• Le sport à Tou­louse à la Belle Epoque

Des pre­miers matchs de foot­ball-rug­by sur la Prai­rie des Filtres aux épreuves cy­clistes et aux cor­ri­das dis­pu­tées aux Ami­don­niers. Pe­tit pa­no­ra­ma.

Voix du Midi (Toulouse) - - Sommaire -

Tou­louse la spor­tive. Des an­nées 1890 à 1914, la Ville rose n’échappe pas à la mode de la culture phy­sique. La jeu­nesse do­rée qui fré­quente les bancs du Ly­cée de Gar­çons ( au­jourd’hui ly­cée Pierre- deFer­mat) en­freint les codes de bien­séance de l’ins­ti­tu­tion. Dans la cour de l’éta­blis­se­ment, les élèves pra­tiquent entre eux ce qu’on ap­pelle alors le foot­bal­las­so­cia­tion et le foot­ball-rug­by hé­ri­tés d’outre-Manche.

Le Stade tou­lou­sain dès 1907

Ces fils de bonne fa­mille ex­portent ra­pi­de­ment ces ac­ti­vi­tés sur la Prai­rie des Filtres de­vant un pu­blic prêt à en­va­hir l’aire de jeu à tout mo­ment, avec une pré­di­lec­tion dé­jà as­su­mée pour le bal­lon ovale. Ils sont ra­pi­de­ment imi­tés par des co­hortes d’étu­diants qui fondent plu­sieurs clubs lo­caux, dans les an­nées 1896-1900.

Le Stade olym­pien des étu­diants tou­lou­sains ( SOET) est le club phare de­vant le Sport ath­lé­tique tou­lou­sain (SAT) et l’Union spor­tive de l’école vé­té­ri­naire (USEV).

Faute de moyens fi­nan­ciers et d’ins­tal­la­tions pé­rennes, les équipes fu­sionnent pour don­ner nais­sance en 1907 au Stade Tou­lou­sain. Une as­so­cia­tion des amis du club se crée et achète un vaste site au nord du quar­tier des Ponts-Ju­meaux pour y éri­ger leur antre.

La place de l’au­to­mo­bile

Cinq ans plus tard, c’est la con­sé­cra­tion à do­mi­cile de­vant 15 000 spec­ta­teurs. Les Rouge et Noir glanent de­vant le Ra­cing Club de France le pre­mier de leurs 19 bou­cliers de Bren­nus.

Au même mo­ment, les Tou­lou­sains se prennent de pas­sion pour la pe­tite reine. La ville compte une soixan­taine de mar­chands de vé­los et les fa­bri­cants de cycles s’ins­tallent le plus sou­vent entre le bou­le­vard Car­not, la rue de Bayard et celle de la Con­corde. Cette ef­fer­ves­cence se tra­duit aus­si par une mul­ti­tude de courses, dont « Tou­louse-Lu­chon » et re­tour (280 ki­lo­mètres) qui en 1900 voit la vic­toire du re­dou­table Hip­po­lyte Au­cou­tu­rier, fu­tur par­ti­ci­pant du pre­mier Tour de France, puis vain­queur de Pa­ris-Rou­baix et de Bor­deaux-Pa­ris.

Entre la Ga­ronne et le ca­nal de Brienne, aux Ami­don­niers, on ins­talle un com­plexe spor­tif. Le vé­lo­drome ac­cueille des com­pé­ti­tions de vi­tesse, de de­mi-fond ou en­core de tan­dem.

Ain­si que des courses d’ânes et de po­neys très po­pu­laires. Les arènes d’une ca­pa­ci­té de 8 000 places cou­vertes rem­placent avan­ta­geu­se­ment celles du Bus­ca. Entre 1898 et 1914, l’en­ceinte pré­sente des cor­ri­das de lé­gende qui fait pas­ser Tou­louse pour la « Sé­ville fran­çaise » .

En­fin, l’au­to­mo­bile fait une per­cée des plus re­mar­quables, avec la créa­tion d’épreuves d’en­du­rance. La course Pa­risTou­louse-Pa­ris (1467 ki­lo­mètres) est or­ga­ni­sée dans le cadre de l’Ex­po­si­tion uni­ver­selle de Pa­ris de 1900.

Cinq ans plus tard, en août 1905, la Coupe des Py­ré­nées, qui a pour ob­jec­tif de pro­mou­voir la ré­gion py­ré­néenne en pas­sant par les cols my­thiques de Pey­re­sourde, d’As­pin, Ga­var­nie… est sa­luée par la presse na­tio­nale qui en fait alors ses gros titres.

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