra­vaux. Qui vi­vra ver­ra, on est cen­sés être dé­ten­du et en va­cances dans l’une des plus belles villes de France…

Le Pe­tit train est bon­dé et brasse des gens de plu­sieurs pays et de plu­sieurs langues. C’est par­ti pour quelques ex­pli­ca­tions sur les ta­bleaux qui ornent les Ar­cades du Ca­pi­tole puis di­rec­tion rue du Taur et le ré­cit de Saint Ser­nin. Ar­ri­vée de­vant la ba­si­lique au son des mar­teaux­pi­queurs. « Ici, une foule de pro­me­neurs se presse le di­manche ma­tin pour le tra­di­tion­nel mar­ché aux puces » , in­dique la voix fé­mi­nine en­re­gis­trée au haut-par­leur. Carte pos­tale his­to­rique, même si au quo­ti­dien, les ha­bi­tués doivent se rendre al­lées Jules-Guesde de­puis dé­but 2017 en rai­son des tra­vaux.

Quoi, Tou­louse n’est « que » la 3e ville étu­diante de France ?

En ar­ri­vant dans le quar­tier étu­diant de l’uni­ver­si­té Tou­louse 1-Ca­pi­tole, « la voix » an­nonce tout de go. « L’Uni­ver­si­té de Tou­louse, créée en 1229, est l’une des plus an­ciennes d’Eu­rope. Au­jourd’hui, Tou­louse est la 3e ville uni­ver­si­taire de France der­rière Pa­ris et Lyon avec plus de 100 000 ha­bi­tants » . Zut, à force d’en­tendre dire que le Ca­pi­tole était juste der­rière la Ca­pi­tale en nombre d’étu­diants, notre fier­té en prend sa­cré­ment un coup.

Di­rec­tion l’ave­nue de Bar­ce­lone et le tour du ca­nal du Mi­di jus­qu’aux al­lées de Brienne et la place Saint-Pierre. Si le deuxième cir­cuit du Pe­tit train est cen­tré sur le ca­nal du Mi­di, une pe­tite al­lu­sion n’au­rait pas été de trop. Dans cette sé­quence, on pour­ra re­gret­ter le trop grand si­lence de « la voix » et l’ou­bli du Ba­zacle.

En­suite, ba­lade le long des quais de la Ga­ronne, à la Dau­rade, avec « à votre droite, la sil­houette im­po­sante du dôme de La Grave » . Puis ar­ri­vée place Saint-Pierre, « l’en­droit où se re­trouvent les étu­diants » . Doux eu­phé­misme…

La suite du par­cours nous em­mène rue de Metz, de­vant la fon­taine de la Tri­ni­té, place Saint- Georges, place Wil­son, Jean-Jau­rès avant de fi­nir par la rue Al­sace-Lor­raine cô­té nord et la rue de Ré­mu­sat. « La voix » an­nonce la fin de la vi­site sur un doux fond mu­si­cal, pa­reil à ce­lui d’un avion qui vient d’at­ter­rir. Der­rière, un jeune se moque : « C’est la pe­tite voix de l’as­cen­seur ! » .

« J’ai pré­fé­ré le Pe­tit Train de Bourges… »

15h25, fin de la ba­lade pour ti­ming im­pec­cable. Alors, chers tou­ristes de Tou­louse, heu­reux ? « Bien bien, c’était une belle ba­lade » , nous ré­pond dans la pré­ci­pi­ta­tion une dame pa­ri­sienne. Il y avait là aus­si une fa­mille ve­nue de Bel­gique, près de Liège. Mal­gré le sou­rire, la note ar­tis­tique et tech­nique du Pe­tit train tou­lou­sain n’est pas brillante. « Comme beau­coup de Pe­tits trains, c’est ni bien ni mal. J’au­rais ai­mé que le chauf­feur s’ar­rête da­van­tage pour nous lais­ser prendre des pho­tos, comme pour la fon­taine (de la Tri­ni­té, aux Carmes, ndlr) ou les quais de la Ga­ronne » , re­grette Willy, le père de fa­mille. « Je trouve dom­mage qu’il n’y ait pas de casque avec les ex­pli­ca­tions même pour les per­sonnes fran­co­phones, in­dique sa femme, Ma­rie-Hé­lène. Entre la cir­cu­la­tion et le bruit des tra­vaux, on n’en­ten­dait pas grand-chose » .

Notre fa­mille a vi­si­té de nom­breuses villes en France et a pris l’ha­bi­tude de fré­quen­ter le Pe­tit train lo­cal. Leur cham­pion ? « Le Pe­tit train de Bourges (Cher). C’était ma­gni­fique et nous avions le temps à chaque mo­nu­ment de prendre des pho­tos et d’avoir des ex­pli­ca­tions. Là, à cer­tains mo­ments, je me di­sais que le dé­pliant de l’Of­fice de tou­risme pou­vait suf­fire » .

On a ai­mé

- La ponc­tua­li­té de la vi­site. 35 mi­nutes af­fi­chées et res­pec­tées à la mi­nute près

- La vi­site s’ef­fec­tue dans les prin­ci­paux en­droits de l’hy­per­centre et n’ou­blie qua­si­ment pas d’images de carte pos­tale, même si la pié­ton­ni­sa­tion pro­gres­sive de la ville rend cer­tains en­droits in­ac­ces­sibles

On n’a pas ai­mé

- Les trop grands mo­ments de blanc entre deux ex­pli­ca­tions au haut-par­leur

- Les ré­fé­rences his­to­riques ne sont que trop ra­re­ment agré­men­tées de consi­dé­ra­tions pré­sentes, comme par exemple la can­di­da­ture de Tou­louse au pa­tri­moine mon­dial de l’Unes­co de son centre his­to­rique. L’ob­jet de la vi­site, jus­te­ment…

- Les « stops-pho­tos » pro­po­sées par le conduc­teur ne sont pas as­sez nom­breux et pas as­sez longs pour que les tou­ristes puissent réel­le­ment en pro­fi­ter

- La fin de la vi­site au­rait mé­ri­té un pe­tit coup de pub pour le deuxième cir­cuit spé­cial ca­nal du Mi­di

- Le prix (7 eu­ros les 35 mi­nutes pour les adultes), peu­têtre lé­gè­re­ment ex­ces­sif. À Bor­deaux, par exemple, c’est 8 eu­ros le ti­cket, mais avec une vi­site com­men­tée d’une heure

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