Chez les ra­di­caux, le PRG et les Va­loi­siens vont fu­sion­ner

Les pro­chaines se­maines de­vraient ac­ter la fu­sion du Par­ti ra­di­cal de gauche et du Par­ti ra­di­cal va­loi­sien. Mais que pensent les res­pon­sables tou­lou­sains d’un tel rap­pro­che­ment ?

Voix du Midi (Toulouse) - - La Une -

C’est peu de dire que la vic­toire d’Em­ma­nuel Ma­cron a en­gen­dré un pro­fond séisme dans la vie po­li­tique fran­çaise. La vic­toire écra­sante de la Ré­pu­blique en Marche (LREM) à la pré­si­den­tielle et aux lé­gis­la­tives, no­tam­ment à Tou­louse et en Oc­ci­ta­nie, l’émer­gence de la France In­sou­mise, l’écla­te­ment de la droite et l’épar­pille­ment fa­çon puzzle du Par­ti so­cia­liste étaient dif­fi­ci­le­ment en­vi­sa­geables il y a à peine quelques mois.

En Oc­ci­ta­nie, Syl­via Pi­nel à la ma­noeuvre

Dans ce champ de ruines, de va­leu­reux com­bat­tants veulent re­col­ler les mor­ceaux : le Par­ti ra­di­cal de gauche (PRG), pré­si­dé par la Tou­lou­saine Syl­via Pi­nel, dé­pu­tée du Tarn-et-Ga­ronne, et le Par­ti ra­di­cal va­loi­sien (PRV), plus vieux par­ti de France fon­dé en 1901 au­jourd’hui membre de l’UDI, pré­si­dé par le maire de Nan­cy Laurent Hé­nart. Aux­quels s’ajoutent Gé­né­ra­tion Éco­lo­gie et l’Union des dé­mo­crates et des éco­lo­gistes (UDE).

45 ans après leur scis­sion - c’était en 1972 - les deux par­tis se sont mis en marche vers la réuni­fi­ca­tion. Une al­lu­sion au par­ti LREM non pas sur le fond mais sur la forme, puisque c’est un nou­veau sym­bole du mé­lange des idées de droite et de gauche.

Deux grands ren­dez- vous of­fi­cia­li­se­ront les noces : les Jour­nées d’été de Mont­pel­lier, les 16 et 17 sep­tembre, et un con­grès fon­da­teur qui se tien­dra en dé­cembre.

Bapt : « Re­gar­dons les 70 % qui nous ras­semblent »

D’ici là, les dis­cus­sions vont bon train dans les fé­dé­ra­tions des deux par­tis. En Haute-Ga­ronne, le ma­riage n’an­nonce pas d’orage par­ti­cu­lier entre les deux en­ti­tés.

C’est ce qu’ob­serve Pier­reNi­co­las Bapt, pré­sident du PRG 31 et membre d’un groupe de tra­vail na­tio­nal sur la fu­sion. « Je consi­dère qu’avec la Ré­vo­lu­tion co­per­ni­cienne de Ma­cron, les cartes sont re­bat­tues. Nous avons beau­coup de points com­muns sur les su­jets de so­cié­té, la sé­cu­ri­té, l’Eu­rope. Nous re­gar­dons les 70 % qui nous ras­semblent plu­tôt que les 30 % qui nous sé­parent. Seuls, les deux par­tis au­ront du mal à s’en sor­tir. Il est pos­sible de construire un pro­ces­sus in­tel­lec­tuel­le­ment in­té­res­sant. En tout cas, nous vou­lons nous éman­ci­per et ne plus être les sup­plé­tifs du Par­ti so­cia­liste » .

Jean-Jacques Bol­zan, le pré­sident du Par­ti ra­di­cal de Hau­teGa­ronne, est glo­ba­le­ment sur la même lon­gueur d’onde et parle d’une « op­por­tu­ni­té » presque his­to­rique pour réuni­fier la fa­mille. « Im­pré­vi­sible il y a quelques mois, cette union a un sens au­jourd’hui. On va re­mettre les pen­dules à l’heure. Le Par­ti ra­di­cal va­loi­sien est le plus an­cien, a des bases so­lides et cette union doit nous per­mettre d’être in­dé­pen­dants et d’avoir un point com­mun : trou­ver un lea­der pour l’élec­tion pré­si­den­tielle de 2022. Il faut se tour­ner vers l’ave­nir avec un ob­jec­tif : n’avoir qu’une seule fé­dé­ra­tion » .

500 adhé­rents en Haute-Ga­ronne pour les deux par­tis réu­nis

En 2017, le PRG de Hau­teGa­ronne, c’est 300 adhé­rents et une qua­ran­taine d’élus en Haute-Ga­ronne (mai­ries, Con­seil dé­par­te­men­tal, Con­seil ré­gio­nal…), dont la sé­na­trice Fran­çoise La­borde.

Le PRV 31, lui, af­fiche 200 membres, Jean-Jacques Bol­zan étant le pré­sident mais aus­si la fi­gure de proue sur le ter­rain en tant qu’ad­joint à la mai­rie de Tou­louse en charge du com­merce, conseiller ré­gio­nal d’Oc­ci­ta­nie et pré­sident de la Fé­dé­ra­tion des mar­chés de gros de France. « Nos mi­li­tants sont at­ten­tifs à cette fu­sion » , ex­plique pru­dem­ment Jean-Jacques Bol­zan. « Chez nous, les trois quarts s’ins­crivent dans ce sché­ma. En fait, ce sont sur­tout les gens qui sont res­tés au PRG mais qui ont sou­te­nu La Ré­pu­blique en Marche qui sont vent de­bout sur la fu­sion » , dé­ve­loppe Pierre-Ni­co­las Bapt.

Bol­zan : « Ce­la peut pa­raître lou­foque, mais… »

Comme avec La Ré­pu­blique en Marche, une telle fu­sion en­gen­dre­rait des si­tua­tions co­casses à Tou­louse. À la mai­rie de Tou­louse, Cé­cile Ra­mos, élue d’op­po­si­tion PRG, est confron­tée à un cer­tain… Jean-Jacques Bol­zan.

Et au Con­seil ré­gio­nal d’Oc­ci­ta­nie, ce der­nier fer­raille contre Syl­via Pi­nel ou Di­dier Co­dor­niou, l’an­cien rug­by­man de­ve­nu vice-pré­sident de la Ré­gion et fi­gure du ra­di­ca­lisme en Lan­gue­doc- Rous­sillon. « Je suis pragmatique, il n’y a plus d’op­po­si­tion sys­té­ma­tique. Au­jourd’hui, ce­la peut pa­raître lou­foque mais c’est le pro­jet qui doit nous gui­der. Il faut se tour­ner vers l’ave­nir » , jus­ti­fie l’élu tou­lou­sain. « A prio­ri, nous n’al­lons pas de­man­der aux élus de quit­ter leurs exé­cu­tifs lo­caux » , pré­cise, quant à lui, le pré­sident du PRG de Haute-Ga­ronne.

Des ate­liers ré­gio­naux pour les Va­loi­siens à Tou­louse

Les ac­teurs ont en­core le temps de mé­di­ter sur la plage quant à la fu­ture cor­beille de la ma­riée. Chez les Va­loi­siens, les ca­hiers de fin de va­cances pren­dront la forme d’ate­liers ré­gio­naux avec le ras­sem­ble­ment d’élus et mi­li­tants d’Oc­ci­ta­nie et de Nou­velle-Aqui­taine, sa­me­di 2 sep­tembre, à l’hô­tel Pal­la­dia de Tou­louse.

Sur le plan na­tio­nal, l’ob­jec­tif se­ra de consti­tuer un groupe à l’As­sem­blée na­tio­nale et au Sé­nat.

Pierre-Ni­co­las Bapt, pré­sident du PRG de Haute-Ga­ronne (à gauche), et Jean-Jacques Bol­zan, pré­sident du Par­ti ra­di­cal va­loi­sien de Haute-Ga­ronne (à droite).

© DR et An­tho­ny As­sé­mat

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