Mi-man­dat : quel bi­lan pour Jean-Luc Mou­denc ?

Trois ans après avoir re­pris les rênes de la mai­rie de Tou­louse, Jean-Luc Mou­denc, très of­fen­sif, a dres­sé lun­di 2 oc­tobre, son bi­lan de mi-man­dat sur la politique de la ville.

Voix du Midi (Toulouse) - - La Une -

« Trois ans de pro­grès » . C’est le cre­do que mar­tèle la mu­ni­ci­pa­li­té Mou­denc : af­fi­chage, trac­tage, hors-sé­rie du ma­ga­zine mu­ni­ci­pal, et bien­tôt un site In­ter­net dé­dié. La ma­jo­ri­té met le pa­quet pour sen­si­bi­li­ser les ha­bi­tants de Tou­louse et sa mé­tro­pole à son ac­tion. Le mes­sage est clair : faire com­prendre que la ville change.

À mi-man­dat, Co­hen « n’avait rien fait de concret »

Un mes­sage mar­te­lé par le maire Jean- Luc Mou­denc, lun­di 2 oc­tobre, pour sa pre­mière con­fé­rence de presse de mi-man­dat. La pre­mière d’une sé­rie de trois, dé­cou­pées en grandes thé­ma­tiques. Lun­di, le maire a dres­sé le bi­lan de sa « politique de la Ville » , dans le flam­bant neuf centre so­cial de La Rey­ne­rie, « un en­droit em­blé­ma­tique de cette ac­tion » . Il en­ten­dait ain­si dé­mon­trer que « grâce à l’ef­fort des Tou­lou­sains » (com­pre­nez à la hausse des im­pôts en dé­but de man­dat, ndlr), et « à la ges­tion mu­ni­ci­pale » , de « nom­breuses réa­li­sa­tions » sont sor­ties de terre de­puis 2014. Jean- Luc Mou­denc s’est mon­tré in­ci­sif vis-à-vis de ses pré­dé­ces­seurs. « C’est ra­di­ca­le­ment dif­fé­rent de la pré­cé­dente mu­ni­ci­pa- li­té, qui entre 2008 et 2014, n’avait stric­te­ment rien fait de concret à mi-man­dat » .

Jean-Luc Mou­denc a étayé : « Nous avons dé­ci­dé de ne pas faire table rase du pas­sé, en main­te­nant les bons pro­jets de l’an­cienne équipe, mais en ar­rê­tant ceux que nous ju­gions in­utiles » . Et de ci­ter : le BHNS, la mai­son de l’image, ou l’aire de grand pas­sage de Ga­bar­die-Mon­tre­don… Tant de pro­jets de l’équipe Co­hen, en­ter­rés par la droite. Se­lon le maire, afin de « sou­te­nir le lien so­cial et as­so­cia­tif » , sa mu­ni­ci­pa­li­té a mis le pa­quet sur ces quar­tiers concer­nés par la politique de la ville, qui concentrent entre 2015 et 2020 156 mil­lions d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ment, soit « 2,5 fois plus que le cen­tre­ville de Tou­louse » (60 mil­lions d’eu­ros). D’après lui, 320 pro­jets de quar­tiers sont en cours de réa­li­sa­tion.

Jus­qu’en 2020, « beau­coup reste à faire » , a concé­dé le maire, ré­fu­tant tout « exer­cice d’au­to­sa­tis­fac­tion » et mar­te­lant à plu­sieurs re­prises que « la qua­li­té de vie quo­ti­dienne a beau­coup pro­gres­sé de­puis trois ans » à Tou­louse. Seul vé­ri­table mea culpa du jour : en ma­tière de pro­pre­té. Le pre­mier ma­gis­trat a ju­gé. « La si­tua­tion au­jourd’hui ne me sa­tis- fait pas. Nous avons ins­tal­lé 1 000 cor­beilles en plus, au­tant d’ex­cuses en moins pour sa­lir la ville. Mais il y a en­core trop de sa­le­té dans les rues de Tou­louse, alors nous al­lons al­ler plus loin et in­ten­si­fier la ré­pres­sion » . En re­vanche, Tou­louse se­rait dé­sor­mais plus verte : « 10 000 arbres ont été plan­tés de­puis le dé­but du man­dat » , se­lon la mu­ni­ci­pa­li­té, qui s’en­gage à « aug­men­ter de 10 % la su­per­fi­cie des es­paces verts pu­blics sur le man­dat » .

Les yeux ri­vés sur la place Ab­bal, qui a dé­frayé la chro­nique ces der­niers temps avec ses fu­sillades et où se dé­roulent des tra­vaux, Jean-Luc Mou­denc a ga­gé que « le Grand Mi­rail est en train de chan­ger » . Là en­core, il n’y est pas al­lé de main morte à l’égard de la mu­ni­ci­pa­li­té Co­hen, es­ti­mant qu’elle avait « fer­mé les yeux sur la mi­sère hu­maine » et « lais­sé pro­li­fé­rer à Tou­louse des bi­don­villes sans ne rien faire » . Parce qu’il ne sou­haite « pas de car­bu­rant pour les po­pu­lismes » , le pre­mier ma­gis­trat re­ven­dique avoir pris ces pro­blèmes à bras-le-corps. « Nous avons éva­cué 121 squats, avec des so­lu­tions de re­lo­ge­ment, et un pro­ces­sus d’in­té­gra­tion et d’al­pha­bé­ti­sa­tion à la clé. Tou­louse est de­ve­nue un mo­dèle à suivre en la ma­tière ». Même dis­cours en ma­tière de sé­cu­ri­té, où « mon pré­dé­ces­seur re­fu­sait de voir la réa­li­té en face » . Alors que sous Pierre Co­hen, « les po­li­ciers mu­ni­ci­paux étaient en­voyés se cou­cher à mi­nuit » , Jean-Luc Mou­denc a rap­pe­lé sa pro­messe de cam­pagne à « dou­bler le nombre des po­li­ciers mu­ni­ci­paux » , et à dé­ve­lop­per la vi­déo­sur­veillance. Sur ces deux points, Jean-Luc Mou­denc es­time que « les en­ga­ge­ments se­ront te­nus dès la fin 2017, plus vite que pré­vu » . Tou­louse comp­te­ra « 150 po­li­ciers mu­ni­ci­paux en plus » à la fin de l’an­née, et 350 ca­mé­ras au­ront été ins­tal­lées.

« Au rendez-vous » de la politique édu­ca­tive

Au cha­pitre de l’édu­ca­tion et de la pe­tite en­fance, le maire es­time avoir été « au rendez- vous » , consa­crant 200 mil­lions d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ment à la politique édu­ca­tive, his­sée comme « pre­mier bud­get mu­ni­ci­pal » . Jean-Luc Mou­denc. « Il fal­lait en fi­nir avec la lo­gique d’Al­ge­co ® de la pré­cé­dente mu­ni­ci­pa­li­té, ins­tal­ler plus de classes et créer de vraies écoles » . Le maire a rap­pe­lé son am­bi­tion de « construire dix écoles neuves sur le man­dat, dont deux sont dé­jà ou­vertes et sept autres en chan­tier » . Quant au fa­meux « plan crèches » , consis­tant à créer 1 000 places sur le man­dat, « 572 sont dé­jà ou­vertes » . Un pre­mier ma­gis­trat qui consi­dère aus­si avoir « me­né des ac­tions fortes en fa­veur des se­niors » et « en­fin do­té Tou­louse d’un plan de mise en ac­ces­si­bi­li­té de plus de 700 sites, pour 51 mil­lions d’eu­ros » . En ma­tière de sport, il s’est ré­joui d’avoir tour­né la page d’une « vo­lon­té mu­ni­ci­pale molle » qui se­lon lui « dis­sua­dait de ve­nir or­ga­ni­ser des grands évé­ne­ments ici » . Jean-Luc Mou­denc se sa­tis­fait « d’ac­cueillir des matchs de foot fé­mi­nin et mas­cu­lin lors des JO de 2024 » , et se mo­bi­lise afin de ra­me­ner « une part tou­lou­saine pour la Coupe du monde de rug­by en 2023 » . En­fin, il a loué son plan pis­cines, qui se­rait « l’un des plus im­por­tants de France, au­quel nous consa­crons 33 mil­lions d’eu­ros » .

Bref, trois ans après avoir (re) pris les rênes de la mai­rie, c’est un Jean- Luc Mou­denc très of­fen­sif qui s’est ré­joui que « Tou­louse ait re­noué avec un prag­ma­tisme apai­sé » . Pas sûr que ce soit l’avis de l’an­cienne mu­ni­ci­pa­li­té…

© Guillaume Laurens

Pour Jean-Luc Mou­denc, Tou­louse a « re­noué avec

un prag­ma­tisme apai­sé » de­puis 2014.

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