LGV : Tou­louse et la ré­gion se mo­bi­lisent

Voix du Midi (Toulouse) - - La Une -

Un grand ras­sem­ble­ment à l’Hô­tel de Ré­gion a réuni les élus et ac­teurs de la ré­gion, mer­cre­di 4 oc­tobre. Avec un mot d’ordre : oui à la LGV Tou­louse-Bordeaux.

Des écrans sur les murs aux badges af­fi­chés sur les ves­tons, un seul leit­mo­tiv cir­cu­lait. Plu­sieurs cen­taines de per­sonnes s’étaient en ef­fet mo­bi­li­sées pour dire « oui » aux lignes à grande vi­tesse (LGV) re­liant Tou­lou­seBor­deaux et Mont­pel­lier-Per­pi­gnan, à l’heure où ces pro­jets ne semblent plus être une prio­ri­té pour l’État. Ils étaient même un peu plus nom­breux, se­lon Carole Del­ga. « Nous ne sommes pas juste quelques cen­taines dans cette salle, nous sommes en fait des mil­lions ! » .

Une op­po­si­tion en­vers les dé­ci­sions de l’État

La pré­si­dente de la ré­gion Oc­ci­ta­nie fai­sait en réa­li­té ré­fé- rence à un son­dage dans le­quel 88 % d’un échan­tillon de 807 per­sonnes in­ter­ro­gées en Oc­ci­ta­nie et dans le Lot-et-Ga­ronne se sont pro­non­cées en fa­veur des deux LGV. Par­mi les élus ré­gio­naux pré­sents dans la salle, on no­tait la pré­sence de Mar­tin Mal­vy, l’an­cien pré­sident de la ré­gion Mi­di-Py­ré­nées ; Georges Mé­ric, le pré­sident du dé­par­te­ment ; les maires de Per­pi­gnan, Mont­pel­lier, ou même de Bé­ziers, en la per­sonne de Ro­bert Mé­nard.

Une « mo­bi­li­sa­tion juste » , se­lon Carole Del­ga. « Nous sommes la seule ré­gion qui a été écar­tée de la LGV. Nous ne vou­lons plus que Tou­louse, Mont­pel­lier, Per­pi­gnan et nos dé­par­te­ments soient mis à l’écart du reste du pays et de l’Eu­rope » .

La pré­si­dente de la Ré­gion n’a pas mas­qué son mé­con­ten­te­ment en­vers l’État. Si elle n’a ci­té ni le pré­sident Ma­cron, ni le mi­nistre Ni­co­las Hu­lot, le mes­sage est ap­pa­ru clai­re­ment entre les lignes. « Nous sommes au XIXe siècle. Je ne crois pas à une dé­ci­sion sa­crée ve­nue d’en haut, qui nous im­po­se­rait ce qui est bon ou pas pour nous. Ces deux lignes ne sont pas un ca­price des élus ou des chefs d’en­tre­prise mais une vi­sion par­ta­gée du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique du pays » . Jean-Luc Mou­denc, le maire de Tou­louse, a pour sa part mis l’ac­cent sur la né­ces­si­té de créer des pro­jets en pro­vince : « À l’heure de la créa­tion des grandes mé­tro­poles et des nou­velles ré­gions, je rap­pelle que la France est dé­cen­tra­li­sée. Elle ap­puie sa crois­sance sur des mo­teurs si­tués sur l’en­semble de son ter­ri­toire. De nom­breuses villes qui ont la LGV sont loin d’avoir la crois­sance éco­no­mique et dé­mo­gra­phique de Tou­louse ». Georges Mé­ric, le pré­sident du Con­seil dé­par­te­men­tal de la Haute-Ga­ronne, dé­taille : « La Haute- Ga­ronne au­ra payé 80 mil­lions d’eu­ros pour la ligne Bordeaux-Tours » .

Le coût des deux LGV Tou­louse-Bordeaux et Per­pi­gnanMont­pel­lier est éva­lué à 12 mil­liards d’eu­ros. Carole Del­ga in­siste. « Ce sont des in­fra­struc­tures qui vont du­rer un siècle. Ce­la re­pré­sente la moi­tié de l’in­ves­tis­se­ment du Grand Pa­ris ex­press [un pro­jet de dé­ve­lop­pe­ment du mé­tro en Île-de-France sur 200 km, ndlr], pour le­quel l’État a bien su trou­ver les res­sources. Y au­rait-il deux ca­té­go­ries de Fran­çais ? Ceux du Nord et ceux du Sud ? Ceux qui re­gardent pas­ser les trains et ceux chez qui il s’ar­rête ? »

Se­lon elle, plus de 60 % du fi­nan­ce­ment peut être as­su­ré. Un nombre qui grimpe à 77 %, se­lon Jean-Luc Mou­denc.

Des per­son­na­li­tés en fa­veur du pro­jet

Du­rant cet après-mi­di de mo­bi­li­sa­tion, quelques vi­déos, en­re­gis­trées par des ac­teurs cultu­rels et spor­tifs, ont été dif­fu­sées. Par­mi eux, Laurent Pour­cel, chef étoi­lé à Mont­pel­lier, l’en­traî­neur de hand­ball Claude Ones­ta, ou en­core Oli­vier Sa­dran, le pré­sident du TFC, qui a dé­plo­ré : « En 30 ans, on a mis les dé­penses au mau­vais en­droit. Quand on a trop de dettes, on n’est plus ca­pables de se struc­tu­rer » . D’autres per­son­na­li­tés ont par ailleurs dé­jà ma­ni­fes­té leur dé­sir de voir réa­li­ser ce pro­jet, à l’image du chef cui­si­nier Mi­chel Sar­ran.

© Ré­gion Oc­ci­ta­nie

Plu­sieurs cen­taines de per­sonnes se sont dé­pla­cées à l’Hô­tel de Ré­gion.

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