France 3 va ar­rê­ter ses jour­naux lo­caux, no­tam­ment à Tou­louse

Les jour­naux lo­caux d’Oc­ci­ta­nie vont dis­pa­raître des an­tennes de France 3, y com­pris à Tou­louse. Un mou­ve­ment de grève était an­non­cé par les syn­di­cats mer­cre­di 27 sep­tembre.

Voix du Midi (Toulouse) - - En ville -

La mue se pour­suit chez France Té­lé­vi­sions, après la fu­sion des ré­gions, et la nais­sance de France 3 Oc­ci­ta­nie. Une fu­sion dé­jà in­car­née sur le net, de­puis dé­but fé­vrier 2017, quand les deux pages dé­diées à Mi­di-Py­ré­nées et au Lan­gue­docRous­sillon ont fu­sion­né, pour lais­ser place à France 3 Oc­ci­ta­nie, sur le site d’ac­tua­li­tés en conti­nu France In­fo, du nom… de la ra­dio pu­blique.

C’est donc une nou­velle étape dans la « mu­tua­li­sa­tion » entre les ré­gions, qui a été an­non­cée par Oli­vier Mon­tels, di­rec­teur du ré­seau ré­gio­nal, aux sa­la­riés du ser­vice public, jeu­di 21 sep­tembre : dé­but 2018, France 3 va sup­pri­mer ses édi­tions lo­cales en Oc­ci­ta­nie : Tarn, Quer­cy-Rouergue (sur le Lot et l’Avey­ron) et le dé­cro­chage dé­dié à la Mé­tro­pole de Tou­louse. Même to­po dans l’ex-Lan­gue­doc-Rous­sillon : exit les JT lo­caux du Gard, du Pays Ca­ta­lan, et de Mont­pel­lier. Un sché­ma qui va se re­pro­duire dans toutes les édi­tions lo­cales de France.

Les édi­tions lo­cales ? Ce sont ces jour­naux té­lé­vi­sés de 7 mi­nutes, pla­cés juste après les jour­naux ré­gio­naux de France 3, consa­crés à l’ac­tua­li­té d’hy­per­proxi­mi­té. 27 mi­nutes al­louées chaque jour aux dé­cro­chages ter­ri­to­riaux (de 18h58 à 19h25) dans le pré­cieux cré­neau du 1920 de France 3. 20 mi­nutes pour le JT ré­gio­nal (au­jourd’hui sé­pa­ré entre Mi­di-Py­ré­nées et Lan­gue­doc- Rous­sillon) et 7 mi­nutes pour les jour­naux lo­caux… Les­quels se­ront donc « dis­sous » dans les pro­grammes ré­gio­naux.

Quelle place pour l’ac­tu de proxi­mi­té ?

Pour pro­tes­ter, un pré­avis de grève – na­tio­nal – a été dé­po­sé par les syn­di­cats pour mer­cre­di 27 sep­tembre à mi­nuit, pour 24 heures. Iro­nie du sort : jeu­di 28 doit se lan­cer à Tou­louse… la nou­velle chaîne lo­cale d’in­fo lo­cale Via Oc­ci­ta­nie, ex- TV Sud !

Jour­na­liste à la ré­dac­tion de Tou­louse et dé­lé­gué syn­di­cal SNJ, Fran­çois Ol­lier n’est pas sur­pris outre- me­sure par cette an­nonce de la di­rec­tion. « C’était dans les tuyaux, la « mu­tua­li­sa­tion » est dans l’air du temps chez France Té­lé. Notre crainte, c’est que la dis­pa­ri­tion des lo­cales ne soit qu’un pré­lude à la ré­or­ga­ni­sa­tion du ré­seau ».

« France 3 ar­rête les jour­naux lo­caux, pour les ex­po­ser dif­fé­rem­ment » , es­time pour sa part Car­los Bé­lin­chon. Le di­rec­teur ré­gio­nal de France 3 Oc­ci­ta­nie dé­taille : « Car à l’ori­gine de tout ce­la, il y a un pro­blème de vi­si­bi­li­té » .

Se­lon le di­rec­teur ré­gio­nal de France 3, si la chaîne a pris cette dé­ci­sion, c’est sur­tout parce que les jour­naux lo­caux ne sont pas as­sez vi­sibles. « L’ADN de France 3, c’est la proxi­mi­té. Les dé­cro­chages lo­caux ne sont re­çus que dans un foyer sur deux, es­sen­tiel­le­ment pour des rai­sons tech­niques. Le pro­duit quo­ti­dien que four­nissent nos équipes, notre ma­tière pre­mière, n’est pas as­sez vi­sible. Il faut qu’il le soit da­van­tage » .

Car­los Bé­lin­chon pour­suit : « Nous avons une mis­sion de ser­vice public. Et une té­lé­vi­sion de ser­vice public doit être ac­ces­sible au plus grand nombre. À nous de faire en sorte que les lo­cales trouvent leur place dans les pro­grammes ré­gio­naux » .

De son cô­té, Fran­çois Ol­lier juge que « vu de Pa­ris » , les lo­cales n’ont qu’une im­por­tance re­la­tive, alors que c’est la rai­son d’être de France 3, la chaîne des ré­gions. « Ils ont du mal à consi­dé­rer qu’une di­zaine de sa­la­riés oeuvre dans le Tarn à in­for­mer quelques di­zaines de mil­liers de té­lé­spec­ta­teurs… Jus­qu’ici, au moins 5 re­por­tages spé­ci­fiques étaient dif­fu­sés par jour dans chaque lo­cale, com­bien en res­te­ra-t-il après ce chan­ge­ment ? » , s’in­ter­roge le dé­lé­gué syn­di­cal SNJ. « On nous a ex­pli­qué que ce­la al­lait être fu­sion­né dans le JT ré­gio­nal, mais les trois édi­tions lo­cales cu­mu­lées re­pré­sentent 21 mi­nutes de re­por­tages spé­ci­fiques chaque jour… Ce temps d’an­tenne se­ra ré­duit de 21 à 7 mi­nutes. Ce sont donc 14 mi­nutes d’in­for­ma­tion lo­cale qui dis­pa­raissent » .

Fran­çois Ol­lier ap­pelle les hautes sphères de « France Té­lé » à lâ­cher du lest : « Nous avons un es­poir, que la di­rec­tion offre une vraie com­pen­sa­tion, c’est-à-dire plus de mi­nutes d’an­tenne pour l’ac­tua­li­té lo­cale, à une heure de grande écoute » . En re­tour, Car­los Bé­lin­chon bat en brèche plu­sieurs ar­gu­ments avan­cés par les syn­di­cats, « des idées re­çues » . Il as­sure. « On ne tou­che­ra ni aux pro­duc­tions lo­cales, ni aux em­plois. Le vo­lume de ce que four­nis­saient jus­qu’ici les lo­cales se­ra main­te­nu, voire même dé­ve­lop­pé. Et si le té­lé­spec­ta­teur le dé­cide, ces pro­duc­tions peuvent être beau­coup plus vi­sibles » .

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