Pour­quoi la souf­fle­rie de Ran­gueil peut IN­NO­VA­TION. ré­duire le bruit des avions vers l’aé­ro­port

Inau­gu­rée mar­di 26 sep­tembre, la souf­fle­rie aé­ro­dy­na­mique et aé­roa­cous­tique de Tou­louse va per­mettre à nos cher­cheurs d’être en pointe sur la ré­duc­tion du bruit des avions.

Voix du Midi (Toulouse) - - En Ville -

Les au­to­mo­bi­listes de la ré­gion peuvent la contem­pler quand ils cir­culent sur le pé­ri­phé­rique sud de Tou­louse, du cô­té de Ran­gueil. La nou­velle souf­fle­rie de l’Ins­ti­tut su­pé­rieur de l’aé­ro­nau­tique et de l’es­pace (Isae-Su­pae­ro) a été inau­gu­rée mar­di 26 sep­tembre.

Le bâ­ti­ment est im­po­sant et il va faire pas­ser un cap im­por­tant à Tou­louse. Grâce à cette tech­no­lo­gie, la Ville rose pos­sède dé­sor­mais l’ou­til pour de­ve­nir une ré­fé­rence in­ter­na­tio­nale dans la re­cherche liée à l’aé­ro­dy­na­mique et à l’aé­roa­cous­tique des avions.

C’est quoi, l’aé­roa­cous­tique ?

L’aé­roa­cous­tique est un do­maine de l’acous­tique dans le­quel sont étu­diés les sons en­gen­drés par un écou­le­ment de fluide (li­quide ou gaz), en in­ter­ac­tion ou non avec une struc­ture so­lide. Elle s’ap­plique di­rec­te­ment à la pro­blé­ma­tique du bruit gé­né­ré par les avions. Le bruit des ré­ac­teurs ne pou­vant dé­sor­mais qu’être dif­fi­ci­le­ment ré­duit, c’est du cô­té de la struc­ture de l’avion qu’il faut cher- cher, en trai­tant le frot­te­ment des trains d’at­ter­ris­sage et des ailes avec l’air. La ré­duc­tion de bruit aé­roa­cous­tique de­mande de nom­breux es­sais en souf­fle­rie. C’est ce à quoi va ser­vir la nou­velle souf­fle­rie de Tou­louse.

Ré­duire le bruit des avions en phase d’at­ter­ris­sage

Grâce à son nou­vel ou­til, les équipes de l’ISAE-Su­pae­ro vont pou­voir par­ti­ci­per à la réa­li­sa­tion d’avions moins bruyants. Elle per­met­tra no­tam­ment de tra­vailler sur la ré­duc­tion du bruit des avions ci­vils dans des condi­tions si­mi­laires à celles que les ap­pa­reils ren­contrent en phase d’ap­proche, c’est-àdire juste avant leur at­ter­ris­sage sur le tar­mac. Une phase du­rant la­quelle les avions volent bas avec les consé­quences qui vont avec pour les ri­ve­rains. Une pro­blé­ma­tique que les ha­bi­tants de Tou­louse connaissent très bien, avec l’aé­ro­port ur­bain de Tou­louse-Bla­gnac.

De­main cette tech­no­lo­gie pour­rait donc amé­lio­rer le quo­ti­dien de mil­liers de Tou­lou- sains. Laurent Jo­ly, le chef du Dé­par­te­ment Aé­ro­dy­na­mique, Éner­gé­tique et Pro­pul­sion de l’ISAE-Su­pae­ro, ex­plique. « La souf­fle­rie va pou­voir trou­ver des so­lu­tions pour que l’avion fasse moins de bruit pen­dant l’at­ter­ris­sage. L’ob­jec­tif étant que les avions li­vrés en 2050 fassent 60 fois moins de bruit que ceux li­vrés en 2000 » .

Pour ce faire, les 22 cher­cheurs per­ma­nents et les 35 jeunes cher­cheurs de l’ISAE-Su­pae­ro vont faire des es­sais via cette souf­fle­rie, do­tée d’une veine d’es­sai per­met­tant de si­mu­ler une vi­tesse de 80 mètres/ se­conde (soit 300 km/h), cor­res­pon­dant au nombre de Mach des avions en phase d’ap­proche des zones aé­ro­por­tuaires.

Dès 2018, quand tout le ma­té­riel au­ra été ins­tal­lé et que la souf­fle­rie se­ra opé­ra­tion­nelle, les équipes de re­cherche de l’école tra­vaille­ront par­ti­cu­liè­re­ment sur la ré­duc­tion du bruit des trains d’at­ter­ris­sage des avions.

Du tra­vail en com­mun avec Air­bus

Les an­nées qui sui­vront 2018 s’an­noncent en­core plus pal­pi­tantes. L’école tou­lou­saine va en ef­fet se re­trou­ver au centre du pro­ces­sus qui va de la re­cherche fon­da­men­tale jus­qu’aux in­dus­triels.

Laurent Jo­ly in­dique. « Cette nou­velle souf­fle­rie, c’est une pro­messe de nou­veaux pro­jets col­la­bo­ra­tifs me­nés avec des équipes ve­nues de toute l’Eu­rope. Nos si­mu­la­tions en souf­fle­rie se­ront cer­tai­ne­ment com­plé­tées par des si­mu­la­tions nu­mé­riques dans d’autres centres à l’étran­ger » .

L’ob­jec­tif de l’école, forte de sa souf­fle­rie, est de trou­ver les fi­nan­ce­ments pour por­ter un beau pro­jet col­la­bo­ra­tif à par­tir de 2019, et ain­si de dé­mar­rer un pre­mier cycle de re­cherche, sur plu­sieurs an­nées, pour abou­tir à une in­no­va­tion tech­no­lo­gique. In­no­va­tion tech­no­lo­gique qui pour­rait im­pac­ter notre vie quo­ti­dienne.

Cette souf­fle­rie, c’est aus­si la pro­messe d’un par­te­na­riat en­core plus dense avec Air­bus qui, quand il sort un nou­vel avion, doit res­pec­ter des normes de bruit pour ob­te­nir la cer­ti­fi­ca­tion de son ap­pa­reil. Laurent Jo­ly dé­taille. « Air­bus crée­ra dans le fu­tur des avions plus éco­nomes en car­bu­rant et qui li­mi­te­ront la pol­lu­tion sonore. C’est sur ce deuxième vo­let que nous al­lons les ac­com­pa­gner en nous ins­pi­rant de ce qui s’est pas­sé sur le pro­jet Blade, ce pro­gramme qui s’est concré­ti­sé par le vol d’un avion avec des ailes nou­velle gé­né­ra­tion per­met­tant de ré­duire les frot­te­ments. Le pro­jet Blade est un pro­jet eu­ro­péen qui a dé­mar­ré il y a très long­temps et ce vol n’est que la con­sé­quence concrète d’un par­te­na­riat sur une longue du­rée » .

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